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Il résiste encore et toujours : les origines Taybeh, dernier village chrétien de Palestine
©Reuters

Bonnes feuilles

Il résiste encore et toujours : les origines Taybeh, dernier village chrétien de Palestine

Taybeh, environ 1 300 âmes, est un petit village à une trentaine de kilomètres au nord de Jérusalem, non loin de Ramallah, dans les fameux territoires palestiniens qui se trouvent de l'autre côté du Mur de séparation. Sa particularité ? C'est d'être le dernier village entièrement chrétien de Terre sainte. Extrait de "Taybeh, dernier village chrétien de Palestine", de Falk Van Gaver et Kassam Maaddi, publié aux éditions du Rocher (2/2).

Falk  van Gaver

Falk van Gaver

Falk van Gaver, diplômé de l'Institut d études politiques de Paris, est journaliste, essayiste et écrivain-voyageur. Il réside actuellement en Polynésie.

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Kassam Maaddi

Kassam Maaddi

Kassam Maaddi, diplômé du Centre universitaire d'enseignement du journalisme de Strasbourg et de l'Université de Birzeit, est journaliste en Palestine et co-directeur du département du développement de la jeunesse de Caritas Jérusalem.

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Déjà le temps fraîchit petit à petit, le vent souffle sur Taybeh perchée sur ses rochers, dominant ses milliers d’oliviers. Taybeh, village toujours chrétien, Éphraïm antique, qui vit au rythme des saisons et des liturgies, sous la protection de saint Georges et de Notre-Dame d’Éphraïm.

Les habitants de Taybeh sont fiers de leur identité chrétienne, qu’ils font remonter jusqu’au Christ. L’ancien nom de Taybeh est en effet Éphraïm, village biblique cité notamment dans l’évangile de Jean

Dès ce jour-là donc, ils résolurent de le tuer. Aussi Jésus cessa de circuler en public parmi les Juifs ; il se retira dans la région voisine du désert, dans une ville appelée Éphraïm, et il y séjournait avec ses disciples (Jn 11,53-54).

Dernier refuge du Christ avant les événements de Jérusalem, Taybeh est également le dernier village entièrement chrétien de Cisjordanie – et de toute la Terre sainte. Son antiquité chrétienne est attestée par les ruines de l’église byzantine dite d’El-Khader, qui contient un baptistère monolithe du ve siècle – et qui accueille aussi les célébrations oecuméniques du village. Car, pour mille trois cents habitants, Taybeh compte trois paroisses : orthodoxe, melkite et latine. Depuis dix ans, le père Raed Abusahlia, curé latin de Taybeh, originaire de Zababdeh, dans le nord de la Cisjordanie, s’investit pour dynamiser la vie du village, conduisant de nombreux projets économiques qui ont amélioré le quotidien des habitants : entre autres, un pressoir moderne à huile d’olive, un atelier de céramiques et d’artisanat, une maison d’accueil des personnes âgées… Tandis que le pressoir attend la récolte d’octobre pour la cuvée d’huile d’olives, l’atelier artisanal du vieux pressoir reprend son rythme de croisière, pour fournir ses fameuses lampes de la paix aux églises du monde entier et du travail aux habitants du village – car quoi de plus précieux, ici, qu’un travail qui permet de rester dans son pays ancestral et d’éviter une douloureuse expatriation ?

Extrait de "Taybeh, dernier village chrétien de Palestine", de Falk Van Gaver et  Kassam Maaddi, publié aux éditions du Rocher. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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