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Selon une étude de ComScore, le nombre d'utilisateurs de Facebook a diminué de mars à mai aux Etats-Unis.
Selon une étude de ComScore, le nombre d'utilisateurs de Facebook a diminué de mars à mai aux Etats-Unis.
©Reuters

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Info/intox : Le nombre d'utilisateurs de Facebook a-t-il vraiment baissé ?

Haro sur Facebook : après une entrée en bourse désastreuse, une étude annonce que le nombre d’utilisateurs uniques de Facebook aux Etats-Unis aurait diminué… sauf que l’étude en question ne prend pas en compte les connexions depuis les téléphones mobiles, qui sont en plein boom. De l’art de faire parler les chiffres.

Alexandre Villeneuve

Alexandre Villeneuve

Alexandre Villeneueve est associé de JIN, une agence de conseil en communication d'influence, spécialisée dans le digital. Il exerce en tant que Directeur Conseil et Qualité.

Il est co-auteur avec Edouard Fillias du blog E-Reputation et du livre E-Reputation (Ellipses - 2012).

 

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Atlantico : Selon une étude de ComScore, le nombre d'utilisateurs de Facebook a diminué de mars à mai aux Etats-Unis. Les utilisateurs qui se sont connectés sur le réseau social depuis leur téléphone n’ont cependant pas été pris en compte. Peut-on alors dire que leur nombre a effectivement baissé ?

Alexandre Villeneuve : Personnellement, je ne vois pas l’intérêt de publier une étude sans prendre en compte les connexions mobiles en vue de la progression de l’application Facebook, qui est l’une des plus utilisées après les applications e-mail. Regardez autour de vous : les gens dans le métro sont tous connectés… Facebook a annoncé une croissance mobile très forte, non seulement aux Etats-Unis, mais aussi en Inde, en Indonésie et au Brésil.

Selon le rapport publié par Facebook en 2012, l’Inde enregistre une croissance de 107% sur un an, principalement basée sur le mobile. Les « mobinautes » sont très nombreux dans les pays en voie de développement, parce que le mobile y est utilisé comme un ordinateur pas cher.Le nombre d’utilisateurs sur mobile a progressé de près de 70% en 2012 par rapport à l’année passée, deux fois plus vite que le nombre global d’utilisateurs. L'étude de Comscore est d’autant moins significative que la connexion Ipad peut être considérée comme une connexion mobile.

Qui plus est, ComScore prend en compte le nombre d’utilisateurs actifs. La baisse annoncée signifie uniquement qu’un nombre légèrement plus faible d’inscrits se sont connectés au moins une fois dans le mois. En même temps, le nombre de comptes créés continue à progresser. Il est donc possible que les utilisateurs de Facebook sur leur ordinateur se soient connectés moins assidûment, parce qu’ils ont l’occasion de se connecter sur leur téléphone.

L’interface mobile n’est-elle pas moins fonctionnelle ? Un « mobinaute » ne devra-t-il pas se connecter sur son ordinateur au moins une fois par mois pour profiter de toutes les possibilités offertes par Facebook ?

Non, les fonctionnalités les plus importantes sont accessibles sur l’application mobile. Du moins sur Iphone, pour un usage standard.

Autre explication possible : l’entrée en bourse de Facebook a-t-elle pu mécontenter certains usagers, qui en conséquence se sont connectés moins souvent ?

Non, à part quelques campagnes virales, les internautes ne s’intéressent pas plus que ça à l’entrée en bourse de la plateforme. Il y a très peu de suppressions de comptes de manière générale.

Et la saturation du marché américain ?

75% des internautes américains utilisent Facebook, il y a donc forcément une saturation. Avec 200 millions d’internautes aux Etats-Unis, Facebook ne regarde plus vers le nombre d’utilisateurs dans ce pays. Ce qui est important aujourd’hui, c’est de trouver des moyens de gagner de l’argent, ce qui s'avère difficile, malgré le grand nombre d'utilisateurs. Par exemple, l’un des projets en cours est de faire payer les internautes pour améliorer leur visibilité sur les murs de leurs contacts. Pour une somme modique, nos actualités peuvent être vues par un maximum de personnes. Mais ce genre de fonctions ne rapporte pas beaucoup d’argent, ce que regrettent les investisseurs.

Qu’en est-il des possibilités de croissance de Facebook dans les puissances émergentes ?

Les possibilités sont immenses, comme en Inde, au Brésil et en Indonésie, qui, pour le coup, utilisent des mobiles. Avec certaines limites : la Chine a un très fort potentiel, mais Facebook y est toujours interdit et je ne pense pas qu’il y aura d’ouverture. Au mieux, on peut imaginer qu’on trouvera un accord pour créer une version chinoise de Facebook particulièrement limitée.

Propos recueillis par Ania Nussbaum

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