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Jean-Marc Barki - CroissancePlus : "Le début de quinquennat de François Hollande a été marqué par une méconnaissance du monde de l'entreprise"
©Reuters

L'interview Atlantico Business

Jean-Marc Barki - CroissancePlus : "Le début de quinquennat de François Hollande a été marqué par une méconnaissance du monde de l'entreprise"

François Hollande s’est exprimé mardi matin sur BFMTV et RMC. Le Président a fait le bilan de ses deux premières années à l’Élysée. Pour Jean-Marc Barki, membre du comité directeur de CroissancePlus et dirigeant de Sealock, le début de quinquennat a surtout été marqué par une méconnaissance du monde de l’entreprise. Le chef d'entreprise juge le Président "conscient de la gravité de la situation économique" mais attend encore beaucoup.

Atlantico Business : D'un point de vue entrepreneurial, quel bilan faites-vous de ces deux premières années de présidence de François Hollande ? 

Jean-Marc Barki : Le début de quinquennat a été marqué par une méconnaissance du monde de l’entreprise par les Hommes politiques et leurs équipes. La mobilisation des pigeons contre la fiscalisation outrancière des plus-values de cessions, suivi ensuite des mouvements des poussins, des plumés… ont permis une prise de conscience. Par la suite, les visites de PME par les ministres ont été croissantes. Mon entreprise Sealock en a fait partie. Le président de la République a donc compris que les entrepreneurs avaient le même objectif que lui : retrouver le chemin de la croissance pour pouvoir créer le plus d’emplois possibles. Les décisions qui ont suivi comme la création de la BPI, le lancement du CICE, la poursuite du CIR, le pacte de responsabilité, le choc de simplification vont dans le bon sens. Les entrepreneurs de CroissancePlus demandent toutefois que les différentes mesures annoncées, notamment depuis l’arrivée de M. Manuel Valls, soient faciles à mettre en œuvre et pérennes. Donner d’une main, reprendre de l’autre n’est plus possible. Cela ne peut que casser la confiance et donc la dynamique de croissance potentielle.

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Le Président s'exprimait mardi matin à la télévision. A-t-il répondu aux attentes des entrepreneurs ? Que retenez-vous de son intervention ?

Nous avons vu un président de la République qui semble conscient de la gravité de la situation économique et sociale de la France. Il le reconnait enfin ! Il veut aller plus vite dans les réformes, les entrepreneurs de CroissancePlus le prennent au mot. Mais les mesures engagées ne suffiront pas à améliorer la situation de l’emploi. Il doit aller au-delà du contrat de génération et des contrats aidés. Il faut considérer toutes les formes d’emplois. Plus globalement, pour que les entreprises puissent mettre en place leur stratégie de développement puis embaucher, CroissancePlus demande depuis plusieurs années une stabilité fiscale, législative et réglementaire. Nous espérons que cette stabilité sera appliquée et qu’elle ira au-delà du quinquennat de François Hollande.

Le Président confirme zéro cotisation pour un salarié au SMIC, quel est votre sentiment ?

Les précisions apportées par François Hollande sur les baisses de la fiscalité et des charges sociales sont positives car attendues par les acteurs économiques. CroissancePlus milite fortement pour une baisse des charges salariales et patronales pour tous les salaires. Ne nous méprenons pas, il ne s’agit pas d’un cadeau aux entreprises. C’est plutôt la construction d’un cadre compétitif. Les salariés profiteront de hausses de salaires liées à ces baisses des charges. Mais ils doivent aussi accepter que ces allègements bénéficient à la création de nouveaux emplois, dès lors que les entreprises retrouveront le chemin de la compétitivité.

Le Président veut "améliorer la compétitivité" et "maintenir notre modèle social", est-ce vraiment deux idées soutenables ensemble ?

Ce projet est compliqué à mettre en place. Il faut que tous les acteurs concernés - Etat, Entreprises, Citoyens/salariés – y adhèrent. Pour arriver à un tel équilibre, il faut que les Français acceptent de faire des concessions dans leurs privilèges et qu’il y ait une révision des acquis sociaux. Le Président de la République a encore 3 ans pour mettre en place une politique économique et sociale audacieuse et équilibrée, afin que les entrepreneurs, leurs salariés et l’Etat travaillent ensemble pour le rayonnement de la France. Les entreprises doivent s’engager à créer des emplois s’il y a croissance. Quant à l’Etat, il doit baisser drastiquement ses dépenses publiques car ce gaspillage n’est plus supportable pour la France.

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