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Hervé lambel espère rassembler les entrepreneurs au-delà de la base du Medef.
Hervé lambel espère rassembler les entrepreneurs au-delà de la base du Medef.
©Reuters

Merci patron

Hervé Lambel : "Il faut aller chercher les patrons à l'extérieur du Medef"

Geoffroy Roux de Bézieux et Patrick Bernasconi ont annoncé leur ralliement au favori, Pierre Gattaz, dans la course à la présidence du Medef. Pour autant, Hervé Lambel estime que l'élection n'est pas jouée et souhaite faire entendre ses propositions.

Hervé Lambel

Hervé Lambel

Hervé Lambel est candidat à la présidence du Medef et co-fondateur du CERF (Créateurs d'emplois et de richesse en France).

D’une lignée d’entrepreneurs, il est diplômé de l’EPSCI (Essec). Il entre en 2000 à la CGPME, puis fonde en 2003 le CERF, dont il devient Président et porte-parole en 2004. Il fait notamment partie des premiers lanceurs d'alerte sur la crise économique et les problèmes de trésorerie des entreprises. Il est également le créateur d’HLDC, société de service et d’investissement.

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Atlantico : Jeudi 13 juin, Geoffroy Roux de Bézieux et Patrick Bernasconi se sont ralliés à Pierre Gattaz, candidat à la présidence du Medef. Ce qui fait de vous le dernier candidat en lice face à Pierre Gattaz. Pourquoi avoir choisi de rester dans la course ?

Hervé Lambel : Tout d’abord, je tiens à saluer cette volonté d’unité car c’est ce dont les entreprises ont besoin. Ma différence majeure se situe sur les constats que j’ai pu faire en termes de représentation patronale. Et je suis surpris de l’absence totale d’un état des lieux de la représentation patronale par Pierre Gattaz : actuellement, l’ensemble des chefs d’entreprise (pas seulement les adhérents au Medef) considèrent à 72% que leurs intérêts sont mal défendus. Mon programme s’appuie notamment sur ce constat et fait des propositions pour toutes les entreprises, afin de renforcer le Medef en vue de franchir les obstacles qui se dressent devant l’économie française.

Les chefs d’entreprise ont le sentiment que leurs représentants ne portent pas suffisamment bien leurs revendications auprès des législateurs. Ce qui influe sur la façon dont leurs problèmes vont être pris en compte. Il faut aujourd’hui permettre aux entreprises de faire face aux défis qu’on leur demande de relever. La dette ne sera renflouée et le chômage vaincu que grâce à la richesse que les entreprises produiront. Ces dernières sont dans l’attente de dispositions qui vont leur permettre d’être suffisamment performantes et efficaces, de se développer.

N’aurait-il pas mieux valu faire endosser vos propositions par un autre candidat étant donné les chances que vous laisse l’alliance de Geoffroy Roux de Bézieux et Patrick Bernasconi à Pierre Gattaz ?

Nous sommes encore à deux semaines du scrutin et la parole que je porte est légitime. Je porte mes propositions auprès des électeurs du Medef qui sont dans les fédérations. D’après les retours que j’ai, certains candidats sont effectivement intéressés par ce que je porte. Alors avant de parler de ralliement, portons cette voix qui fait échos auprès de ceux qui l’ont  entendu, afin que d’autres encore l’entendent et fassent leur choix. A l’instar des électeurs, je serai surpris que cette campagne s’arrête à quelques jours des élections sans que les électeurs se soient exprimés. Certains disent que l’union qui vient de se faire serait une leçon pour le monde politique. Je ne le crois pas, je pense que c’est même populiste de le dire, car en politique, une candidature déposée ne peut pas être retirée, c’est une des conditions de fonctionnement de la démocratie. Parce qu’en démocratie, ce qui compte, c’est l’engagement des candidats, le débat nécessaire et l’expression des électeurs.

Autant l’unité est nécessaire, autant elle ne peut se faire sans débat. Ce débat, nous ne l’avons pas eu. Nous n’avons pas eu l’occasion d’échanger autour de tables rondes afin d’approfondir les idées de chacun. Il nous faut poser un certain nombre de constats sur lesquels les représentants des entreprises doivent se mettre d’accord. Voir ensuite les solutions qui sont proposées. Enfin, déterminer celui qui sera capable de le mettre en œuvre. Et cela passe par une campagne électorale marquée par le débat. Avec deux candidats finalistes, les conditions de ce débat sont maintenant réunies.

Une fois l’élection passée, comment allez-vous faire entendre les voix des entrepreneurs au sein du Medef ?

En tant que président ce serait bien évidemment plus facile. Néanmoins, si je ne suis pas élu, cela dépendra bien évidemment du nouveau président. Il y a une nécessité de travailler avec tous ceux qui composent le Medef. Je pense qu’au Medef nous avons le devoir d’aller vers l’ensemble des chefs d’entreprise. Je suis le seul à porter cette voix. Je suis le seul à dire qu’il nous faut aller chercher tous les patrons pour les faire entrer au Medef et que nous y parviendrons si les patrons français se reconnaissent dans ce que porte le Medef. Le Medef ne peut pas rester replié sur lui-même. Par exemple, le mouvement des pigeons ne peut être ignoré, tout comme l’existence d’une multitude de réseaux de chefs d’entreprise étrangers au Medef. Si ces initiatives existent, c’est parce que les patrons considèrent que ce n’est pas fait par la représentation patronale. Si le Medef n’est pas le moteur sur cette représentation patronale, les entreprises s’organiseront en dehors. Nous perdrions beaucoup de temps, et le temps, nous ne l’avons pas, la situation est trop grave. C’est pour cette raison que j’appelle à mobiliser au sein du Medef en se réformant et en allant chercher les patrons à l’extérieur. Si le Medef ne se suit pas cette ligne, ce sera une élection pour rien. Etant donné la situation économique, le gouvernement quel qu’il soit a besoin d’une organisation patronale organisée, structurée et surtout forte de ses adhérents. Le Medef est aujourd’hui la première organisation patronale représentative, donc mobilisons-nous au sein du Medef.

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