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Rattraper Facebook ? 
Ce n'est pas gagné pour Google+...
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L'empire contre-attaque

Rattraper Facebook ? Ce n'est pas gagné pour Google+...

Dépassé par la demande, Google vient d'interrompre le système d'inscription par invitation à la version test de son nouveau réseau social, baptisé Google+. Plus simple que ses aînés, ce nouveau produit a pour ambition affichée de détrôner Facebook. Pourtant, le virage des réseaux sociaux et du grand public pourrait être plus difficile à négocier que prévu pour l'ogre d'Internet...

Alexis Mons

Alexis Mons

Alexis Mons est co-fondateur et Vice-Président Stratégie de l'agence de marketing interactif et relationnel Emakina France.

 

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Atlantico : Quels sont les enjeux du lancement de Google+ ?

Alexis Mons : Il est difficile de comprendre la stratégie de Google, tant le groupe va dans tous les sens : Google s'aventure dans tous les domaines, et cela lui pose des problèmes, puisqu'il a plusieurs procès pour monopole et position dominante.

On n'est donc pas surpris que l'entreprise retente le coup sur les réseaux sociaux, après les échecs de Wave et de Buzz. Si l'on prend pour postulat que le but de Google est de vendre de la pub, Google+ devrait servir à en vendre plus grâce à un meilleur ciblage : en effet, ce service devrait permettre de nous connaître mieux et de personnaliser nos recherches, dans la veine de la "recommandation sociale" déjà mise en place avec le nouveau bouton "+1" [qui permet de recommander des résultats de recherche à ses amis, ndlr].


Google nous avait habitués à des produits plus innovants...

Il s'agit en effet davantage d'un assemblage de technologies déjà existantes que d'une véritable révolution. Dans un passé récent, Google avait un peu sombré dans la technologie pour la technologie : Buzz et Wave étaient tellement surpuissants et compliqués que personne ne s'est penché dessus, à part les ultra-geeks ! Google+ semble donc traduire une volonté de retour à plus de simplicité, davantage calquée sur les usages de base.

Il y a néanmoins une fonctionnalité innovante très intéressante : les "cercles", qui permettent de limiter les contenus à certains groupes de personnes, pour pallier les critiques adressées régulièrement à Facebook. Il y a quelques semaines, Google avait d'ailleurs tenté de racheter Path, le réseau social de proximité, ce qui semble indiquer que l'entreprise pourrait s'inscrire dans une approche "microcentrique" de l'individu et de sa proximité immédiate : avis sur les produits, cooptation, etc...

Google est-il en mesure de rattraper son concurrent ?

Dans certains pays, Facebook arrive à toucher près de 50 % de la population... Bon courage à Google+ pour le rattraper car, à moins d'une grande campagne de communication, ce n'est pas gagné !  Certes, on ne peut jurer de rien : Facebook est monté très fort très vite, il peut s'effondrer aussi vite : la chute de Myspace nous rappelle la brièveté des cycles de vie sur Internet.

Le problème, c'est que dans ses tentatives précédentes, Google n'a jamais réussi à dépasser le cercle très fermé des geeks pour atteindre le grand public. Il me semblait d'ailleurs que Google avait acté cette défaite face à Facebook en se lançant dans le développement d'applications (semi-)professionnelles, comme Google Docs, pour se présenter comme la grande caisse à outils du travailleur de l'information. Ce à quoi sert Facebook, c'est simple et tout le monde comprend. Quant à Google, il est noyé au sein de tout ce qu'il fait.

Aujourd'hui, les gens sont bien sur Facebook, il n'y a pas de lassitude : je ne crois pas qu'une offre concurrente soit aujourd'hui porteuse, en tout cas pas de la part du grand acteur. L'échec de Diaspora, le concurrent open-source de Facebook dont on disait le plus grand bien il y a encore un an, l'illustre bien.

L'angle d'attaque pour concurrencer Facebook est donc assez limité, car Zuckerberg a déjà pris le marché. Google se contentera-t-il d'une position de challenger ? Va-t-il racheter un réseau existant pour récupérer une base d'utilisateurs ? Microsoft a déjà tenté de le faire sans succès, car les réseaux appartiennent aux gens qui sont dedans, pas aux opérateurs.

Enfin, il ne faut pas oublier que le public pourrait être réticent à communiquer encore davantage d'informations personnelles à Google, avec toutes les craintes qui circulent autour du "Big Brother" de l'Internet.

Quel est aujourd'hui le grand enjeu de la bataille des géants d'Internet : le nombre d'inscrits, de visiteurs, de temps passé sur le site...?

Ce n'est pas une question de taille, mais de qualité : il ne faut pas avoir beaucoup d'amis, mais "mieux" d'amis. Une entreprise préfère aujourd'hui améliorer sa connaissance des gens pour les servir le plus efficacement possible par rapport à où ils sont, ce qu'ils sont et ce qu'ils font. Cela, Facebook le fait assez bien, mais Google pourrait lui emboîter le pas.

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