François Hollande devait pourtant connaitre les chiffres dimanche soir, mais il s’est bien gardé de les sortir. Pour lui, l’économie française est sur une trajectoire de redressement. La courbe du chômage va se renverser. Bref, pour lui tout va bien. Les fonctionnaires de Bercy n’en menaient néanmoins pas très large quand ils ont fait appel au marché pour couvrir une tranche d’emprunt d’État. Les capitaux ont été trouvés facilement à un taux très raisonnable (2, 48% pour une tranche d’emprunt d’État à 10 ans). Sauf que les opérateurs ont fait circuler le montant prévisible de l’endettement français à fin 2014… Le taux d’endettement atteindra 95,1% du PIB soit environ 2000 milliards d’euros, ce qui représentera 30.000 euros par Français. C’est un montant record en Europe si on exclut la Grèce complètement disqualifiée depuis des années. Chaque nouveau-né français viendra au monde en 2014 avec une dette de 30.000 euros dans son berceau. Pas mal comme cadeau de naissance. Beaucoup d’opérateurs financiers excédés par la désinvolture de la gouvernance française ont pris leur calculette. A partir du déficit actuel, ils ont empilé les déficits publics et sociaux, à venir et prévus dans le projet de loi de finances pour 2014, et sont arrivés à ce montant astronomique. Un montant qui est imputable à la faiblesse des plans de redressement ajoutée à la contribution des Français au plan de solidarité et de sauvetage dans la zone euro. Pour simplement stabiliser et réduire cet endettement de 2% par an, il faudrait fabriquer une croissance économique supérieure à 2% l’an. Avec le montant des dépenses publiques et sociales actuelles c’est complètement utopique.