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Juventus/Lyon : malgré sa défaite, l'Olympique Lyonnais arrache sa qualification et affrontera Manchester City en quarts de finale de la Ligue des Champions.
©MIGUEL MEDINA / AFP

Football

Juventus/Lyon : malgré sa défaite, l'Olympique Lyonnais arrache sa qualification et affrontera Manchester City en quarts de finale de la Ligue des Champions.

L'OL a tenu bon sur le terrain de la Juventus de Turin. Puisque Lyon défiera Manchester City le 15 Août et que le PSG affrontera l'Atalanta Bergame mercredi, deux clubs Français sont qualifiés pour le "Final 8" de Lisbonne. Une jolie performance.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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Pour Roland Barthes, seule l'attente permet de mesurer la force d'une passion. Pour les amoureux du football que nous sommes, cette attente aura semblé bien longue tant nous nous languissions du retour de la Ligue des Champions... Rendez-vous compte, 163 jours de sevrage ! 163 jours pour se rendre compte, si besoin en était, que la passion est une drogue dure. Alors retrouver hier soir les joueurs et le parfum unique de la plus belle des compétitions de clubs, ça faisait un bien fou. Parce qu'il faut bien l'avouer, tout nous manquait. Même si la seule chose qui soit plus triste qu'une télé sans match reste un stade vide... Mais malgré ce crève-cœur et un contexte angoissant, nous étions tout à notre joie. A tel point qu'on était ravi de retrouver la petite musique, le corps arbitral, les délégués et même les speakers... oui, même les speakers... ces gens curieux qui crient naturellement trop fort parce que personne ne les écoute. Bref, avec un huitième de finale retour brûlant opposant la Juventus à la Lyon, le foot revenait par la grande porte. Et comme hier soir tout se jouait sur un match, nous reprenions directement par ce que le haut niveau offre de meilleur : l'épreuve du feu, l'ordalie.

Forts de leur petit, mais très précieux, but d'avance glané au match aller, les Lyonnais avaient annoncé la couleur tout au long de la semaine : ils y croyaient dur comme fer et voulaient tout faire pour sortir la fraîchement sacrée championne d'Italie. Et ils ont eu bien raison de le vouloir autant car au terme d'un match usant, d'un match qui met les nerfs à fleur de peau et qui laisse les mains moites, ils ont tenu parole. Les faits sont là, puisque aucun club Français n'avait réussi à sortir la Juventus de Turin en Coupe d'Europe, l'OL a signé hier soir un exploit historique. Un résultat qui dit d'abord quelque chose du niveau du groupe Lyonnais, un groupe qui hier soir s'est montré solide, bien organisé, solidaire, et qui a pu compter sur ses valeurs sûres (Aouar, Lopes, Cornet et... Marcelo) comme sur ses valeurs montantes (Caqueret et Reine-Adélaïde, dans une moindre mesure). Nous décernerons la palme académique de la soirée au jeune Caqueret qui court comme deux et qui a faim comme quatre. Coiffé comme à la belle époque des Brigades du Tigre, impeccable dans l'engagement et dans la générosité, se démultipliant et demandant sans cesse le ballon, on aurait juré qu'il ressemblait hier soir, de loin comme de près, à une belle promesse. 

Mais il ne serait pas sérieux d'analyser ce résultat sans s'arrêter un instant sur le niveau de l'adversaire. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'adversaire en question finit la saison sur les jantes. Il est désormais évident que cette Juventus est en nette perte de vitesse et qu'elle semble désormais ne dépendre que du rendement d'un Cristiano Ronaldo toujours fidèle à la légende qu'il écrit de son vivant. Rendons à ce dernier l'hommage qu'il mérite. Au fil des années, à force de statistiques invraisemblables, ce gars est devenu pour son sport une icône, une marque mondiale, une référence... il est désormais au football ce que Léonard est à son pinceau, ce que la sardine est à l'huile. Mais malgré tout son talent et toute son envie, ce Ronaldo-là n'a pas suffi car la Juventus en a fait trop peu collectivement pour mériter sa qualification. Si un joueur incarne cette insuffisance quasi-générale, c'est bien Gonzalo Higuaín. Le concernant, on pourrait presque invoquer un vice de forme(s) devenu chronique et l'on jurerait que ses vacances feraient du bien à l'ensemble de ses coéquipiers. Mais revenons à nos Lyonnais. 

Autant l'admettre tout de suite, malgré ce beau résultat, tout n'a pas été parfait chez des Gones qui ont même affiché de sérieuses limites dans la conservation du ballon ou dans l'animation générale... Mais question état d'esprit alors là attention, il y a beaucoup à dire et rien à redire. Cette équipe, c'est le plus important, croit en ce qu'elle fait. En plus, elle a de la générosité à revendre, donne tout ce qu'elle a, bosse, galope à perdre haleine et ne se prend pas pour une autre. Enfin, elle semble savoir souffrir, ce qui est normal quand on a la foi. Passée la satisfaction immédiate, ce résultat permet aussi de relativiser deux ou trois choses. La première est que nous sommes forcés de constater que la coupure forcée par nos instances n'a pour l'instant pas été pénalisante... car il ne faut pas oublier que Lyon se présentait hier soir en Italie avec pour seul bagage un seul match officiel joué dans les six derniers mois, contrairement à tous nos concurrents dont les championnats sont allés jusqu'à leur terme. Si un adage connu affirme que rien ne remplace la compétition, convenons qu'il convient de le relativiser ce matin et que nous jetterons un coup d'œil très attentif aux prochains matchs de nos représentants nationaux dans les semaines qui viennent. La seconde concerne la difficulté de comparer le niveau des différents championnats Européens ; nous parlons ici de l'éternel débat qui engendre certaines des discussions les plus animées dans les bistrots du coin comme sur les plateaux télé... Alors posons cette question : que conclure lorsque le septième de Ligue 1 élimine un cador du calibre de la Juventus, neuf fois titrés consécutivement sur son sol (série en cours) ? Écrivez vos réponses au journal, qui transmettra... Merci. Enfin, encore une fois, il convient de s'interroger sur la qualité de l'arbitrage et la pertinence de l'utilisation du VAR. Car si l'on pouvait déjà douter du pénalty accordé aux Lyonnais et transformé par Depay (12ème minute), que dire de celui transformé par Ronaldo (42è) ? Nous sommes tous d'accord : un arbitre ça sait des choses. On peut même dire que sur les connaissances c'est irréprochable. Mais vous en conviendrez tout de même : le problème, ce serait plutôt le tri ! Après tout et malgré tout, le jugement, la justesse, même avec les nouvelles technologies, ça reste une question d'optique.  

On discute, on disserte, on gamberge, on s'égare mais il est déjà l'heure de conclure... Il est bien évident que cette qualification n'éclipse pas la mauvaise saison d'un OL, qui, sauf miracle Biblique, ne jouera pas en Coupe d 'Europe l'année prochaine. Mais il faut tout de même saluer cette performance et la savourer car, spécialement par les temps qui courent, toutes les bonnes nouvelles sont à prendre. Allons plus loin, avec cette belle victoire et les espoirs qu'elle suscite, les ambitions que peut nourrir le PSG et le retour du football dans nos vies, c'est bien simple, on se sent repaître ! Parce qu'on a beau dire, y'a quand même pas grand-chose de mieux que le foot pour générer des émotions, pour faire vibrer. Au fait, savez-vous à quoi on reconnaît un homme heureux ? Un homme heureux ça fume une cigarette de temps en temps, ça a un petit ventre et ça cause football avec ses copains. Voilà, c'est pas plus compliqué que ça. Bien sûr, quand l'alcool coûte trop cher, on peut vivre uniquement de football et d'eau fraîche... mais quand à cause d'un satané virus il n'y a plus de football, on est bien en peine de trouver quelque chose de valable pour nous arracher un sourire, surtout dans un pays où on s'ennuie le dimanche. L'abonnement télé ? Je vous l'accorde, c'est pas donné... mais ça coûte tout de même moins cher que l'entretien d'une femme moderne ! Et c'est souvent plus distrayant. Alors vivement mercredi prochain, en souhaitant qu'une fois la nuit tombée, le Paris Saint Germain se présente, enfin, sous son meilleur jour. 

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