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"The Sunday Assembly" est un rassemblement qui s'affranchit de la contrainte religieuse.
"The Sunday Assembly" est un rassemblement qui s'affranchit de la contrainte religieuse.
©Reuters

Il était une foi

L’Eglise athée saura-t-elle conquérir la France après son incroyable succès au Royaume-Uni et aux Etats-Unis ?

"The Sunday Assembly" réunit chaque semaine des centaines de non croyants venus pratiquer leur spiritualité en communauté tout en s'affranchissant de la barrière religieuse.

Ils étaient des centaines, dimanche 10 novembre, à Los Angeles, San Diego, Nashville, New York et dans bien d'autres villes américaines. Un sermon, de la musique, de la réflexion... Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas là d'une célébration religieuse mais bien d'un rassemblement athée. Surnommées les "méga-églises athées", ces cérémonies - dont le véritable nom est "The Sunday Assembly" - viennent de débarquer aux Etats-Unis après avoir connu un franc succès au Royaume-Uni.

Née de l'initiative de Pippa Evans et Sanderson Jones, deux comédiens, "The Sunday Assembly" attire de plus en plus de monde. Suffisamment pour permettre aux deux Britanniques de se lancer dans une tournée de quarante "dates" aux Etats-Unis et en Australie. Leur objectif : faire parler de leur mouvement et réunir 800 000 dollars pour permettre à d'autres athées de fonder leurs congrégations. Des congrégations qui pourraient bien s'installer en France. Selon une étude Win/Gallup, l'Hexagone serait, en proportion, le quatrième pays athée au monde. Ce sont en effet 29% des Français qui se disent "athée convaincu". Seuls la Chine, le Japon et la République Tchèque connaissent des taux supérieurs. Une position qui relève de "l'esprit français" selon le philosophe Jean-Sébastien Philippart, qui y voit, entre autres, une résultante "du concept de laïcité que seuls des pays comme la France et les Pays-Bas ont inscrit dans leur Constitution"

The Sunday Assembly ne rejette toutefois pas la religion dans son ensemble, comme peuvent le faire nombre d'athées. "Il y a beaucoup de choses dans la pratique religieuse qui n’ont rien à voir avec Dieu : il s’agit de rencontrer des gens, de réfléchir aux moyens d’améliorer sa vie", explique Sanderson Jones. C'est lui qui a eu l'idée de lancer ce mouvement en se rendant à l'église il y a six ans. "Il y a tant de choses qui m'ont plu, mais au fond, c'est quelque chose auquel je ne crois pas, explique-t-il. Si vous pensez à l'église, il y a pourtant très peu de mauvaises choses : vibrer sur des chansons géniales, entendre des discours intéressants, réfléchir sur la manière de s'améliorer et aider les autres... Laquelle de ces parties peut-on ne pas aimer ?"

Le développement du mouvement aux Etats-Unis est particulièrement compréhensible : des études récentes ont établi que 20% des Américains n'avaient aucune appartenance religieuse. Un chiffre en hausse de 15% sur les 5 dernières années. "Aux Etats-Unis , il y a un sentiment qui dit que si vous n'êtes pas religieux, vous n'êtes pas patriote. Je pense que beaucoup de personnes laïques disent : 'Nous sommes charitable, nous sommes de bonnes personnes, nous sommes de bons parents, nous sommes tout aussi bons citoyens que vous et nous allons créer une église pour le prouver'", explique Phil Zuckerman, professeur d'études profanes au Pitzer College de Claremont.

L’initiative connaît évidemment son lot de détracteurs. "En fait les plus agressifs à notre égard sont sans doute certains athées, qui estiment que nous desservons l’athéisme, que nous n’avons pas une bonne façon de ne pas croire en Dieu. C’est assez drôle", s’amuse Pippa Evans. Qu'importe, les deux Britanniques et leurs "fidèles" font salle comble et ont reçu le soutien de membres du clergé. A l'image du vicaire Dave Tomlinson, qui a assisté à une assemblée en début d'année : "J’ai senti qu’il y avait autant de ce que j’appelle Dieu ici que dans ma propre église ce matin. Tout ce qui a été dit ici aurait tout à fait sa place dans mon église. J’espère que cela va prospérer".

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