Investitures LREM : une démocratie de perlimpinpin ? Le témoignage d'une recalée | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Europe
Investitures LREM : une démocratie de perlimpinpin ? Le témoignage d'une recalée
©Reuters

Renouveau

Investitures LREM : une démocratie de perlimpinpin ? Le témoignage d'une recalée

Témoignage d'une candidate recalée au profit d'un proche du député PS sortant. Les candidats de la première heure doutent que leur dossier ait été réellement étudié.

Anne Petit

Anne Petit

Anne Petit dispose d’une expérience de plus de 20 ans dans l’accompagnement des entreprises et des dirigeants dans un environnement multiculturel (Asie, Europe, Amérique Latine et Etats-Unis).

Installée à Barcelone depuis 2009, elle s'occupe de l’accompagnement des sociétés internationales implantées en Espagne (notamment dans la gestion juridique de leur capital humain) et dans la défense des dirigeants expatriés ou détachés dans ce pays.

Elle a commence sa carrière chez Baker & McKenzie avant de rejoindre le cabinet Watson Farley Williams, puis le service juridique de la  société Bertelsman Music Group et enfin le département droit des affaires et des organismes sans but lucratif d’EY (Ernst & Young).

Anne Petit est titulaire d’un Master français de droit privé, d’un Master américain de droit international et d’un Master espagnol de droit social. Elle intervient en français, en anglais, en espagnol et en portugais.

 
Voir la bio »

Il y a un an naissait le mouvement "En Marche" avec ses promesses de renouveau, de transparence, de suppression de l'entre-soi, de la fin des vieilles pratiques partisanes, de l'ouverture vers la société civile.

Nous avons été nombreuses et nombreux, en Espagne et ailleurs, à être séduits par cette nouvelle approche de la politique et à nous investir dès le premier jour dans cette aventure incroyable. Nous avons activé nos réseaux, échangé pour convaincre les Français installés en Espagne que le meilleur projet était celui d'Emmanuel Macron. Partis sur notre lancée, nous avons décidé de déposer notre candidature aux législatives dans cette 5e circonscription des Français de l'étranger (Espagne, Portugal et Monaco), intéressés par cette nouvelle forme de "recrutement" « d’une objectivité et d’une impartialité sans précédents » des futurs députés (envoi d'un CV, réponse à un questionnaire et rédaction d’une lettre de motivation) et persuadés que le seul critère de choix serait la qualité des candidats, sur la base de la transparence, de l’impartialité et de l’objectivité.

Aujourd’hui, jeudi 11 mai à 17 heures, nos illusions se sont instantanément envolées à l’annonce de l'investiture de  Samantha Cazebonne, proche d’Arnaud Leroy, le député PS sortant. Cette nomination vient confirmer les rumeurs qui affluaient dans la circonscription depuis plusieurs semaines, selon lesquelles Arnaud Leroy verrouillerait en réalité directement cette investiture locale, au détriment des nombreux autres candidats de la première heure qui, à ce jour, doutent que leur dossier ait été réellement étudié et n’ont reçu aucun retour de la part d’En Marche avant la nuit de jeudi à vendredi, après la conférence de presse. Sans compter que tous les responsables locaux des comités concernés n’ont pas été consultés sur cette candidature.

Par ailleurs, Francis Pisani (frère de Jean Pisani-Ferry, le responsable du programme et des idées économiques du candidat Emmanuel Macron), avait déjà été propulsé aux commandes du comité "En Marche" de Barcelone, dès le lendemain du 1er tour des présidentielles, évinçant ainsi le responsable en place depuis 8 mois.

Enfin, et contrairement a ce qui a été dit il est par ailleurs matériellement impossible que les candidats aux législatives des circonscriptions des Français de l’étranger aient été informés seulement aujourd’hui de leur investiture puisque les délais pour déposer leur candidature officielle couraient entre le 8 et le 12 mai.

Tout ça pour ça, tous ces discours sur le mouvement citoyen, la volonté de "refonder par le bas", l'engagement récompensé, tout ça pour ça.

Aujourd'hui, nous ne demandons pas à la commission d'investiture de revenir sur sa décision, ni à Monsieur Pisani de quitter la tête du Comité local, nous pensons simplement à toutes celles et à tous ceux qui ont cru à ce mouvement et qui ressentent le goût amer de la trahison et de la duperie, rattrapés par les manigances et les petits arrangements entre "amis".

Ces moments nous font penser à Giuseppe Tomasi di Lampedusa dans le Guépard, "Que tout change, pour que tout reste semblable".

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !