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L’après-clan Guérini : «Il faut mettre le PS marseillais sous tutelle !»
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L’après-clan Guérini : «Il faut mettre le PS marseillais sous tutelle !»

A Marseille, des militants PS luttent contre le « clan Guérini » et demandent « la mise sous tutelle » d’une fédération « gangrénée par le clientélisme et l’affairisme ».

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Si la rue de Solferino découvre si tardivement ― ou fait semblant de découvrir ―, à l’occasion de la mise en examen de Jean-Noël Guérini, la pétaudière affairo-clientéliste qu’est la fédération des Bouches-du-Rhône du parti socialiste, ce n’est certainement pas la faute de Laurent Lhardit…

Ce militant PS « de base » (il a occupé des responsabilités dans une petite commune du département, ce n'est plus le cas) est en effet membre d’un collectif d'adhérents provençaux en lutte contre le président du Conseil général depuis des mois et; à ce titre, ne ménage pas ses effort pour débarrasser le parti de l’encombrant baron.

« Ce n’est pas tant Guérini lui-même, explique-t-il en préalable, que son clan et son système. Le clientélisme à la marseillaise n'est pas systématiquement condamnable et on peut imaginer qu’un élu puisse rendre des services anodins voire légitimes ici et là. Mais en l’espèce, c’est à une autre échelle que les choses se passent et une immense proportion des militants du département sont ses obligés d’une manière ou d’une autre ».

« Un clan distribuant les prébendes, les emplois, les subventions... »

Car le vrai souci de Renouveau13, c’est le nom du collectif, c’est surtout de rendre la « fédé » à une nouvelle génération de socialistes et de « la sortir de l’emprise d’un clan régnant en distribuant les prébendes, les emplois, les appartements ou les subventions… »

« Mais tout ça n’a rien de nouveau et Paris est au courant depuis toujours, poursuit-il. Le problème, c’est que les instances nationales s’accommodent très bien de ce qui se passe loin du siège du moment que la fédération donne des gages et se rend utile quand c’est nécessaire. En gros, c’est : "Tu fais ce que tu veux chez toi mais tu es au service du parti" »…

Les déboires judiciaires de « JNG » ― le sigle par lequel on désigne parfois Jean-Noël Guérini par dérision plus que par référence à DSK (il ne lui est reproché aucune maladresse sexuelle, on ne peut pas tout avoir) ―, sont donc perçus comme une chance de faire le ménage façon Ségolène et de « faire monter des gens nouveaux ».

Las, il semble plus facile de démantibuler un système que d’en monter un autre, déplore un Laurent Lhardit un peu à la peine au moment de citer les noms de personnalités fraiches et ayant gardé leurs distances avec le clan :

« C’est un peu le désert, même si Michel Thonon, le maire de Salon-de-Provence, ou Loïc Gachon, celui de Vitrolles, sont des gens intéressants et dynamiques. Le problème, c’est que pour remettre les choses en place, c’est un peu la politique de la terre brûlée. On arrête avec ce qui ne va pas et on voit ensuite ce que ça donne ».

Un PS marseillais sans poids lourds ni figures marquantes

Les noms de grands anciens, autrefois perçus comme autant d’espoirs pour le parti au plan local, ne font d’ailleurs pas rêver :

« Michel Pezet, une victime du guérinisme, justement, est sans doute trop âgé. Et Philippe San Marco, lassé d’attendre son tour, est passé de l’autre côté un peu trop tôt en s’alliant avec la majorité municipale de Jean-Claude Gaudin. Non, ce qu’il faudrait, c’est mettre la fédération sous tutelle comme dans l'Hérault, parachuter un type d’ailleurs qui remettra de l’ordre et fera ce qui doit être fait sans se préoccuper des “traditions locales"… »

Touché au cœur, le clan Guérini a de toute manière commencé à se déliter, au point de voir Jean-Noël prendre ses distances avec son frère Alexandre. Mais sa capacité de nuisance n’est-elle pas un danger pour l’organisation de la primaire, peupler les salles d’affidés pour orienter le scrutin n’étant pas une habitude locale pour rien ?

« Je ne le crois pas, affirme Laurent Lhardit. Si seuls les militants votaient, c’est à dire les 7 000 adhérents recensés, les 5 000 ou presque qui lui doivent quelque chose risqueraient d’avoir de l’influence. On a vu ce genre de choses dans le passé. Mais on s’attend à 50 000 votants dans le département et on voit mal comment le clan pourrait perturber la primaire. Je ne crois pas non plus à des histoires de bourrages d’urnes, compte tenu de la présence d’assesseurs représentant chaque candidat dans tous les bureaux de vote. La primaire, en fait, c’est ce qui peut arriver de mieux pour tout changer dans les Bouches-du-Rhône… ».

Tout changer dans les Bouches-du-Rhône ? Hé hé, comme aime le dire David Pujadas, c’est tout ce qu’on souhaite aux socialistes provençaux…

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