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Geoffroy Didier :  “La Droite forte est sarkozyste et le restera”
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Congrès UMP

Geoffroy Didier : “La Droite forte est sarkozyste et le restera”

C'est reparti pour un tour. Après le Congrès de l'UMP de 2012, où la motion "La Droite Forte - Génération Sarkozy" était arrivée en tête auprès des militants, le courant porté par Guillaume Peltier et Geoffroy Didier se relance dans la bataille. En attendant Nicolas Sarkozy, qui pourrait accélérer un retour souhaité par Geoffroy Didier.

Geoffroy Didier

Geoffroy Didier

Geoffroy Didier est député au Parlement européen et directeur de la communication de la campagne de Valérie Pécresse.


 

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Atlantico : Vous avez participé avec La Droite forte au dernier congrès de l'UMP en 2012 en déposant votre motion "Génération Sarkozy". Nicolas Sarkozy a récemment pris ses distances avec Patrick Buisson. Il a participé au déjeuner de l'association Jacques Chaban-Delmas en novembre dernier et a soutenu NKM aux dernières municipales à Paris. Il y a-t-il un recentrage de sa ligne politique ? Allez-vous continuer à le soutenir même s'il poursuit son évolution ?

Geoffroy Didier : Nicolas Sarkozy est aujourd'hui retiré de la vie politique au sens partisan du terme mais il a toujours eu pour objectif de rassembler des lignes politiques qui pouvaient apparaître contradictoires. Durant la campagne victorieuse de 2007 c'est parce qu'il était solide sur sa base qu'il a pu bouger les lignes. L'objectif de Nicolas Sarkozy n'est pas de se recentrer mais de se situer au-dessus des clivages. C'est cette capacité à faire bouger les lignes qui me plaît.

Nicolas Sarkozy doit-il se présenter à la présidence de l'UMP et ainsi accélérer son retour en politique ? Devra-t-il passer par la case primaire s'il souhaite se présenter à la prochaine présidentielle ?

Personne ne doit lui dicter son calendrier ni sa conduite. Ceci étant dit nous sommes face à une situation politique inédite : une extrême-droite plus que jamais puissante, un gouvernement et une majorité plus que jamais affaiblis et une droite républicaine sans ligne ni leader. Ce sont là des circonstances historiques qui amèneront nécessairement Nicolas Sarkozy à réfléchir pour savoir si son devoir n'est pas de revenir. C'est à lui seul de réfléchir mais je crois que les conditions politiques de son retour sont réunies. S'il revenait dans la vie politique à l'occasion du Congrès d'octobre ce serait pour transformer l'UMP et refonder idéologiquement toute l'opposition républicaine de droite et du centre afin d'élargir l'espace entre, d'un côté le mirage extrêmiste, et de l'autre le chaos socialiste. La question qui se pose aujourd'hui est de savoir, des trois principales forces politiques du pays, quelles seront les deux présentes au second tour de l'élection présidentielle de 2017.

Tout exercice démocratique est salutaire mais si Nicolas Sarkozy décidait librement de revenir à la politique à l'occasion du Congrès UMP il s'imposerait naturellement comme le prochain candidat à la présidentielle. Les primaires sont saines par principe mais elles peuvent devenir superflues du fait des circonstances politiques.

Si jamais il ne revenait pas, quel candidat allez-vous soutenir pour la prochaine élection du président de l'UMP et pour la présidentielle ?

La Droite forte que Guillaume Peltier et moi portons depuis 2012 n'exclut pas de présenter une candidature à la présidence de l'UMP au prochain Congrès afin d'incarner une droite qui s'assume et un renouvellement générationnel très attendu. Nous ne sommes pas une écurie présidentielle. Nous ne nous en sommes pas cachés, nous sommes sarkozystes et le restons. Je n'imagine pas l'hypothèse que Nicolas Sarkozy ne revienne pas.

Votre courant a toujours soutenu Jean-François Copé. Le président de l'UMP a-t-il pris une bonne décision en démissionnant de la présidence ? Pensez-vous que l'affaire Bygmalion a tué politiquement Jean-François Copé ou peut-il toutefois se présenter à la présidence de l'UMP en octobre ? Peut-il revenir pour les prochaines primaires ?

Jean-François Copé a fait le choix courageux de démissionner de la présidence de l'UMP à la fois pour préserver l'unité de sa famille politique et pour desserrer l'étau autour de lui. Il restera l'un des talents de l'opposition et ce qui lui arrive est peut-être même salutaire pour lui car en se libérant d'une structure partisane qui l'enfermait c'est l'occasion de prendre de la hauteur et de transformer sa relation avec les Français. C'est peut-être sa chance, aussi paradoxal que cela puisse paraître, et tous ceux qui veulent transformer leurs parcours en destin sont passés par de telles épreuves.

Si d'ici les prochaines semaines ou les prochains mois cet épisode Bygmalion était derrière nous, les cartes seraient nécessairement rebattues. Jean-François Copé pourrait alors se présenter à nouveau, mais devrait aussi se demander si c'est opportun et judicieux pour lui de le faire. Pour ce Congrès, n'oublions pas que l'UMP regorge de talents, comme Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez, Bruno Le Maire, François Baroin…

Propos recueillis par Julien Chabrout

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