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Jean Castex Edouard Philippe
Jean Castex Edouard Philippe
©LUDOVIC MARIN / AFP

Discours de politique générale

Jean Castex, l'anti-Edouard Philippe...

Anita Hausser décrypte le discours de politique générale de Jean Castex à l'Assemblée nationale. Après un hommage appuyé à son prédécesseur, Edouard Philippe, le nouveau Premier ministre a décliné les enjeux de la fin du quinquennat ainsi que les réformes et les projets qui seront menés.

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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S'il avait le trac, il l'a bien dissimulé. Le nouveau Premier ministre a prononcé son premier discours de politique générale avec ce mélange d'assurance et de modestie avec lequel les Français commencent à se familiariser depuis son installation à Matignon il y a moins de dix jours. Il dit s'adresser à "la France du bon sens et de la raison. Une France que nous devons aujourd'hui écouter et mieux considérer". Et si  des applaudissements nourris sur les bancs de la majorité ont ponctué l' indispensable hommage à son prédécesseur,("L’histoire retiendra aussi le courage et le sang-froid avec lesquels Edouard Philippe a affronté la crise... Les réalisations qui sont à son actif, et à celui de l’ensemble de ses ministres, sont considérables"...), ils n'étaient pas assez forts pour  troubler l'orateur. S'il se retrouve  aujourd'hui chef du gouvernement, chef de la majorité, c'est parce qu'il incarne "le nouveau chemin" voulu par Emmanuel Macron, mais surtout une nouvelle méthode, une autre approche des problèmes qui passe par le dialogue social et "les territoires", car c'est "la France des territoires qui détient en large part les leviers du sursaut collectif. Les territoires, c'est la vie des gens. Libérer les territoires, c'est libérer les énergies".L'énarque Castex puise sont inspiration chez le maire de Prades (9000 habitants), Jean Castex, jusque là étiqueté à droite. Edouard Philippe, à la tête d'une ville de près de 200.000 habitants, ne portait pas le même regard sur "les territoires" auxquels il disait vouloir "donner toutes leurs forces", mais avec lesquels les relations se sont tendues au fil des mois. Jean Castex en est convaincu, Emmanuel Macron également, dorénavant, il faut changer de braquet pour vaincre la crise économique et sociale qui arrive, la plus grave depuis la fin de la deuxième guerre mondiale qui a certes révélé les "ressources" de notre pays, mais "surtout ses faiblesses". Car le constat de Jean Castex est sans appel:" l'intendance ne suit plus". Qui pourrait le démentir ? Pour y remédier, le Premier Ministre met un plan de relance de cent milliards sur la table pour à la fois soutenir l'emploi, (- celui des jeunes en particulier, avec 300.000 parcours et contrats d'insertion), transformer l'appareil productif en développant les technologies d'avenir, en réduisant la dépendance de la France  "dans certains secteurs stratégiques, et en réduisant notre empreinte carbone (- il veut y consacrer 40 milliards).

Cet ambitieux programme économique s'accompagne d'un volet régalien. Emmanuel Macron avait déclaré que la haine est inacceptable". Les violences, le communautarisme non plus. Le gouvernement ne cesse de marquer son soutien aux policiers et aux gendarmes. Afin de mieux lutter contre " les séparatismes", une loi est en cours d'élaboration. Et elle ne restera pas dans les tiroirs. Le Premier ministre veut se donner les moyens de remédier à " l’impuissance publique qui fait le lit du discrédit de la volonté politique". Et tant pis si c'est le motif invoqué par des députés écologistes dissidents de LREM pour refuser la confiance au gouvernement. Pour Jean Castex il "est urgentissime de faire évoluer le logiciel de l’action publique". Il a fait limoger le secrétaire Général du Gouvernement, rouage essentiel de cette action. Si on ajoute que le Premier Ministre se fait fort de faire aboutir une autre réforme des retraites, et assure que les impôts n'augmenteront pas qu'il fait une ode à la République, dont" la laïcité est la vertu cardinale, le fer de lance de lance de la société", son programme laisse peu d'espace à la droite républicaine, même si le président du groupe LR lui a reproché de ne pas avoir parlé de l'énergie nucléaire, et d'oublier les jeunes diplomés dans son plan pour l'insertion des jeunes. "Xavier Bertrand aurait pu prononcer ce discours" commentait d'ailleurs un proche du Président de la Région Hauts de France.

"Nous avons 600 jours pour bâtir les fondations du monde de demain", autant de temps pour permettre à Emmanuel Macron de briguer un second mandat. Et à cet égard la mise en oeuvre de ce vaste programme s'inscrit bien dans la perspective des " dix ans" déjà évoqués par le Chef de l'Etat. Mais ce qui importe, c'est de lancer une dynamique.

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