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Incroyable mais vrai : même la Corée du Nord a maintenant sa minorité d'oligarques richissimes
©Damir Sagolj / Reuters

Олигарх

Incroyable mais vrai : même la Corée du Nord a maintenant sa minorité d'oligarques richissimes

Dans Pyongyang, la capitale et la vitrine de la Corée du Nord, une petite élite profite d'un accès sans précédent aux produits de luxe et aux restaurants chics.

Ils adorent la mode façon Zara et H&M, ils aiment se faire voir, ils boivent des cappuccinos pour montrer comment ils sont cosmopolites et certains se sont fait refaire les paupières pour paraître plus occidentaux. Les plus riches Nord-Coréens résident désormais dans" Pyonghattan", contraction de Pyongyang et Manhattan, sorte d'univers parallèle. Il y aurait 60 000 familles que l’on pourrait qualifier de nouveaux riches, soit 1% de la population. Ils vivent dans l’aisance, en décalage avec le reste de la population. Et ils consomment, explique sur un blog France TV info.

Des boissons et des desserts pour environ 10 dollars

"Nous sommes censés nous habiller de façon conservatrice en Corée du Nord, c'est pourquoi beaucoup de gens aiment se rendre dans des salles de gym pour montrer leur corps, montrer un peu de peau", raconte Lee Seo-hyeon, 24 ans, au Washington Post. Les femmes aiment porter des leggings et des tops moulants.

Quand les jeunes se rendent en Chine, ils voyagent avec des listes de courses pour leurs amis. Dans un complexe de loisirs, au centre de Pyongyang, ils courent sur des tapis roulants face à des écrans diffusant des dessins animés de Disney. Ce complexe dispose également d'un restaurant chic où la plupart des boissons sont vendus entre 4 et 8 dollars, avec un moka glacé à 9 dollars.

Les Donju, les maîtres de l'argent

La Corée du Nord demeure, dans son ensemble, économiquement arriérée. Son industrie s'est complètement effondrée et même à Pyongyang, le salaire officiel reste inférieur à dix dollars par mois. Mais l'apparition d'entrepreneurs ces dernières années a créé une classe de nouveaux riches, les "Donju" (les maîtres de l'argent) dans la capitale. Une série de réformes, limitées, a permis à une économie de marché de se constituer marginalement, notamment à Pyongyang où plusieurs marchés alimentaires, restaurants et magasins ont ouvert. Le régime essaye également d’attirer des investisseurs étrangers via des campagnes publicitaires, en baissant les taxes et en proposant une main d’œuvre bon marché, qualifiée - et disciplinée - souligne le site Contrepoints. Les Donju détiennent généralement des positions officielles au sein du gouvernement, dans les ministères ou l'armée, gèrent des entreprises d'Etat à l'étranger et tentent d'attirer des investissements en Corée du Nord.

Parcs d'attractions et station de ski

Le leader Kim Jong Un, 33 ans, est favorable, dans une faible mesure, à l'économie de marché. Il a pour priorité d'améliorer la vie de ses compatriotes et a ordonné la construction de parcs d'attractions, de parcs aquatiques et de skateparks, d'un delphinarium et d'une station de ski. Autour de la capitale, les terrains de volley-ball et de tennis sont pleins de jeunes, remarque le Washington Post. Des journalistes de ce quotidien se sont rendus dans la capitale et ont pu déguster sept sortes de bières. Au menu, il y avait un steak avec une pomme de terre cuite au four pour 48 dollars. Mais, dès leur arrivée, les serveurs ont tiré un rideau de bambou devant leur table. A Pyonghattan, la discrétion est primordiale.

Saumon norvégien et bœuf australien

D'autres signes extérieurs de richesse ont fait leur apparition. Cinq ou six compagnies de taxi tournent dans la capitale et certaines personnes se promènent avec des chiens de compagnie, une chose encore impensable il y a quelques années. Près de 3 millions de Nord-Coréens, sur une population de 25 millions, possèdent des téléphones portables. Enfin, un supermarché propose de la viande de bœuf australien, du saumon norvégien, de la bière artisanale, le tout à des prix astronomiques. Mais il y a des limites à l'extravagance. Les tops sans manches et les jupes trop courtes sont proscrits, comme la teinture des cheveux. "Si vos vêtements sont trop radicaux ou s'ils ne sont pas en règle avec le style nord-coréen, la police peut prendre votre nom qui sera diffusé à la radio", explique Lee Seo-hyeon. La chirurgie esthétique est devenue monnaie courante, surtout celles des opérations des paupières et du nez afin d'occidentaliser les visages. Pour les paupières, il faut compter entre 50 à 200 dollars, selon la renommée du praticien.

Une grande misère et des coupures d'électicité

Cependant, souligne l'agence Reuters, Pyongyang n'est pas encore Dubaï et il est souvent très difficile d'obtenir un bon repas après 22 heures... en raison des coupures d'électricité. Il ne faut pas oublier que la grande majorité des Nord-Coréens est toujours engluée dans une grande pauvreté et que cette ouverture à la consommation est réservée aux plus riches...  

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