L’Iran, le grand absent du discours de politique internationale d’Obama | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
International
Barack Obama prend-il assez au sérieux la menace iranienne ?
Barack Obama prend-il assez au sérieux la menace iranienne ?
©

Au lendemain du printemps arabe

L’Iran, le grand absent du discours de politique internationale d’Obama

Le dernier discours du Président Obama sur le Moyen-Orient est l’intervention la plus importante de la maison blanche depuis le discours du Caire à l’université islamique Al-Azhar en 2009.

Ardavan Amir-Aslani

Ardavan Amir-Aslani

Ardavan Amir-Aslani est avocat et essayiste, spécialiste du Moyen-Orient. Il tient par ailleurs un blog www.amir-aslani.com, et alimente régulièrement son compte Twitter: @a_amir_aslani.

Voir la bio »

Ce discours visait à traduire la stratégie des États-Unis au lendemain du printemps arabe au Moyen-Orient et en Afrique du nord. Personne n’ignore que jusqu’à ce discours, l’Iran a toujours été la préoccupation majeure des États-Unis au Moyen Orient. L’Iran, de par sa quête du nucléaire, de son soutien à des mouvements comme le Hamas ou le Hezbollah, de par ses prises de position sur le conflit sectaire au Bahreïn et en Syrie est au centre de tous les enjeux, non seulement du monde arabe, mais aussi du conflit-israélo-palestinien, ou encore de la question afghane.

Étonnamment, sur un discours de 45 minutes, la question iranienne n’a englobé que trois courts paragraphes.  Le nom « Iran » a été cité six fois et celui de Téhéran quatre fois. Une couverture quasi négligeable compte tenu de l’importance de ce pays et du rôle que joue l’Iran, dans un sens comme dans un autre, dans tous les conflits du proche et du moyen orient. Cette absence de l’Iran du corps de ce discours est d’autant plus interpellant que les pays arabes et le conflit israélo-palestinien y ont occupé une place centrale. C’est à croire qu’Obama voulait ménager l’Iran. Cette nouvelle politique de gants de velours à l’égard de l’Iran est aussi démontrée par le relâchement de la politique de visa pour les étudiants iraniens au lendemain même de ce discours (visa de deux ans multiple au lieu de trois mois entrée simple). L’Iran y est épargné et récompensé.

En fait, les américains ont compris que le rôle régional et international joué par l’’Iran est de nature à (pouvoir) aussi bien faciliter qu’à contrecarrer la politique américaine au moyen orient. Il ne peut y avoir de paix global entre israéliens et palestiniens sans au moins la neutralité du Hezbollah ou la bienveillance constructive du Hamas. Or ces deux mouvements sont profondément liés à l‘Iran. Parallèlement, le soutien que l’Iran apporte au régime syrien ou celui davantage moral que ce pays  procure à la majorité chiite persécutée du Bahreïn fait que l’Iran et les États-Unis s’opposent sur des dossiers majeurs.

Ce discours doit être interprété comme un virage de la politique américaine sur la question iranienne. La maison blanche semble avoir pris conscience du rôle incontournable de l’Iran dans cette région que ce pays considère comme étant sa zone naturelle d’influence. D’où d’ailleurs le recours au qualificatif de golfe persique par les iraniens à l’exclusion du libellé de « golfe » ou golfe arabo-persique » plus communément usité par les pays de la région ou encore les pays européens.

Les récents évènements du Pakistan ont également assommé les américains. Il ne s’agit pas tant de la vie tranquille qui y a coulé Ben Landen que l’attaque d’un groupuscule de Taliban contre une base de troupes d’élites de l’aéronavale pakistanaise à Karachi. Amérique tremble à l’idée d’un basculement du Pakistan dans le sunnisme à l’image des Talibans. Dans ce scénario catastrophe, Obama a du s’estimer heureux d’avoir épargné l’Iran dans son discours. L’ennemi de mon ennemi étant mon ami, l’Iran chiite ne serait-il pas le prochain bouclier américain contre les Talibans Pakistanais ? Heureusement que l’Iran a été ménagé dans ce discours d’Obama….

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !