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Jacques Anquetil versus Raymond Poulidor : comment les rivaux du Tour de France sont devenus amis
©STAFF / AFP

Bonnes feuilles

Jacques Anquetil versus Raymond Poulidor : comment les rivaux du Tour de France sont devenus amis

Au fil des courses, grâce aussi à des entretiens avec les acteurs et témoins de l’époque, cet ouvrage retrace, année par année, mois par mois et, parfois, au jour le jour, la décennie d’une confrontation qui a passionné la France, entre deux champions qui, après, débarrassés de leur rivalité, sont devenus les meilleurs amis du monde. Extrait du livre Le Duel Anquetil - Poulidor : Histoire d'une confrontation", écrit par Didier Béoutis et publié chez Mareuil éditions (1/2).

Didier Béoutis

Didier Béoutis

Didier Béoutis est historien et écrivain passioné de cyclisme. Il est énarque, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris.

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Une confrontation qui a marqué le cyclisme des années 1960

Il a été écrit de nombreuses biographies sur Jacques Anquetil, dans lesquelles il est, notamment, question de Raymond Poulidor, son principal adversaire des années 1960. De même, il a été publié un grand nombre d’ouvrages sur Raymond Poulidor, dans lesquels Jacques Anquetil occupe une place certaine. Plusieurs livres, sous forme de notices individuelles alphabétiques, évoquent le Normand à la lettre « A », puis, plusieurs dizaines de pages après, le Limousin à la lettre « P ».

Jusqu’à présent, il n’a pas, à ma connaissance, été publié d’ouvrages évoquant simultanément Anquetil et Poulidor, tout au long de leur dix années de présence commune au sein des pelotons professionnels, de 1960 à 1969.

Ces dix années constituent la seconde partie de la carrière d’Anquetil, commencée en 1952 avec la victoire au championnat de France des amateurs à Carcassonne, et en 1953, avec le premier de ses neuf succès au Grand Prix des nations contre-la-montre. Ces mêmes années forment la première partie de la carrière de Raymond Poulidor, qu’il poursuivra jusqu’à la fin de 1977. Donc, la décennie « soixante » est précédée de huit années d’activités cyclistes de Jacques Anquetil et suivie de huit années d’activités cyclistes de Raymond Poulidor. Mais cette décennie comprend les plus belles années de l’un comme de l’autre, qui ne sont séparés que de deux ans et trois mois en âge (le « capricorne » Anquetil, étant né le 8 janvier 1934, et le « bélier » Poulidor, ayant vu le jour le 15 avril 1936).

Comment le jeune Poulidor s’est imposé d’emblée chez les professionnels ; à quel moment Anquetil a pris conscience que le Limousin allait menacer sa situation de meilleur coureur français ; comment leurs directeurs sportifs et managers respectifs ont organisé les équipes, les programmes, en fonction de «  l’autre  »  ; comment chacun des champions a réagi aux victoires et aux échecs de l’adversaire ; à quels moments et comment les deux coureurs ont choisi l’affrontement ou la neutralité, préférant ne pas s’aligner dans une compétition où figurait le concurrent, ou alors, favorisant la victoire d’un tiers, équipier ou non  ? On remarquera que la présence de l’un constituait un stimulant pour l’autre. Le « Diabolique » et l’« Innocent », comme les avait surnommés le journaliste Pierre Chany en 1966, ont-ils toujours eu les comportements que suggèrent ces qualificatifs ? L’un évoluait-il réellement dans un « gang » et l’autre dans un «  séminaire  », comme l’avait avancé Antoine Blondin ? Le champion populaire, qui fit un jour un tour d’honneur chaussé de ses « charentaises » était-il plus «  pantouflard  » que son adversaire  ? On s’amusera aussi des effets de cette opposition exacerbée : Anquetil, qui réclame son déclassement d’un challenge où il est devancé par Poulidor, ou sa méfiance, lors des premières étapes d’un Tour d’Italie, envers le modeste… Polidori qui le précédait d’une place au classement général ! 

Au fil des courses, grâce aussi à des entretiens avec les acteurs et témoins de l’époque, cet ouvrage retrace, année par année, mois par mois et, parfois, au jour le jour, la décennie d’une confrontation qui a passionné la France, entre deux champions qui, après, débarrassés de leur rivalité, sont devenus les meilleurs amis du monde.

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