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Hervé Mariton lance ce mercredi 11 décembre son mouvement "Droit au cœur".
Hervé Mariton lance ce mercredi 11 décembre son mouvement "Droit au cœur".
©Reuters

Sur le long terme

Hervé Mariton : "Libéraux et conservateurs, nous voulons assumer des idées qui ne sont pas faciles à porter en France"

Le député de la Drôme lance ce mercredi 11 décembre son mouvement, "Droit au cœur", dont l'ambition est de peser dans l'élaboration du programme du candidat UMP en 2017.

Hervé Mariton

Hervé Mariton

Hervé Mariton est ancien ministre, député-maire de Crest, délégué  général de L’UMP chargé du projet, et président de Droit au Cœur.

 

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Atlantico : Selon un secrétaire national de l'UMP cité par Le Point, la dernière mode au sein du parti de la rue de Vaugirard est de lancer un mouvement quelconque. "L'AFP fait une dépêche reprise dans les journaux, on décroche un rendez-vous avec Sarkozy et... c'est tout. Généralement, plus personne n'en entend parler ensuite". Est-ce le destin qui attend Droit au cœur, le mouvement que vous lancez le 11 décembre ?

Hervé Mariton : Non, ça ne sera pas le cas. La création de Droit au cœur correspond à un vrai besoin et à une vraie demande. Nous lançons ce mouvement avec sérieux, dans la continuité du club Réforme et modernité qui a joué un rôle utile dans la réflexion et le débat. On ne fait pas ça pour une dépêche ou un rendez-vous… De rendez-vous, de toute façon, il n'y en a point eu.

Quel est l'objectif de ce mouvement ? 

Nous voulons porter un message de clarté. C'est quoi ? Hé bien quand on est dans la majorité, les Français ont toujours la possibilité de comparer entre ce que l'on dit et ce que l'on fait. Lorsque nous sommes dans l'opposition, ils ne le peuvent pas. Ils ont néanmoins le pouvoir d'évaluer la clarté de nos propositions.

Mais qu'entendez-vous par clarté ?

Nous devons être clairs sur tous les thèmes, sur la baisse des impôts, sur la place de l'État dans notre société, sur l'Europe avec une visions qui n'est pas protectionniste ou sur le refus de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, clairs sur les questions d'identité, sur les questions de société avec cette volonté d'abroger la loi Taubira sur le mariage pour tous, etc.

Il y a déjà pléthore de mouvements à l'UMP. A qui celui-ci s'adresse-t-il particulièrement ? 

C'est pour cela que le mouvement s'adresse à énormément de personnes, à tous ceux qui veulent s'engager, alors que Réforme et liberté était un mouvement très parisien. Nous nous présentons comme tout à fait loyaux à l'égard de l'UMP mais il n'est pas nécessaire d'être adhérent pour faire partie de notre mouvement. C'est une idée de synthèse : nous ne voulons pas nous laisser enfermer par cette vision qui veut que, parce que l'on est attaché aux libertés, nous devons forcément être mous sur les questions de société, et inversement.

C'est donc une forme de synthèse entre les Humanistes d'un côté et la Droite forte de l'autre ?

Aujourd'hui, nos concitoyens sont très demandeurs de liberté mais également de références, de repères. Clairement, je suis très en phase avec ce que les réformateurs disent sur les questions économiques. Quant à la Droite forte, elle a la vertu de la vigueur. On peut très bien enrichir le débat en étant clair. Être clair n'interdit pas la nuance mais exige de la précision. Parfois, les responsables politiques ont peur de rentrer dans le détail.

Pourquoi lancer ce mouvement maintenant alors que la présentation d'une motion, à l'automne dernier lors du Congrès, vous aurait permis de certainement plus peser dans les débats à l'UMP ?

Le débat de fond est important tout le temps : maintenant et lors des primaires en 2016, puis lors de la présidentielle de 2017. Nous devons défendre nos idées suffisamment fort et dès aujourd'hui pour que nos positions soient entendues par la suite. Ce travail, je l'assume complètement. Je suis un gentil garçon qui fait le boulot mais je veux que le mouvement ait son poids propre. Car je ne suis pas naïf : dans la vie politique, le travail sur le projet est bousculé lorsque les échéances électorales approchent. En 2017, nous aurons besoin d'un programme solide, crédible. Notre travail sur le projet doit donc avoir de la force.

Finalement, nous avons fait le choix lors du dernier congrès de l'UMP de fusionner avec la motion portée par Jean-Pierre Raffarin et Luc Chatel, "Pour un humanisme social, libéral et européen" mais j'avais envisagé, avec une dizaine de parlementaires, une motion appelée "LORE", pour Liberté, Ordre, République et Espoir. Elle se présentait comme libérale et conservatrice, deux idées qui ne sont pas faciles à porter en France. C'est dans la continuité de cette motion que s'inscrit Droit au Cœur.

Vous avez dit que vos propositions seraient centrées sur la "clarté et la liberté". Avez-vous déjà des exemples précis de propositions ?

Nous voulons vraiment insister sur le thème de la liberté. Dans le mode de fonctionnement de Droit au cœur, il y a un groupe de travail d'experts, Pont de la Concorde. Celui-ci propose par exemple un grand élan de privatisations, quand le mouvement boursier s'y prêtera, pour diminuer la dette de la France.

Concernant le logement, on arrive souvent à un empilement des modifications de la réglementation. L'enjeu principal est un enjeu d'offre. Il faut une meilleure garantie des droits du propriétaire, soit tout le contraire de ce que fait Mme Duflot.

Vous proposez l'abrogation du "mariage pour tous" dont vous avez été l'un des opposants les plus médiatisés durant les débats à l'Assemblée. Pourquoi poursuivre ce combat plus de sept mois après l'adoption de la loi ?

C'est consubstantiel à la place de la famille. Nous devons avoir une stratégie rassurante sur les notions de repères, de valeurs. L'abrogation du mariage pour tous va dans ce sens. Dans la même idée, j'ai été très critique de certaines actions de Nicolas Sarkozy mais je lui rends acte d'avoir lancé un débat sur l'identité nationale.

La liberté va avec la responsabilité. La liberté, c'est celle de l'homme dans une société où l'Etat ne prime pas. 

Propos recueillis par Sylvain Chazot

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