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Les festivités du Nouvel An sur les Champs-Elysées
Les festivités du Nouvel An sur les Champs-Elysées
© JULIEN DE ROSA / AFP

Mesures vitales

Jeu des 7 défis : à quoi ressemblerait une année 2023 idéale (et ce qu’il faudrait faire pour en arriver là…) ?

Avec la crise énergétique, les risques d'explosion sociale, le malaise démocratique et les dérives du wokisme, les défis à relever pour 2023 sont légion.

Alexandre Delaigue

Alexandre Delaigue

Alexandre Delaigue est professeur d'économie à l'université de Lille. Il est le co-auteur avec Stéphane Ménia des livres Nos phobies économiques et Sexe, drogue... et économie : pas de sujet tabou pour les économistes (parus chez Pearson). Son site : econoclaste.net

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Christophe Boutin

Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009) et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017), le Le dictionnaire des populismes (Cerf 2019) et Le dictionnaire du progressisme (Seuil 2022). Christophe Boutin est membre de la Fondation du Pont-Neuf. 

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Loïk Le Floch-Prigent

Loïk Le Floch-Prigent

Loïk Le Floch-Prigent est ancien dirigeant de Elf Aquitaine et Gaz de France, et spécialiste des questions d'énergie.

Ingénieur à l'Institut polytechnique de Grenoble, puis directeur de cabinet du ministre de l'Industrie Pierre Dreyfus (1981-1982), il devient successivement PDG de Rhône-Poulenc (1982-1986), de Elf Aquitaine (1989-1993), de Gaz de France (1993-1996), puis de la SNCF avant de se reconvertir en consultant international spécialisé dans les questions d'énergie (1997-2003).

Dernière publication : Il ne faut pas se tromper, aux Editions Elytel.

Son nom est apparu dans l'affaire Elf en 2003. Il est l'auteur de La bataille de l'industrie aux éditions Jacques-Marie Laffont.

En 2017, il a publié Carnets de route d'un africain.

 

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Michael Lambert

Michael Lambert

Michael Eric Lambert est analyste renseignement pour l’agence Pinkerton à Dublin et titulaire d’un doctorat en Histoire des relations internationales à Sorbonne Université en partenariat avec l’INSEAD.

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Céline Pina

Céline Pina

Née en 1970, diplômée de sciences politiques, Céline Pina a été adjointe au maire de Jouy-le-Moutier dans le Val d'Oise jusqu'en 2012 et conseillère régionale Ile-de France jusqu'en décembre 2015, suppléante du député de la Xème circonscription du Val d'Oise.

Elle s'intéresse particulièrement aux questions touchant à la laïcité, à l'égalité, au droit des femmes, à la santé et aux finances sociales et a des affinités particulières pour le travail d'Hannah Arendt.

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Malika Sorel

Malika Sorel est Ancien membre du Haut Conseil à l’intégration. Auteur de "Les Dindons de la Farce" (Albin Michel, février 2022) et "Décomposition française" (Fayard, 2015) qui a reçu le prix « Honneur et Patrie » de la Société des Membres de la Légion d’Honneur.

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1- Sauver la France de la récession

Alexandre Delaigue : Il est généralement difficile d’éviter la récession. Ce phénomène est complexe à maîtriser. Un certain nombre d’annonces ne permettent pas d’ailleurs d’être particulièrement optimiste. La présidente du FMI, Kristalina Georgieva, a déclaré récemment qu’un tiers des économies dans le monde seraient confrontées à la récession au cours de cette année 2023. De nombreux pays européens sont notamment concernés, selon ses prévisions. Nous allons assister à un ralentissement économique.

Le principal élément qui pourrait permettre de faire évoluer ce contexte économique concerne la position des banques centrales.

Actuellement, les banques centrales sont confrontées à l’inflation (qui est très au-delà d’un seuil considéré comme acceptable). Les banques centrales vont donc vouloir réduire l’inflation. Cela va se traduire par une politique monétaire qui devient plus restrictive. Les taux d’intérêt augmentent.

L’action des banques centrales va quasiment provoquer une récession, en vue de réduire l’inflation.

Pour les banques centrales, la récession est un moyen qui va permettre de lutter contre l’inflation.

Pour une année optimiste en 2023, l’inflation pourrait néanmoins être moins forte que prévue. La conjoncture internationale a une forte influence sur l’inflation. Les problèmes d’approvisionnement sont liés aux difficultés rencontrées en Chine suite au redémarrage après le Covid et aux questions des matières premières avec le conflit entre la Russie et l’Ukraine. L’augmentation des prix pourrait être temporaire. Cela pourrait aboutir à une meilleure nouvelle pour 2023. Les banques centrales pourraient être amenées à modérer leurs actions restrictives sur l’activité.

L’autre facteur déterminant pour la conjoncture est l’action des gouvernements. Les soutiens apportés à l’économie vont être déterminants pour freiner l’impact de la récession et de l’inflation. La situation des secteurs les plus en difficulté pourrait s’améliorer grâce à l’action publique par le biais de mesures ciblées.   

2- Echapper au crash énergétique face à la pénurie d’énergie

Loïk Le Floch-Prigent : Les prix de l’énergie augmentent depuis déjà plusieurs années, mais on a refusé de le voir. En 2022 le conflit entre la Russie et l’Ukraine et les sanctions décidées à l’encontre de la Russie ont accéléré la montée des prix puisqu’une bonne partie de l’Europe s’alimentait à partir de la Russie, pour le gaz, le pétrole, les produits pétroliers …et le charbon ! Ceci a, par ailleurs, révélé, ce que tous les professionnels savaient, que  les énergies éoliennes et solaires prônées par nos voisins allemands et la Commission Européenne comme « LES » solutions d’avenir étaient, en fait, doublées pour 70% de la production par des centrales à gaz (Russe !) et… de charbon. La rareté et l’anticipation de pénuries a conduit à une flambée des prix qui n’a épargné aucune source d’énergie alors que le marché du pétrole et de ses produits raffinés est mondial, car la volonté affichée par la plupart des pays de « décarboner » la planète a conduit à un affaiblissement des investissements dans les énergies fossiles alors qu’elles représentent plus de 80% des consommations mondiales. Nous avons connu un grand écart entre une politique affichée anti-fossile et une réalité : les fossiles continuent à dominer la production de l’énergie mondiale. On a affiché aussi que les énergies éoliennes et solaires allaient les remplacer, c’est faux, on a voulu ici ou là éradiquer aussi l’énergie d’origine nucléaire, c’était une erreur puisque dans le même temps on a décidé d’orienter les transports individuels sur l’énergie électrique et le chauffage sur les pompes à chaleur, il fallait donc produire plus d’électricité et on s’est acharné depuis vingt ans à faire l’inverse, c’est-à-dire à effacer ce qui était la source la plus efficace et la moins chère. Nous connaissons donc aujourd’hui les conséquences de notre politique de gribouille au niveau de l’Europe et à celui de la France, des prix élevés et des risques de pénurie, ce qui va ensemble puisque nous avons abandonné le seul objectif qui maintient la prospérité d’un pays, une énergie abondante, bon marché et souveraine : on prêche la sobriété, le quoi qu’il en coute et l’achat des matériels nécessaires à l’étranger (éolien, solaire, équipements électriques …).

Pour éviter le crash en 2023, nos voisins allemands mettent 200 milliards d’euros sur la table pour subventionner leurs entreprises avec un prix de l’énergie acceptable pour assurer leur compétitivité. Si nos moyens ne nous le permettent pas, une grande partie de notre industrie va disparaitre de notre sol, c’est-à-dire que c’est la fermeture  pure et simple ou le déménagement ! Comme nous avons, avec nos centrales nucléaires, un cout de l’électricité très bas qui a fait notre prospérité depuis des dizaines d’années, il nous faut revenir d’urgence à des prix correspondant à ces bas coûts, avec une sortie dès le 1er Janvier du marché de l’électricité européen et des mesures d’urgence pour remettre en production toutes les centrales nucléaires françaises, y compris Flamanville 3 (EPR) et Fessenheim. Pour cela il faut s’interroger sur les raisons des arrêts et les travaux à effectuer.

Pourquoi a-t-on arrêté autant de centrales et pourquoi c’est si long et si cher de les remettre en route ? C’est la même question que celle concernant les nouvelles centrales nucléaires, pourquoi les Chinois construisent nos EPR en 5 ans et pourquoi nous annonçons 15 ans ? La réponse est claire, parce que nos normes et règlements et nos contrôleurs sont plus méticuleux que leurs homologues internationaux ! Ceci est-il justifié ? C’est à un collège international d’en décider, soit nous avons raison et ils doivent reprendre nos standards, soit nous avons tort et nous devons adopter les leurs ! Nous connaissons la même situation dans la chimie et les plastiques, nos règlements sont toujours plus sévères que ceux des autres et nos contrôleurs, d’ailleurs appelés « gendarmes » dans notre pays, sont zélés au point de pouvoir apparaitre comme anti-industrie, comme ceux du nucléaire, « anti-nucléaire ». Les attendus actuels sur les soudures sont délirants pour beaucoup et les précautions prises sur certains éléments apparaissent disproportionnées. Comme si la précaution ultime était l’abandon de la production !

Et c’est ainsi qu’il faut revenir, non pas à la précaution tous azimuts, c’est-à-dire à la gestion des peurs, mais à la gestion des risques, à la mesure des risques, à leur appréciation et à un équilibre entre des délais et des couts d’une part et à l’extinction de la prospérité et aux périls de la pénurie et des pannes d’autre part. Le système français est déséquilibré dans le domaine énergétique comme pour toute l’industrie et nous mène au désastre si nous refusons d’en prendre conscience et de nous réformer en revenant aux normes internationales ou en exigeant leur modification : nous devons être sur un pied d’égalité avec nos concurrents, c’est aussi cela notre aspiration à l’universel, notre responsabilité planétaire. Nous ne pouvons pas considérer avoir raison contre tous les autres et protéger l’humanité en surprotégeant notre pays jusqu’à le faire disparaitre des radars de la production. A quoi nous sert-il de contrôler nos agriculteurs au point de les ruiner et de les pousser au suicide si, dans le même temps nous devons nourrir notre population en important des productions qui n’obéissent pas aux règles que nous avons édictées ? A quoi sert-il d’arrêter nos centrales nucléaires si nous devons importer de l’électricité de centrales à charbon de nos voisins ? A quoi sert-il d’accélérer notre programme d’installations de centrales éoliennes en mer alors qu’elles sont inutiles sans centrales à gaz et qu’elles ne seront pas opérationnelles avant deux ou trois ans ?

Notre priorité est bien pour 2023 et les années suivantes d’ouvrir le maximum de centrales électriques existantes en appréciant selon des critères internationaux et des experts internationaux les risques réels et non fantasmés. Nous avons les instruments de mesure, certes, mais nous disposons aussi de jumeaux numériques aptes à nous aider en ce sens.       

- Echapper au crash énergétique face à l’impact des coûts élevés de l’énergie

Loïk Le Floch-Prigent : Ce ne sont pas les coûts qui sont élevés, ce sont les prix, notre énergie électrique peut redevenir abondante et bon marché  si on prend les bonnes décisions aujourd’hui. Si on accepte que le gaz va rester une énergie indispensable sur une ou deux dizaines d’années, on peut faire baisser les prix en acceptant en Europe d’aller chercher le gaz non conventionnel dit de schiste, comme on avait fait baisser les prix du pétrole de l’OPEP en 1973 en accélérant la production pétrolière en Mer du Nord ! Ouvrir ou dégoulotter des raffineries dans les pays pétroliers est une autre façon de faire baisser les prix des produits raffinés indispensables à notre vie quotidienne … Mais surtout il faut sortir dès demain du marché de l’électricité, marché artificiel qui ne nourrit que des parasites et qui va nous faire mourir. Nos couts sont issus d’une mauvaise appréciation de la protection réelle à assurer à notre population, nos prix sont liés à deux idéologies mortifères, celle de la concurrence artificielle jusqu’à créer un marché irréel et celle de la capacité des énergies intermittentes à nous apporter la prospérité universelle !

3- Echapper à l'explosion sociale tout en ne sombrant pas dans l’immobilisme politique

Christophe Boutin : Peut-être pourrait-on tout simplement se poser la question de savoir ce qui conduit, semble-t-il inéluctablement, à cette explosion sociale dans les mois prochains. Nous pouvons me semble-t-il trouver quelques éléments de réponse en examinant le sort des questions qui vont être posées au Parlement dans le premier trimestre de l’année 2023.

Prenons le cas de la réforme des retraites. Sans doute faut-il se poser la question de la nécessité qu’il y a d’effectuer cette réforme, mais on a surtout l’impression d’un pouvoir incapable d’une réflexion d’ensemble et prenant les choses à l’envers. Il constate - où croit constater, car il y a débat sur ce point - que le système actuel ne permettrait plus, à cause de la baisse du nombre de cotisants, de payer les retraites de ceux qui ont cotisé, et propose donc pour remédier à cela d’allonger la durée de cotisation – et donc les années de travail.

Voilà qui est bel et bon, mais il faudrait d’abord pour avoir une idée claire de l’état de caisses concernées se poser la question des ayants-droits, alors que les fraudes sont patentes - dans le domaine des retraites comme dans tout le fonctionnement de notre système social. Et il faudrait ensuite, et surtout, replacer la question des retraites dans le cadre plus global du budget de l’État, dont elle n’est jamais qu’un élément – comme le prouvent les errances de l’État-patron -, et mettre celui-ci à plat, comme le fait toute personne qui constate un trou dans son budget et cherche à savoir ce qui l’a causé avant de se demander comment y remédier.

Or, à obligations constantes, deux causes peuvent expliquer un déficit budgétaire, des recettes manquantes ou des dépenses excessives… et la France est concernée par les deux si l’on en croit les rapports de la Cour des comptes. Les recettes manquantes relèvent, par exemple, d’une optimisation fiscale de certaines entreprises importantes qui n’est plus acceptable de nos jours – et moins encore lorsque ces entreprises bénéficient de contrats publics ou d’aides publiques. Quant aux dépenses injustifiées, comment ne pas évoquer celles induites par l’arrivée sur le territoire de personnes n’ayant jamais cotisé, qui ne sont que rarement contribuables, mais qui bénéficient des prestations sociales, d’une éducation quasiment gratuite pour leurs enfants, d’un système de santé lui aussi presque gratuit, d’un logement de qualité à faible coût, et, de manière globale, des infrastructures payées par l’impôt des générations précédentes ?

Se refuser à cette mise à plat avant d’engager des réformes douloureuses laisse planer un doute malsain dans l’esprit de nos concitoyens et empêche que puisse s’engager, en toute connaissance de cause, avec l’ensemble de notre société, le débat sur les réformes qui, effectivement, pourraient s’avérer nécessaires. Contrairement à ce que l’on peut penser, les réformes conduites sans véritable vue d’ensemble, quand bien même seraient-elles pléthoriques, conduisent en fait tout autant que l’absence de réformes à l’immobilisme politique. Les micro-variations cachent en effet bien mal ici une macro-stabilité du système dont on ne touche jamais aux principes de fonctionnement : on connaît la grande formule de Lampedusa dans Le guépard : « il faut que tout change pour que rien ne change ».

Des chiffres - et tous les chiffres ; de vraies explications, ne relevant pas du travail de scène du « grand débat » ; une information de l’ensemble des citoyens, et non la pseudo-démocratie des « conférences citoyennes » : voilà qui, à bien moindres risques d’explosion sociale, permettrait des réformes cette fois perçues comme légitimes par les Français - auxquels il faudra sans doute laisser le dernier mot.  

4- Sauver la démocratie du marasme et de l’abstentionnisme grandissant ou des tentations illibérales

Christophe Boutin : Sauver la démocratie de ce désenchantement qui conduit nos concitoyens à se détourner avec lassitude et mépris des débats politiques passe sans doute avant tout par la nécessité absolue de leur redonner la maîtrise de leur destin. Le contrepoids imaginé par le Général De Gaulle avec la Constitution de 1958 à la dérive oligarchique du parlementarisme était l’usage du référendum. Par ce dernier, le peuple souverain s’exprimait sur les choix fondamentaux et arbitrait entre les différentes conceptions de la société ou du Bien commun qui pouvaient s’opposer. Ayant échoué dans sa réforme de 1969, le chef de l’État en tira les conséquences politiques en termes de légitimité, et démissionna. Faut-il rappeler une nouvelle fois ici qu’au contraire, après un référendum de 2005 par lequel les Français avaient clairement repoussé le traité dit constitution par lequel on modifiait les pouvoirs de l’Union européenne, ces derniers ont vu, deux ans plus tard, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, le parlement ratifier un traité de Lisbonne qui n’était, de l’aveu même des institutions européennes, que le précédent texte remis dans un ordre différent ?

Pendant des décennies, les alternances au pouvoir de ce que l’on appelait alors les « droite » et « gauche » « de gouvernement » ne modifia en rien les grands axes des politiques qui pouvaient être suivies, et ce sans que jamais les citoyens n’aient eu leur mot à dire sur des éléments aussi essentiels que : l’assujettissement de notre pays à l’Union européenne ; l’inféodation de nos choix économiques et énergétiques à l’Allemagne ; celle de notre politique étrangère aux USA ; l’ouverture de nos frontières à une immigration totalement hors de contrôle ; le dépeçage de nos services publics, dont les éléments rentables sont vendus au secteur privé - et souvent étranger -, tandis que les autres sont laissés à la charge des contribuables ; la multiplication des droits individuels et/ou communautaires au détriment de l’intérêt public, par la législation, mais aussi par une jurisprudence toujours plus découplée de toute réalité ;  la mise en place d’un contrôle de la société qui n’a rien à envier à un État aussi peu démocratique que la Chine, dont il s’inspire d’ailleurs.

En se refusant à poser aux Français la question de leur consentement à de tels choix, nos gouvernants ont contribué à saper la légitimité de leurs actions, qui ne sont plus perçues que comme la fuite en avant d’une oligarchie qui ne travaille qu’à satisfaire ses propres intérêts. En 2022, les Français ont cherché à limiter cela et à permettre de véritables débats au parlement en lui donnant cette nouvelle composition qui voit les oppositions, de droite et de gauche, y prendre une place plus importante et le gouvernement ne plus y avoir de majorité absolue. On verra si cela suffit à ce que les angoisses et les attentes de nos concitoyens soient mieux entendues, mais il est d’ores et déjà permis d’en douter. Un pouvoir est facilement autiste.

C’est pourquoi l’une des seules véritables solutions qui permettrait actuellement de limiter cette tension toujours plus grande née du fossé qui s’est creusé entre l’oligarchie au pouvoir et les citoyens, serait, au-delà même d’un usage plus fréquent du référendum par un pouvoir qui en conserverait l’initiative, de donner aussi aux citoyens, par l’instauration d’un véritable référendum d’initiative « populaire » ou « citoyenne », la possibilité de se saisir des problèmes et de les trancher. Sauver la démocratie c’est peut-être simplement la restaurer et en assumer les nécessités.

5- Echapper aux dérives du wokisme, du communautarisme et des extrémistes liberticides du climat

Malika Sorel : Un vent de folie s’est levé en Occident, y semant les graines d’un chaos qui grandit année après année et qui risque fort, en l’absence d’un sursaut rapide, de nous conduire vers une guerre de tous contre tous. Pour éviter le pire, il faudrait qu’une part significative des citoyens retrouvent le bon sens et tourne le dos au « chacun pour soi », grande vulnérabilité des sociétés démocratiques comme l’avait si justement anticipé Alexis de Tocqueville dont la parole apparait prophétique. Imaginant sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire, il explicite le fait que chaque individu « retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine. Quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie. » 

Il m’apparaît également urgent d’œuvrer collectivement, et donc chacun à sa mesure, à la restauration de la liberté de pensée et de jugement ainsi que de la liberté d’expression, qui ont été confinées sous l’effet de la terreur instaurée par les adeptes des nouvelles religions que vous citez. Par la force des choses, il se pourrait bien que la crise économique et financière redéfinisse la hiérarchie entre l’essentiel et l’accessoire, et donne enfin aux populations occidentales la force et le courage qui leur ont tant fait défaut ces dernières décennies, car il ne fait aucun doute à mes yeux que c’est en partie leur légèreté et leur insouciance qui ont conduit à la situation actuelle. 

Quel enseignement tirer de l’année écoulée pour la France ? De nombreux sujets sont venus éclairer d’une lumière crue le fait que l’esprit de cohérence avait pris le maquis. Quelques exemples : hier, il était question de fermer des centrales nucléaires ; aujourd’hui, on comprend que c’était une hérésie et on tremble d’avoir à vivre à la lumière des bougies, ce que j’ai un temps vécu en Algérie, et que je n’aurais jamais cru possible un jour en France ! Au nom du climat, on dynamite la filière automobile et demain, on pleurera sur l’industrie française, qui se conjuguera au passé ainsi que les innombrables métiers et emplois qui s’y rattachent. Longtemps, la France a été souveraine en matière pharmaceutique ; le pays de Pasteur se révèle désormais incapable de produire les médicaments dont il a besoin, et doit faire face à des pénuries. La France était admirée, entre autres, pour son service de santé ; aujourd’hui, ce dernier s’écroule sous nos yeux et nos dirigeants politiques, pour tenter de le ranimer, ne trouvent rien de mieux que d’aller piller le personnel médical des pays du Sud – comme ils y pillent déjà les cerveaux des disciplines scientifiques et technologiques – condamnant ainsi certains pays sources de l’immigration à un sous-développement certain, avec pour conséquence directe des flux croissants de migrants vers les pays du nord. Or voilà longtemps que la société française n’est plus en capacité d’assimiler. Le communautarisme en est l’une des nombreuses conséquences, ainsi, entre autres, que l’effondrement de l’école attesté par les classements internationaux, effondrement qui ne pourra que précipiter le déclin économique de la France. Le fait nouveau majeur, c'est qu'un nombre croissant de Français réalisent avec effroi que leurs enfants vivront probablement moins bien qu'eux, sur une terre au « bien vivre ensemble » menacé, dans un moment où une terrible angoisse identitaire les étreint. Au lendemain des violences de supporters de football marocains sur le sol français, le gouvernement a l'indécence de se prosterner à Rabat pour redonner des visas et le lendemain, c’est à Alger que ce même gouvernement fait acte de soumission alors même qu’il s'est révélé incapable d’assurer les obligations de Quitter le Territoire aux clandestins (OQTF).

Le haut niveau de défiance des citoyens envers les élites dirigeantes est justifié. La classe dirigeante a fait, d’elle-même, la preuve qu'elle n’était pas à la hauteur des circonstances. Ce constat est à plus d’un titre alarmant, car les élites ont un devoir d’exemplarité. C’est de cette exemplarité que dépend en grande partie l’unité nationale, qui ne se décrète pas et ne peut résulter d'un simple exercice de communication incantatoire. Je crois, comme disait Tocqueville à la Chambre des députés le 27 janvier 1848, que nous nous endormons sur un volcan.

Céline Pina : Nous sommes en train d’assister à l’effondrement de ce qui a permis l’envol politique, intellectuel, économique et technologique de l’occident. De ce lent délitement ressurgissent des monstres bien connus. Le wokisme est stricto sensu un nouveau fascisme. Il pense que l’on peut créer un homme nouveau, que tout est possible et que nous ne sommes liés à rien. Il ne voit comme lien existant entre les hommes que la domination et pense que le réel n’existe pas. Voilà pourquoi il pense que le sexe est une oppression et le fait de choisir son genre et d’en créer des dizaines, un progrès. Il a une vision simpliste de l’histoire : les Blancs sont méchants et les autres sont victimes, d’où découle une vision simpliste de la politique : si vous êtes dans le camp du mal, vous devez expier, si vous appartenez aux opprimés par nature, on vous doit réparation. C’est une ivresse du moi qui sous couvert de faire naître un homme nouveau légitime toutes les censures et toutes les violences. Le wokisme ne dit jamais quelle société il veut construire, mais il est très prolixe sur les groupes sociaux qu’il veut abattre. Il passe plus de temps à désigner des cibles qu’à proposer un chemin, comme tout totalitarisme qui se respecte il est fondé sur la logique du bouc émissaire et cultive la haine qu’elle soit raciale, religieuse ou sociale. On a eu le nazisme, qui fondait son emprise sur la référence aux sciences de la nature, le communisme, qui fondait sa légitimité sur une certaine vision de l’histoire. Le wokisme est le énième avatar de cette logique, il essaie de lier les deux totalitarismes en unissant la dimension raciale et sociale.

Le communautarisme, lui, est une régression plus classique. On passe de la loi comme marque d’appartenance à la communauté et référence partagée, à la soumission au chef. Sous le règne de la loi, les citoyens sont égaux. Dans le rapport au chef c’est la logique hiérarchique qui domine. La nation comme porteuse d’une vision de l’intérêt général disparait et ne reste plus que l’allégeance au suzerain et la logique féodale des liens personnels. Dans un tel système, les hommes ne sont pas égaux, la société est verticale et la légitimité du pouvoir ne nait pas de la capacité des hommes à être créateurs et à enfanter par le débat et la raison, un monde commun de principes et d’idéaux. La légitimité du pouvoir s’appuie sur la force ou sur la foi, mais elle déserte l’esprit humain. Sur cette désertion prospère une forme de bêtise radicale, plus soucieuse de trouver l’absolution en désignant des coupables qu’en essayant d’unir les hommes et de les faire agir ensemble. C’est par exemple le cas des extrémistes du climat. A la fin, tous ces groupes sont les pires fossoyeurs des causes qu’ils essaient de défendre car la violence, contrairement à ce qu’ils prétendent est chez eux une fin et non un moyen.

Pour échapper à ces résurgences du cerveau reptilien des hommes, il faut avant tout du courage et de la raison. Or outre que l’homme est en général lâche et ne trouve souvent le courage d’agir qu’au cœur de la catastrophe, rarement pour la prévenir ; nous nous heurtons au très bas niveau de notre élite. La plupart des politiques par exemple ne comprennent pas leur rôle et croient que le pouvoir est un moyen d’imposer leurs obsessions et leurs particularismes. Ils n’ont pas conscience qu’ils sont d’abord l’incarnation du monde commun virtuel que crée la loi et les institutions, qu’ils sont au service de quelque chose de plus grands qu’eux. Une partie de nos hauts fonctionnaires ont aussi en partie perdu le lien avec ce qui fait la noblesse et la particularité du service de l’Etat. Le pantouflage en est la meilleure illustration où les compétences acquises au service de l’Etat sont valorisées pour mieux servir des intérêts privés au détriment des besoins collectifs. Et quand ils n’ont pas ce tropisme, leur militantisme, leur faiblesse ou leur incapacité à résister aux offensives militantes, font qu’ils en oublient leur rôle de défenseur de l’intérêt général. C’est le cas par exemple de la Dilcrah qui parait sous influence de mouvements trans radicaux. La délégation interministérielle a ainsi beaucoup de mal à trouver un positionnement qui protège les intérêts des enfants, face à des représentants associatifs qui souhaiteraient que l’on opère et donne sans discernement des traitements lourds à des enfants pour changer de sexe, alors que tous les pays qui ont tenté cette expérience en reviennent, tant les témoignages négatifs s’accumulent.

Manque de courage et incapacité à comprendre le rôle que l’on doit tenir en position de pouvoir sont en train de détruire l’idée même de l’intérêt général. Ainsi le gouvernement ou les institutions politiques sont incapables de couper les vivres à des associations sous emprises, comme le Planning familial, la fédération des centres sociaux, la FCPE… Ils sont incapables de tenir un discours cohérent et de remettre à leur place ceux qui font du voile, une liberté, et ce même quand la révolte des femmes en Iran montre l’inanité de cette position. Ils sont terrorisés à l’idée de se faire accuser de pratiquer le racisme systémique alors que ceux qui leur en font ce reproche, comme Rokhaya Diallo ou les indigènes de la république, tiennent un discours où la couleur de peau détermine ce que doivent être vos liens, vos engagements, vos manières de penser ou simplement votre légitimité à être.

Mais surtout cette élite ne se soucie plus d’élever le peuple. Elle a renoncé à l’idée d’ascension sociale parce qu’elle n’en voit pas l’utilité. Le peuple doit être éduqué quand on croit profondément à la démocratie. Mais pour la technocratie, le peuple est un empêcheur de réformer en rond et de s’adapter aux impératifs de la globalisation, alors que l’élite sait ce qui est bon pour lui et peut mieux le mettre en œuvre si ce dernier ne la gêne pas. Moyennant quoi, elle n’a plus d’ambition pour sa population. Elle n’investit plus ni dans l’école, ni dans l’excellence et cela se sent.

2023 ne devrait pas faire bouger beaucoup de lignes sur le fond. En revanche il est possible que l’accumulation des crises finisse par arracher les coutures qui ferment les yeux de nos représentants et qu’ils comprennent qu’ils sont les principaux jardiniers des idéologies totalitaires et extrémistes qui refleurissent aujourd’hui. Finalement est-ce-que la médiocrité du régime de Weimar n’explique pas plus l’ascension d’Hitler dans un contexte de crise que le charisme du dirigeant nazi ? Est-ce-que ce n’est pas d’abord la médiocrité de notre élite politique, administrative, universitaire et culturelle qui fait prospérer des mouvements fascisants, régressifs et/ou autoritaires que prospèrent chez nous ? Comment une société peut-elle préserver ses principes humanistes et son investissement dans la raison des hommes si trop de ses universitaires acceptent que les idéologies prennent le pas sur la complexité, la démarche scientifique et la recherche de la vérité ? Comment une société peut-elle connaitre la liberté de penser si sa culture perd tout lien avec la création pour s’abimer dans des politiques de quota où les sujets légitimes à traiter et la façon de le faire sont imposés ? Comment peut-on cultiver la raison quand le monde culturel accepte la censure et laisse des militants surexcités interdire le débat et agresser les personnes qui le portent que ce soit au nom du fascisme islamiste, du racialisme (la façon chic et de gauche d’assumer son racisme) ou de l’idéologie du genre ? Comment peut-on préserver la démocratie et l’idéal républicain et laïque s’il n’est ni transmis, ni compris, ni défendus. Les mouvements violents ne sont puissants que quand les élites d’un pays sont à genoux. Or elles le sont alors qu’elles ont encore les moyens de lutter si elles étaient déterminées et courageuses, il est probable qu’alors elles trouveraient le soutien populaire. Las elles préfèrent ménager les éléments les plus violents et les plus délirants de notre société. Et même quand elles agissent, comme dans le cadre de la loi séparatisme, le « en même temps » du président finit par brouiller le message et saper la légitimité de ce qui est entrepris tant on sent que ceux qui exercent le pouvoir n’ont pas une doctrine établie et réfléchie sur ces sujets. Tant que les élites croiront que l’Etat est neutre, elles ne pourront que défaire la société que nous connaissons et non la reconstruire. Aucun pouvoir n’est neutre, il a toujours besoin de fonder sa légitimité. En France nous la fondons sur la souveraineté populaire et la Nation. Ce qui nous unit ne sont ni une origine, ni un territoire mais une histoire, des aspirations et un projet. Ces principes et idéaux ne sont pas neutres, ils parlent d’une certaine vision de l’homme, de la société désirable et c’est parce que le pouvoir participe à l’établir qu’il est légitime. La question est aujourd’hui de savoir si nos élites défendent encore le monde commun censé rassembler les citoyens, si elles en connaissent les contours et l’esprit. Peut-être que l’accumulation des crises qui se profile va provoquer cette prise de conscience, mais c’est attendre du pire qu’il enfante ce qui sauve. Certes cela arrive, mais la question est quel sera le prix que les hommes devront payer collectivement pour la médiocrité de ceux qui ont voulu le pouvoir mais n’ont pas su l’exercer.

6- Sauver l’Europe de l’implosion :

Alexandre Delaigue : L’Europe a pour habitude de fonctionner à travers les crises. Lorsqu’il y a des tensions vers l’implosion, la meilleure solution passe souvent par la nécessité de rendre des mesures plus fédéralisées qu’elles ne l’étaient auparavant. Deux domaines pourraient faire l’objet de plus d’actions collectives : la question énergétique et les enjeux de défense. Les pays agissent pour l’instant chacun de leur côté, sans véritable cohérence. Cela pourrait générer un certain nombre de tensions. Mais les pays en réalité font face au même type de problème. Une réaction pourrait donc intervenir à plus grande échelle. Face à la crise, les réponses nationales pourraient aboutir à des solutions beaucoup plus coordonnées entre les pays européens dans des domaines qui faisaient moins l’objet de ce genre de coordinations. 

7- Echapper à une escalade avec le risque d'une 3e Guerre mondiale et aux risques géopolitiques spécifiques qui se posent à la France

Michael Lambert : Quatre menaces vont émerger ou se renforcer en 2023. La première est bien sûr la crise climatique, qui a eu tendance à être mise de côté à cause de la guerre en Ukraine. 2023 devrait être un tournant avec une augmentation du nombre de réfugiés climatiques, des crises alimentaires toujours plus fortes comme au Yémen, et une diminution des ressources qui va nuire à l'économie mondiale.

Le deuxième est le renforcement de la puissance chinoise, qui a également été mis entre parenthèses à cause de la guerre en Ukraine. 2023 marquera un renforcement de la place de la Chine dans les domaines spatiaux et cybernétiques, mais aussi dans des secteurs innovants comme les missiles hypersoniques, la bio-ingénierie et les énergies nouvelles. Cela aura des conséquences sur Taïwan, de même que sur les politiques de la Corée du Sud, au Japon et en Australie.

La troisième menace est celle de l'inflation et de l'appauvrissement de la classe moyenne en raison des prix de l'immobilier en Occident. De nombreuses manifestations et insurrections sont attendues en Europe, avec une montée du populisme et des régimes d'extrême droite (comme en Italie) qui affectent les projets de l'Union européenne et la cohésion du monde occidental.

La quatrième menace est la Russie, qui continuera à tester la résilience de l'Ukraine en détruisant les infrastructures et en s'adaptant à la situation de guerre permanente. Loin d'être terminée, la guerre en Ukraine va mettre à l'épreuve les Occidentaux qui devront accueillir davantage de réfugiés ukrainiens et fournir plus de matériel militaire. Pour la Russie, cette guerre est similaire à celle de l'Afghanistan (1979-1989) et s'inscrit dans la durée, il est difficile de dire comment le Kremlin va s'adapter et sortir de cette situation délicate.

Il est délicat de dire comment échapper à une escalade des tensions, mais il est certain que ces quatre menaces majeures sont interconnectées. Un piège dans lequel de nombreux pays sont tombés est qu'ils ont mis de côté les deux menaces que sont le réchauffement climatique et ses conséquences, ainsi que l'inflation et la hausse des prix de l'immobilier, en se concentrant sur l'Ukraine.

La France est dans une situation délicate car elle doit faire face à une montée du sentiment anti-français dans le monde. A l'échelle mondiale, de plus en plus de pays africains remettent en cause la présence française, comme le montre le cas du Mali, et cela va nuire à la réputation de la France en tant que grande puissance. Sur le continent européen, l'Italie a développé avec son gouvernement populiste une tendance anti-française exacerbée. L'Italie a toujours été un pays problématique au sein de l'Union européenne (niveau d'endettement élevé et corruption systémique) et cette tendance anti-française risque de peser sur la cohésion au sein de la zone Euro et la lutte contre l'inflation, l'accueil des réfugiés, et de nuire à l'image de la France au sein de l'UE.

La France devra également s'affirmer au sein de l'OTAN. À ce jour, le pays apparaît comme une puissance secondaire dans le conflit avec la Russie, l'Ukraine se tournant davantage vers les États-Unis et le Royaume-Uni pour une aide militaire concrète.

En 2023, la France devra renforcer son implication dans la guerre en Ukraine, et dialoguer davantage avec la Russie en parallèle.

La dette, mais aussi l'inflation et surtout le prix des logements vont peser sur la stabilité nationale et sur le soft power français. De nombreuses manifestations et violences sont à prévoir sur le territoire si aucune réforme urgente n'est prise pour réduire les coûts énergétiques et rendre les logements plus abordables (ce schéma est similaire dans de nombreux pays).

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