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Campagne présidentielle : 
halal-te au feu !
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Zone franche

Campagne présidentielle : halal-te au feu !

Le Front national gère désormais l’agenda de la campagne présidentielle. Ça n’est pas digne.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Pour une personnalité politique passant son temps à se plaindre d’être médiatiquement discriminée, Marine Le Pen est singulièrement présente à la télévision et la radio. D’accord, la campagne est lancée et elle n’est invitée qu’au prorata de ses droits audiovisuels au sens du CSA, mais j’ai l’impression de ne plus pouvoir zapper sans tomber sur elle ou l’un de ses lieutenants.

Lundi matin, c’était Paul-Marie Couteaux sur France Culture ; lundi soir, c’était la patronne herself sur TF1. Mais je l’avais déjà repérée en simultané la veille sur LCI, iTélé, BFM TV et La Chaîne Parlementaire ― live from Marseille.

Si encore elle avait des choses nouvelles à raconter, du matériel inédit pour son one man show (un tiers Jacqueline Maillant, un tiers Muriel Robin, un tiers Le Pen sénior) ça resterait vaguement supportable. Mais entre la viande halal qui nous empoisonne, l’euro qui nous appauvrit et les étrangers qui nous vident de notre substance millénaire, on pourrait presque faire le numéro à sa place.

Non franchement, il faut vraiment être un fan énamouré pour avoir encore envie de l'entendre expliquer comment elle redresserait la France en virant les basanés des HLM et des hôpitaux dans un premier temps, puis les produits chinois et bulgares des supérettes dans un second…

Rien de tout ça ne tient debout, c’est plus grotesque encore que le cauchemar collectiviste de Mélenchon, avec ses gabelous volants qui partent à la chasse aux rupins jouant à saute-frontières par allergie fiscaleLa France, même si tu ne l’aimes pas, tu ne la quittes pas ! »), et il y en a encore pour deux mois !

Il fut un temps où la classe politique dans son ensemble, à deux trois exceptions pathologiques près, savait se tenir. Le Jean-Marie éructait ses évidences en carton-pâte sur les vases communicants immigration-chômage-délinquance et tout le monde se bouchait le nez ostensiblement. Désormais, c’est jusqu’à l’Élysée (« Le halal est la première préoccupation des Français ») et à Matignon (« Ces religieux archéos, ils ne pourraient pas prendre quelques cours de SVT ? ») que l’on surenchérit, les obsessions du FN confisquant un débat qui ne volait déjà pas bien haut.

Si les uns et les autres n’ont vraiment pas envie de parler de la manière dont ils pourraient nous éviter la Grèce et nous insérer dans le monde moderne parce que les Français ― ces petites choses fragiles ― ne sont pas prêts à entendre la vérité sur les choses de la vie, ils n’en sont pas pour autant forcés de laisser Marine Le Pen fixer l’agenda de la campagne (mon petit doigt m'apprend d'ailleurs que l’on parlera bientôt du troisième plat le plus prisé des Français, preuve par la gastronomie de la décadence gauloise).

A tout prendre, il leur reste encore le foot et la météo.

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