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Marketing naval : 
Gaza en tête de gondole
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Zone franche

Marketing naval : Gaza en tête de gondole

Mettre le cap sur Gaza plutôt que sur Tripoli en plein printemps arabe, c’est faire la preuve d’un curieux sens des priorités. Israël doit pourtant laisser faire (au minimum).

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Cette nouvelle « flottille pour Gaza», si elle parvient à quitter un port d’Athènes surtout concentré sur son hostilité au plan d’austérité européen (les dockers sont en grève), est pour l'essentiel un coup marketing.

Le petit territoire palestinien, accablé par le double blocus israélo-égyptien il y a quelques mois encore, est désormais désenclavé sur sa frontière avec le Sinaï et Le Caire autorise jusqu’à 500 passages quotidiens au fameux terminal de Rafah. Les Israéliens, de leur côté, ont assoupli le contrôle draconien des importations qu’ils imposaient aux populations gazaouies et ni médicaments ni équipements d’aucune sorte ne manquent plus.

Quelle que soit sa, hum, religion à l’égard de l’opération de juin 2010, l’objectif humanitaire, à défaut d’être central, restait pertinent et la candeur de certains de ses « matelots » crédible. Cette année, c’est différent : militants et journalistes occidentaux remplacent religieux et marchandises et l’on imagine avec quelle impatience la réorientation du bruit médiatique est attendue à Tripoli ou à Damas…

Israël sera-t-il assez stupide pour tomber dans un panneau pareil, envoyant la troupe à l’assaut d’un convoi dont on voit mal quel danger il représente pour sa sécurité mais dont on saisit fort bien le risque qu'il fait courir à sa réputation internationale ? C’est possible. La menace ― un temps brandie, retirée désormais ― d’interdire de séjour les reporters présents sur les bateaux témoigne au minimum d’une sérieuse absence de subtilité.

On ne répond pas à un coup marketing à coups de canons, ça tombe sous le sens. Mieux : on relève le défi en proposant, pourquoi pas, c'est même une suggestion de la gauche israélienne, d'escorter la flottille jusqu'à Gaza pour lui éviter les mauvaises rencontres. Le marketing, c’est un métier.

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