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L'humiliation ou la mort (politique) : Florian Philippot face au dilemme le plus cruel de sa carrière
©Benjamin CREMEL / AFP

Choix impossible

L'humiliation ou la mort (politique) : Florian Philippot face au dilemme le plus cruel de sa carrière

Entre Florian Philippot et Marine Le Pen, les relations se sont tendues. La présidente du FN lui a demandé mercredi de prendre « rapidement » la décision de quitter la présidence de son association Les Patriotes, faute de quoi elle « choisirait pour lui ». Malgré cela, Florian Philippot a quand même décidé de quitter le parti.

Emmanuel  Galiero

Emmanuel Galiero

Journaliste politique au Figaro, Emmanuel Galiero suit les partis souverainistes, le Modem, mais aussi la politique à Paris et à l'échelon de la région Ile-de-France. 

Emmanuel Galiero est le co-auteur notamment de Grandir à Marseille dans les années 1940 et 1950 aux éditions wartberg.

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Atlantico : Florian Philippot n'était-il pas contraint à un choix entre l'humiliation "d'obéir" et une marginalisation forcée en cas de départ du parti, sur le modèle d'un Bruno Mégret, mais sans troupes ? 

Emmanuel  Galiero : La situation pour Florian Philippot était complexe. En interne, ceux qui ont participé à ce bureau politique ou les choses lui ont été dites, racontent qu'il se pose lui même sur un plan très affectif. Il est blessé, vexé, estime avoir énormément travaillé et se sent attaqué. On peut dire que la disgrâce de Philippot été prévue bien avant la présidentielle tant il était en défiance vis à vis du parti lui-même. Marine Le Pen l'a souvent protégé, mais elle est sortie d'une séquence très compliquée dans laquelle elle était en quête de reconstruction d'une image, d'une crédibilité et d'une autorité. Rentrer en défiance avec sa présidente à ce moment-là peut paraître un peu surprenant de la part de Florian Philippot. D'autant que la première démarche de Marine Le Pen n'était pas un ultimatum dans le sens où il n'y avait pas de date. Elle lui demandait simplement de répondre à un problème de cohérence. Peut-il vraiment être président d'une association politique à l'extérieur du front tout en étant responsable de la stratégie, de la communication et vice-président du FN ? D'autant plus que le parti s'est lancé dans une refondation. 

Ce qui est paradoxal c'est que ce débat qui est déportée à l'extérieur, Marine Le Pen le voudrait à l'intérieur. Florian Philippot, qui a créé cette association "Les Patriotes", l'a fait en externe et en disant qu'elle était entièrement dédiée au développement du Front National. Mais on lui reproche d'y consacrer trop de temps et de ne pas être assez énergique et impliqué sur la refondation en interne. Ce qui ressort c'est la position de Florian Philippot vis-à-vis du FN. Il a toujours eu une position de retrait. Depuis la présidentielle les choses ont changé pour MLP et le parti lui demande des comptes. 

Florian Philippot n'est il pas également confronté à une absence de débouchés politiques dans les formations existantes ? Entre Un Debout la France plus à droite que la ligne Philippot et une étiquette Fn qui va lui "coller" à la peau ? 

Qui peut dire que l'association ne peut pas devenir un parti politique ? Peut-être que Florian Philippot  y pense, ayant en mémoire la réussite d'Emmanuel Macron. 

Concernant ses portes de sorties possibles, à part l'avenir d'une formation comme les patriotes, il y en a peu : il n' pas l'intention d'aller chez Jean-Luc Mélenchon même s'il y a eu des convergences sur les débats sociaux.  Concernant les Républicains, il n'a pas cessé de les combattre et de montrer leur incohérence. Enfin, pour Debout La France de Nicolas Dupont Aignant, ce dernier a récemment expliqué qu'il y avait une force à créer à droite de la droite mais qui n'est pas celle de Florian Philippot (qui lui pense qu'il faut parler à toutes les sensibilités à droite comme à gauche et c'est justement ce qu'on lui reprochait). C'est très compliqué pour lui et c'est la raison pour laquelle on peut se demander quelles sont ses motivations. Et c'est ce qui me fait dire qu'il y a beaucoup d'affectif dans toute cette histoire. 

Marine Le Pen a été l'assurance vie de Florian Philippot au sein du parti. Elle n'entendait pas être contesté. Si l'on regarde bien, le coup qu'elle a payé pour cette proximité est très élevé : discussions houleuses avec son père, le départ de Marion Maréchal qui était en colère face à l'emprise de Florian Philippot sur les décisions du parti. Ce doit être un coup dur pour Marine Le Pen également. 

Quelles sont les autres options pouvant se présenter à Florian Phillippot ?

Qui pourrait aller démarcher Florian Philippot aujourd'hui ? Laurent Wauquiez ? En a-t-il vraiment l'intérêt pendant sa campagne pour la présidence des républicains ? Je ne pense pas. Dupont Aignant ? Il n'est pas certain qu'il lui trouve un avantage, j'imagine mal ce scénario. Et quand bien même, le parti Debout La France n'a pas la même assise que le FN. Reste Macron et la gauche. Mais ce serait complétement incohérent. Sa seule option serait de créer un mouvement souverainiste social, d'incarner un vrai mouvement et de se lancer de cette aventure en profitant de son réseau médiatique pour exister et développer cette association. 

Dans tous les cas, je ne vois pas Florian Philippot quitter la politique. Il a gouté à l'ivresse des campagnes et du combat politique, je ne le vois pas en sortir.

 

 

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