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François Hollande a soigneusement évité depuis mercredi les sujets qui fâchent.
François Hollande a soigneusement évité depuis mercredi les sujets qui fâchent.
©Reuters

C'est compliqué...

Hollande et les infortunes de l’unité nationale

Depuis mercredi, François Hollande s'est caché derrière un air grave de circonstance, pour se garder d'aborder les sujets qui fâchent.

Google et Yahoo, internet

Serge Federbusch

Serge Federbusch est président d'Aimer Paris et candidat à l'élection municipale de 2020. Il est l'auteur de La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie, et de Nous-Fossoyeurs : le vrai bilan d'un fatal quinquennat, chez Plon.

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Cherchant, comme à son habitude, à tirer parti des situations en minimisant son exposition personnelle, François Hollande a sur-joué depuis mercredi un air grave et contrit de circonstance tout en escamotant les sujets délicats, notamment le débat sur la présence du Front National dans une manifestation. Il a laissé Dray, Valls, Cambadélis & Co s'empêtrer dans des querelles d'interprétation du politiquement correct.

Résultat : le soupçon de récupération politicienne a commencé à enfler sur les réseaux sociaux. "La France a tenu bon" a dit Hollande dans son allocution, en pensant tellement fortement à lui que cela s’entendait. Quant aux conditions rocambolesques de la cavale des frères Kouachi et au sort des otages tués, ils furent à peine évoqués... Mais cela viendra vite quand le climat de concorde construit par les médias se dissipera.

Lire également : Charlie Hebdo : qui est l’ennemi ? Ce qu’il faut comprendre de l’islam pour sortir de la grande confusion intellectuelle ambiante

De même, l’obstination du discours présidentiel à dresser une séparation étanche entre un islam bien sous tous rapports et le terrorisme relève d’une langue de bois désormais usée. Le Coran, comme la plupart des textes dits sacrés, est plein de contradictions et d’interprétation divergentes des disciples. Le seul sort promis aux apostats, voués à la mort selon certaines traditions ou seulement méprisés par d’autres, démontre que la violence y est parfois légitimée. Il faudra bien qu’un jour la question soit posée plutôt que systématiquement évacuée dans la logorrhée présidentielle.

Les rassemblements de soutien à Charlie Hebdo, où l'on a vu infiniment peu de femmes voilées ou d'hommes portant tunique, soit dit en passant, servent d’abord à Hollande à tenter de recoller les morceaux avec une gauche de la gauche pour qui le journal satirique était encore un brevet de radicalité. Sûr qu'il y aura beaucoup de bobos pour défiler dimanche, comme on a vu Hidalgo, Delanoë et Nathalie Kosciusko-Morizet fraterniser sur la place de la République des bons sentiments.

Hélas pour Hollande, Besancenot et Mélenchon font déjà défaut. D'autres suivront et, si elle était moins prompte à tomber dans les panneaux politiciens, la droite le renverrait à ses calculs sans craindre les foudres de la presse socialisante et subventionnée ou regretter de ne pas poser avec Cameron et Merkel sur les photographies. Bah, pour Hollande cela suffira peut-être à limiter la casse aux prochaines cantonales...

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