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La Lykan Hypersport de W Motors
La Lykan Hypersport  de W Motors
©Reuters

Super car pour super riche

Haute couture automobile : mais que cherchent les constructeurs avec le développement de voitures à un million de dollars ?

Véritable vitrine technologique, ces bolides sont parfois plus rentables que les véhicules classiques.

Avec sa ligne futuriste, son bas de caisse qui frôle le bitume et ses pneus presque à hauteur des yeux, cette Maserati ne ressemble à aucune autre voiture. Sobrement nommée "LaMaserati," ce modèle sera une rareté très prisée par les grands collectionneurs de supercars, ces véhicules qui développent des puissances considérables. Selon le site Auto Evolution, seules 10 ou 20 unités sortiront des usines italiennes avec un prix de départ avoisinant les 3 millions d'euros, ce qui en ferait la voiture neuve la plus chère du monde.


LaMaserati

Elle détrônerait un autre bolide surréaliste, la Lykan Hypersport du constructeur libanais W Motors qui n'a produit que 7 exemplaires de cette voiture équipée de 750 chevaux. Là encore, le prix est prohibitif : 2,5 millions d'euros. Seuls les ultra-riches pourront se permettre de dépenser une telle somme pour obtenir cette supercar. Et surtout pour l'exposer car la puissance est telle qu'une conduite en ville est presque impraticable, seuls les circuits fermés sont dignes de ces monstres de puissance. Et encore, certains sont avant tout des bijoux de design et de technologie mais manquent cruellement d'équilibre pour autoriser une véritable conduite. Beaucoup sont même non-homologués pour la route et les circuits…"Ce sont des voitures de collection qu'on met dans un garage comme on enferme un tableau dans un coffre-fort" explique Jean-Pierre Corniou, directeur général adjoint du cabinet de conseil Sia Partners.

Pourtant, depuis le milieu des années 1990 et le développement de moteurs surpuissants, la plupart des grands constructeurs de luxe disposent dans leur catalogue d'au moins une supercar hors-normes, dépassant facilement le million de dollars : Ferrari, Mercedes ou encore Aston Martin disposent tous de leur supercar de luxe. La marque italienne a développé sa FXX, interdite sur route et sur circuit, le groupe allemand a sa SLR McLaren et l'écurie anglaise a développé une impressionnante One-77. Les trois dépassent facilement le million de dollars à l'achat.



Mais les constructeurs classiques ne sont pas en reste. Volkswagen, qui possède Porsche, a acquis en 1998 Bugatti, une marque française de haute volée, une des plus luxueuses du monde. Fiat-Chrysler détient Ferrari tandis que BMW possède Rolls-Royce. Pour ces marques, les voitures inatteignables sont des produits presque indispensables. On les appelle communément des "halo cars," c’est-à-dire une voiture qui se vendra peu mais qui va capturer l'imagination du public. "Plus qu'un symbole, c'est une manière de donner un coup de jeune à la marque, notamment auprès des jeunes qui n'achètent plus beaucoup de voiture aujourd'hui" explique le site popularmechanics.com. Souvent les constructeurs grand public proposent des prototypes sport ou des modèles survitaminées (comme la Peugeot RCZ). Mais lorsqu'on dispose d'une gamme déjà luxueuse, c'est la course au "toujours plus" pour attirer les regards. Qu'importe si peu de voitures sont vendues, le plus important est de sublimer la marque. "C'est avant tout un marché de bulle" confie Jean-Pierre Corniou. "La part de rêve de l'industrie automobile qui conduit sans cesse à repousser les limites du possible."


La Bugatti Veyron

Quitte parfois à y perdre de l'argent. Selon le cabinet d’analyse financière spécialisé dans l’industrie automobile Bernstein Research, chaque Bugatti Veyron ferait perdre 4.637.682 euros (soit 4 fois le prix du véhicule) à Volkswagen. D'autres, au contraire, s'en tirent mieux car la supercar de luxe a un avantage non-négligeable. Puisqu'elle s'adresse à ceux qui dépensent sans compter, inutile de tirer sur le prix. Résultat, les marges sont parfois plus confortables pour les constructeurs et la faible quantité de matériaux nécessaires limite les coûts de production. "Si vous devez installer des lignes d'assemblage séparées, cela devient cher à produire, explique ainsi à Bloomberg, Jack Nerad un consultant du marché automobile. "Mais une voiture à un million de dollars, il y a encore de l'argent à faire."


La Peugeot Onyx est un "concept car" non commercialisée

Une autre façon de se distinguer et donner une image dynamique et plus jeune à une marque, c'est la course automobile. Chez les Français, Renault a longtemps développé des Formules 1 et vient de présenter un bolide de circuit, la R.S. 01, via son département Renault Sport. "Nous sommes ici pour le marketing", explique Cyril Abiteboul, son directeur génréal à Autosport.com. "Donc, si d'un point de vue marketing, nous devons faire les choses un peu différemment, nous sommes ouverts d'esprit. Ce n'est pas une question d'ego. La priorité est d'obtenir le plus de retombées marketing." En Chine, la marque au losange a ainsi acquis une image plus jeune et plus sportive. Peugeot-Citroën, de son côté, se concentre d'avantage sur les rallyes pour promouvoir sa marque avec des voitures de sport hors de prix. Une rumeur tenace courait même que Citroën allait produire en petite série son concept car GT, pour un montant de 1,5 millions d'euros pièce. Une idée finalement abandonnée par la marque. "Ce ne sont pas les supercars qui déclenchent l'achat" tempère Jean-Pierre Corniou qui estime que les acheteurs s'intéressent avant tout aux conditions d'usage de leur véhicule de tous les jours.

Pourtant, la course à la supercar se poursuit chez les concurrents de luxe. La dernière annonce en date est l'Aston Martin Vulcan, 800 chevaux au tableau de bord et pas moins de 2,5 millions d'euros à l'addition. La concurrence est prête. 

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