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"Bon courage Monsieur le Président !"

Grand débat : ce vent de bêtise qui siffle sur nos têtes

Un vent de bêtises, car c’est bien de cela dont il s’agit, souffle sur la France et dans toutes les directions.

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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Tous les sujets sont bons pour devenir instantanément conflictuels, tout le monde croit savoir et détenir la vérité, plus c’est complexe mieux on sait. Tout le monde a un avis sur tout, sur la rénovation et la flèche de Notre-Dame jusqu'à la gestion du dossier des retraites...

On assiste impuissants aux récriminations en tous genres, aux débats les plus stériles, aux violences tous azimuts, aux lamentations sans fondements, aux incantations politiques... comme dirait mon voisin de bureau : « on ne sait plus où on habite ».  

Les médias en rajoutent, en boucle, pour que nous ne rations rien de ce qui pourrait aller encore plus mal. On consulte les « spécialistes », on se veut équitable sur le temps de parole donné à chaque détenteur d’une opinion sans intérêt : celui dont l’église du village a déjà flambé, le témoin ou son cousin, le gilet jaune pro-casseur contre le gilet jaune pacifique, les mesures post-débats avant qu’elles ne soient officielles, etc. le tout saupoudré de « commentaires avisés »... plutôt un grand déballage de foire à la farfouille. Tout se mélange, les samedis indignes, les propos outranciers, les « fake news » en d'autres termes en français les calomnies, les colportages, les rumeurs, les affabulations, les faux bruits... le terme de « fake news » est une dégradation en soi, la richesse de notre vocabulaire abandonnée au profit du langage Trumpiste et le pire c’est que l'expression est employée au plus haut niveau et par les mêmes qui interdisent à nos entreprises l’emploi de l’anglais sans un sévère encadrement ! 

Les attentats, les grèves innombrables, l’Europe, le pseudo déni démocratique, la lutte des classes plus vive que jamais, la détestation de nos riches mécènes, tout est prétexte à division et à rancœur. Nous vivons une insurrection générale froide sans aucun point commun sinon un ras-le-bol général savamment entretenu par tous ceux qui pensent en tirer profit, un bourrage de crâne permanent qui empêche de penser !

La catastrophe dont fut victime Notre-Dame de Paris ne nous aura pas rapprochés très longtemps, en 3 jours on était retombé dans les pires affres de la division : Comment ça reconstruire en 5 ans ? Bassesse commerciale pour les jeux olympiques ? Scandale ! Comment ça oser lancer un concours d’architecture international pour un monument symbole français de la Chrétienté ? Scandale ! Et la flèche de Violet le Duc qui tourne à la bataille d’Hernani ? Et les mécènes : ces riches haïssables qui en profitent pour défiscaliser et qui méritent le bûcher, scandale ! Sans compter que maintenant il y a trop d‘argent alors qu’il paraît qu’il n’y en a pas pour les plus démunis, scandale ! Et que va-t-on faire du surplus ? « Restaurer d’autres églises » : disent les légitimistes, ou bien créer un fond pour les gilets jaunes pendant qu’on y est !

Tout est politique, tout est prétexte à s’opposer, tout est dans tout, et tout est de la faute de Macron. "Qu’il s’en aille et comme ça on revotera pour lui" : disent les plus optimistes avec une curieuse logique « de toutes façons Marine Le Pen, je n’en ai même plus peur » : ajoutent les bourgeois téméraires. Les dieux sont tombés sur la tête et Notre-Dame n’y peut rien, la violence entre Français continue, s’attise ; il y a ceux qui disent que les manifs et les casseurs  « ça suffit » et qu’il faut tirer dans le tas (ne pas prendre l’expression au pied de la lettre tout de même) contre ceux qui insultent et menacent les policiers, ceux qui prétendent que la démocratie est en jeu et que la liberté de manifester est un droit inaliénable, ceux qui hurlent à l’atteinte à la liberté de la presse parce qu’on trouve déplaisantes les pancartes « suicidez-vous ! » reprises en chœur ; pire on a mis en garde à vue un pauvre journaliste innocent sous prétexte qu’il a des convictions d’extrême gauche qu’il est fiché S et qu’il a fait un doigt d‘honneur aux forces de l’ordre. 

Certains prennent le Ministre de l’Intérieur pour un videur de boîte de nuit et le préfet pour un facho, comment rétablir l’ordre dans ces conditions ?! Dès qu'on réagit mollement "le pouvoir est complice" pour mieux écœurer les Français et nuire aux revendications des gilets jaunes et lorsqu'on fait preuve de fermeté, « le pouvoir est fasciste et totalitariste ». Quelle marge de manœuvre ? Et ne me dites pas que la solution se trouve dans les réponses au grand débat, on n’en est plus là.

Au nom de la démocratie, de la liberté d’expression, de la liberté de manifester, la France qui n'y comprend plus rien et foulent toutes les valeurs de respect, de bon sens, de dignité on justifie l’insulte, la haine, le vol, la violence... quel spectacle ! 

Le « minoritarisme » nous gouverne, peu importe le suffrage universel, la majorité silencieuse ou bruyante, la tempérance, on ne relativise plus rien. La minorité a raison et a droit à tout parce qu’elle est minoritaire, donc forcément stigmatisée et défavorisée. Avec ce type de raisonnement, on va droit à la guerre civile au nom de la bienveillance et du politiquement correct. La République du Droit est devenue celle du  « droit à tout », devoir est un gros mot et travail n’en parlons pas... 

Le Président de la République ne serait pas légitime parce qu’il a été élu par une minorité de la majorité, c’est la remise en cause du suffrage universel ce qui est d’autant plus incompréhensible que ce sont bien les Français qui votent de moins en moins... et s’en plaignent.

Bref ! un écœurement général qui fait douter de la fierté d’être Français, douter de nos congénères, douter de nos médias, douter de nos politiques, douter de nous-mêmes... 

Bon courage Monsieur le Président ! Que l'on soit avec ou contre vous... nous en avons tous assez !

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