Hostiles à la religion, à gauche et très méfiants à l’égard de l’économie de marché... Que pensent les penseurs français aujourd'hui ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Société
Hostiles à la religion, à gauche et très méfiants à l’égard de l’économie de marché... Que pensent les penseurs français aujourd'hui ?
©Pixabay

Bonnes feuilles

Hostiles à la religion, à gauche et très méfiants à l’égard de l’économie de marché... Que pensent les penseurs français aujourd'hui ?

Science, économie, politique, religion, à travers un sondage auprès de 2 000 enseignants-chercheurs français, toutes disciplines confondues, cet ouvrage analyse les opinions et valeurs des universitaires, à l’heure où ceux-ci participent aux débats publics et politiques et forment une grande partie des élites du pays. Extrait de "Que pensent les penseurs ?", de Abel François et Raul Magni-Berton, publié chez PUG (Presses Universitaires de Grenoble) (1/2).

Abel  François

Abel François

Abel François est maître de conférences à l’université de Strasbourg et professeur à l’École de Management Strasbourg (LARGE).

Voir la bio »
Raul Magni-Berton

Raul Magni-Berton

Raul Magni-Berton est actuellement professeur de science politique à Sciences Po Grenoble. Il est également auteur de notes et rapports pour le think-tank GénérationLibre.

 

Voir la bio »

Il ressort de notre étude plusieurs tendances fortes, qui distinguent les scientifiques de l’ensemble de la population. Les universitaires sont avant tout hostiles à la religion, orientés politiquement à gauche et très méfiants à l’égard de l’économie de marché. Bien entendu, leurs opinions sur la science varient fortement selon leur domaine de recherche mais, quelle que soit leur discipline, ils gardent des attitudes religieuses, politiques et économiques spécifiques. Ce sont ces spécificités que ce livre vise à décrire et à expliquer.

Cette question des valeurs et des opinions des universitaires et chercheurs dépasse le cadre du milieu académique et a des répercussions pour l’ensemble de la société pour plusieurs raisons. En premier lieu, le lien entre recherche, innovation et croissance a été mis en évidence depuis longtemps. Or l’activité de recherche est nécessairement influencée par les opinions et valeurs de ses propagandistes. Mieux les connaître c’est donc mieux connaître les ressorts, les motivations des acteurs de la recherche, ainsi que les mérites et les limites de leur capacité à juger des innovations et transformations sociales. Ensuite, les universitaires et une grande partie des chercheurs ont une activité de formation dans le supérieur, quel que soit le lieu de cette formation au sein des universités ou des écoles. Au-delà de la neutralité scientifique, les valeurs et opinions des enseignants du supérieur peuvent intervenir dans leurs enseignements et dans les décisions au sein des organes de direction des établissements. Enfin, en tant qu’experts, les universitaires et les chercheurs sont régulièrement invités à participer au débat public, soit par des apparitions médiatiques avec une parole publique soit par la production d’expertises pour l’administration, des associations ou des entreprises. Au final, une meilleure connaissance des valeurs, croyances et opinions des universitaires, nous aide à mieux comprendre indirectement leur activité de recherche, tant sa forme et son volume que ses contenus, ainsi qu’à mieux appréhender les choix d’enseignements et d’organisation de l’enseignement et de la recherche, mais aussi à mieux étudier les prises de position publique de ces experts.

Extrait de "Que pensent les penseurs ? - Les opinions des universitaires et scientifiques français", de Abel François et Raul Magni-Berton, publié chez PUG (Presses Universitaires de Grenoble), 2015. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !