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Gouvernement Macron : une belle raquette mais avec un gros trou !
©Reuters

Les entrepreneurs parlent aux Français

Gouvernement Macron : une belle raquette mais avec un gros trou !

Ce gouvernement est presque parfait, mais il lui manque une pièce essentielle pour réussir : pas de Ministère dédié aux entreprises !

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Pour monter au filet, à l’heure de Roland Garros, tout le monde le sait, il faut avoir tous les coups du tennis. Les plus grands sont équipés non d’un super revers ou d’un « méga » coup droit. Non. Tous ceux qui n’avaient qu’un coup, n’ont fait qu’un tour. Les plus complets, les Mac Enroe, Sampras, Fédérer, maîtrisent chaque geste à la perfection. Le jeu de fonds de court, celui qui exige patience et jambes, et le filet qui exige vitesse et réactivité, précision et sang froid. Un gouvernement les conditions sont les mêmes. Il suffit qu’une pièce manque pour rater sa finale. Il peut ne manquer qu’un seul coup, mais c’est ce qui sépare l’espoir de la concrétisation, la réussite calculée et prévisible du coup de chance ponctuel.

Ce gouvernement est presque parfait, mais il lui manque une pièce essentielle pour réussir. Il lui manque le moteur de l’économie des pays occidentaux, le carburant de la croissance et de l’emploi, l’étincelle de folie qui apporte l’innovation et la souplesse indispensable dans un monde dont la vitesse s’accroit au rythme (subi) des stimuli que le digital exige de nos petites vies en cours de virtualisation. Cette pièce porte un nom que la France aime, en bas, mais que la France du haut négligera décidément toujours : Les PME. Les entrepreneurs. Les « gueux », les « prolétaires » de l’entrepreneuriat, ceux qui dans la soute à charbon font avancer la locomotive avec ambition et énergie, les soutiers qui ne brillent pas dans les conseils d’administration Parisiens. Ceux que le talent conduit à la réussite plus sûrement que les diplômes et les petits arrangements de nombre de dirigeants de grandes sociétés qui doivent plus à leur passage à l’inspection des finances et leurs amitiés politiques, qu’à leur talent d’entrepreneur.

Une fois de plus, ce trou béant de la raquette de la reconnaissance et de l’amour des entreprise apparaît dans un gouvernement, et en toute sincérité, avec une grande surprise de la part d’un Emmanuel Macron qui semblait avoir compris le rôle que nous pouvions tenir dans le rebond de la France. Le rôle que nous pouvions jouer pour réconcilier les français avec leurs entreprises. Le rôlede ciment de la société que peuvent tenir les seules entreprises qui considèrent leurs salariés comme des humains et non des masses salariales, compressibles en cas de nécessité d’amélioration des cours de bourse. Le rôlede moteur de l’innovation, par ses start-up notamment, mais pas que, sans un monde dominé par des grands groupes souvent magnifiques mais incapables d’innover. Le rôle d’éclaireur et de « preneur » de risque, dans un jardinet trop français qui, pour avoir fait de la Précaution un Principe a fait de la réussite une exception.

Pas de Ministère dédié aux entreprises ! Aurait-on oublié que sans entreprises, il n’y pas d’emplois ? Aurait-on oublié que le pari de la croissance ne se gagnera ni par l’Etat, ni pas les grands groupes qui ont presque tous un solde net d’emplois négatif ? Aurait-on oublié que donner à nos 2 million d’entreprises l’envie d’embaucher, ne serait-ce qu’un salarié, conduirait au plein emploi ? Aurait on oublié l’inoubliable ? Je suis TRES surpris. Très ! Mais dans 1 mois, un nouveau gouvernement arrivera, et je l’espère, réparera en le complétant, le morceau de cordage manquant à la raquette de la réussite, l’outil du combattant dans un pays qui crie son déclassement inexorable alors que les chevaux ne demandent qu’à hennir !

Il faut concentrer la politique du gouvernement sur l’innovation, les secteurs clés du digital et des technologies, et muscler les entreprises capables de donner à notre pays cet esprit de conquête qu’il a perdu à force de frustrations, du fait du manque de courage de sa classe dirigeante. Il faut miser sur le rouge et pair, mettre la totalité des jetons sur la table de jeu de la croissance. Pour la France. Maintenant.

Ainsi un Ministère géant, qui aurait tous les leviers de la réussite au lieu des les fragmenter, pourrait et devrait réunir, les entreprises, les artisans et commerçants, le numérique, le commerce extérieur. La croissance sera le résultat d’une dynamique systémique (désolé je déteste ce terme, mais rien d’autre ne me venait en tête J ) et elle exige d’avoir une vision et une politique permettant d’actionner, par un guide unique, tous les membres de ce corps économique, de façon puissante et coordonnée. La France doit se doter de la vague et de la planche de surf pour y glisser avec aisance. Pourquoi séparer le sportif de sa planche !

Alors Mr le Président, après les législatives, donnez à la France un Ministère Olympique à la hauteur de nos ambitions, à la hauteur de l’impérative nécessité, à la hauteur du seul véhicule qui redonnera aux français la certitude que la France a son avenir à nouveau bien devant elle. Pour ces PME que les français aiment car elles leur ressemblent. Placez y un acteur économique, par un énarque, pas un politique. Un visionnaire. Un moine dédié à son pays et à son futur. A vous de jouer, montez au filet, nous monterons avec vous, et la France ne sera plus qu’un grand service gagnant !

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