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Non, Google n'est pas responsable du mauvais référencement
de Twitter
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Hara-kiri 2.0

Non, Google n'est pas responsable du mauvais référencement de Twitter

Internet et les réseaux sociaux sont désormais marqués par la guerre de plus en plus ouverte entre Google et Twitter. Mis en cause, le référencement Google des contenus Twitter, défavorisés par rapport à ceux de Google Plus. Abus du géant américain ou auto-victimisation du site de micro-blogging ?

David Degrelle

David Degrelle

David Degrelle est le fondateur et président de l'agence de référencement et de webmarketing 1ère position.

Il édite le blog d'un consultant référencement sur http://david.degrelle.info.

 
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Atlantico : Une polémique récente dénonce les nouveaux algorithmes du moteur de recherche Google, qui favoriseraient, dans leurs résultats, l’apparition de contenus de Google+, au détriment d’autres réseaux sociaux, et spécialement Twitter. Cette dénonciation est-elle ou non fondée ?

David Degrelle : Cette rumeur ne vaut pas pour tous les utilisateurs du moteur de recherche. La personnalisation que Google a annoncée avec "Search plus your world" est effective uniquement si l’utilisateur est connecté avec son compte Google. Un utilisateur lambda ne bénéficiera pas de cette personnalisation des résultats. Ce changement touche donc une part des utilisateurs du moteur de recherche, dès lors qu’ils sont connectés (et pas forcément sur Google+, mais aussi sur Gmail…).

Concrètement, où se situe le changement dans le référencement des résultats ?

Visuellement, l’utilisateur aura des résultats provenant aussi du comportement de recherche de son cercle social. C’est-à-dire que si Google a trouvé que, par rapport à son cercle social, beaucoup de ses amis ont particulièrement apprécié une photo ou un post sur Google+, Google va en effet changer et personnaliser sa page pour faire remonter ces résultats. L’analyse du comportement social  de ses "amis" est donc prise en compte.

Plus généralement, de quelle façon apparaissent les contenus des réseaux sociaux sur Google ?

Google met en œuvre le même algorithme que pour l’ensemble des contenus. La situation a beaucoup évolué : à une époque, quand Google avait son partenariat avec Twitter, si un article était retweeté de nombreuses fois, il remontait dans les recherches.

En outre, le métier, et une des fonctions fondatrices de Google, est de référencer le plus de contenu possible existant sur le Web. Google va donc parcourir les pages Facebook et Twitter, et dès lors que ceux-ci l’autorisent à naviguer sur ces pages, Google peut tout à fait prendre en compte ce contenu et l’afficher dans ses résultats.

La situation est donc claire : c’est à un réseau social de travailler pour améliorer son référencement sur Google. En l’occurrence si Twitter veut améliorer sa visibilité dans les résultats de recherches, sa direction technique doit se pencher sérieusement sur les critères d’optimisation de ses contenus. Aujourd’hui l’optimisation des contenus Twitter est une catastrophe. Twitter se plaint que ses résultats ne soient pas suffisamment mis en avant… Mais ils se sont eux-mêmes tirés une balle dans le pied, en interdisant à Google de suivre certains liens Twitter. Ils n’ont qu’à recruter des experts en référencement s’il veulent mieux figurer dans les recherches Google. Actuellement, ils sont totalement à la rue…

Peut-on dire que Google abuse de sa position dominante ?

J’entends ça depuis presque dix ans. Or dans ce cas de figure, rien n’empêche Twitter et Facebook de mettre en place la même stratégie que celle développée par Google pour son réseau social Google+, dans le but de favoriser leurs résultats. Ce n’est pas Google qui favorise Google+ au détriment de Twitter dans le référencement. C’est à Facebook et Twitter de modifier leurs critères et algorithmes pour mieux figurer. Cela dépend d’eux.

Il est évidemment de bon ton de s’insurger contre la position dominante de Google… Mais à partir du moment où un site web met en œuvre une stratégie efficace de référencement, fondée sur l’expérience « utilisateur » de ses internautes, qu’il publie des contenus pertinents, originaux et uniques, il n’y a aucune raison que ce site ne remonte pas.

Il est trop facile de toujours dénoncer un abus de Google. C’est méconnaître le mode de fonctionnement du moteur de recherche.

On peut tout de même déceler un léger conflit d’intérêt : d’un côté Google, moteur de recherche, et de l’autre Google+, le réseau social de cette même entreprise…

N’oubliez pas que jusqu’au 2 juillet 2011, les résultats Twitter étaient largement mieux référencés qu’aujourd’hui, pour la simple raison que Twitter avait un accord avec Google. Ils ont rompu cet accord. A partir de là, Google a dû désactiver un service qu’il avait mis en place, à savoir "Google Realtime search". C’est un outil qui permettait aux utilisateurs d’analyser en temps réel ce qui était publié sur Twitter. Leur visibilité était ainsi accrue. Twitter s’est donc saboté en rompant cet accord.

Contrairement à ce qu’on peut entendre, Google+ n’est pas tant le concurrent de Facebook que celui de Twitter. C’est donc Twitter qui a du souci à se faire, car l’usage de Google+ est très proche du sien. Twitter réagit donc parce qu’ils ont compris que Google+ avait de fortes chances de les tuer…

Mais Google+, après un démarrage convaincant, est désormais en perte de vitesse. Ces nouveaux référencements ne sont-ils pas une ultime tentative pour sauver le réseau social de Google ?

C’est possible. En même temps on ne peut pas vraiment reprocher à Google d’utiliser sa force de frappe dans ses différents services, et notamment Google+. C’est tout l’enjeu stratégique actuel : ils ne doivent plus réfléchir par silos, à savoir développer chacun de leurs services de manière indépendante. Ce raisonnement a amené les difficultés de cette firme à développer son réseau social.

D’une part Google met peut-être en avant les contenus de Google+, mais il référence aussi ceux des autres réseaux sociaux. D’autre part, depuis le mois de décembre, en raison de ces innovations, on retrouve une courbe plus encourageante d’inscriptions sur Google+. Si ce rythme se poursuit, on estime qu’à la fin de l’année, Google+ pourra atteindre les 400 millions d’utilisateurs. Twitter en a autant.

Les professionnels s’interrogent donc sur la manière d’utiliser Google+. La segmentation a été faite entre l’outil grand public qu’est Facebook, et Twitter, l'outil de veille extraordinaire. Mais lorsque les responsables de sites web vont s’apercevoir que l’intégration de contenus Google+ permet de générer plus de trafic que Twitter, ils risquent alors de se tourner vers le réseau social de Google. Il est donc urgent pour Twitter de réagir avec une équipe technique capable de s’occuper du référencement. 

Propos recueillis par Romain de Lacoste

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