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Gaz de schiste : pourquoi il faut reprendre l’exploration et la recherche
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Mettre les gaz

Gaz de schiste : pourquoi il faut reprendre l’exploration et la recherche

Une tribune de Maël de Calan et Enguerrand Delannoy.

Maël de Calan

Maël de Calan

Maël de Calan est conseiller départemental du Finistère et conseiller d'Alain Juppé.

Il est l'auteur de "La vérité sur le programme du Front national" (Plon).

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Le débat sur l’exploitation des gaz de schiste est symptomatique du mal français : on est "pour" ou "contre" par principe. On s’affronte à coup de slogans, de chiffres jamais vérifiés, de termes techniques que personne ne maîtrise. Cette manière de faire de la politique est lamentable et datée, et les passes d’armes sur le sujet entre Cécile Duflot et Arnaud Montebourg ne sont pas à la hauteur d’une démocratie moderne,  car tous les deux ont tort !

Cécile Duflot et les Torquemada de l’écologie, qui s’opposent au gaz de schiste comme ils s’opposent au progrès, à la science, au développement sous toutes ses formes, et qui poussent leur logique si loin qu’ils refusent toute recherche sur le gaz de schiste ! Mais aussi Arnaud Montebourg et la vieille garde socialiste, qui attendent du gaz de schiste plus qu’il ne peut donner : une baisse massive des prix de l’énergie, c'est-à-dire un choc de compétitivité qu’ils sont incapables de susciter par ailleurs au travers d’une politique fiscale audacieuse.

Nous appelons pour notre part l’UMP à se prononcer pour l’abrogation de la loi de juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique, et pour une reprise raisonnée de l’exploration. Pourquoi ?

D’abord parce que l’exploitation des gaz de schiste n’a plus rien à voir avec la description apocalyptique qui en est souvent faite : si elle présente comme toute activité industrielle des nuisances et des risques qu’il faut prendre en compte (liés notamment à sa grande consommation d’eau), des progrès techniques considérables ont été réalisés depuis 2011, et la prudence d’alors qui avait amené la droite à interdire la fracturation hydraulique, est aujourd’hui moins justifiée.

Ensuite parce que le potentiel est immense pour la France, qui disposerait de plusieurs dizaines d’années de réserves dans son sol. On ne peut pas balayer une telle richesse d’un revers de la main, il nous faut en savoir davantage : localisation précise et ampleur des réserves, nature des sols, rentabilité d’une exploitation … Mais pour savoir il faut forer !

Enfin parce qu’une exploitation présenterait au moins trois avantages pour notre pays :

  • une plus grande indépendance stratégique : tout notre gaz est aujourd’hui importé, depuis la Norvège et les Pays-Bas pour 50%, mais aussi depuis la Russie, l’Algérie, le Qatar … L’exploitation renforcerait notre indépendance énergétique vis-à-vis de ces pays ;
  • une amélioration de notre balance commerciale : nos importations de gaz représentent chaque année près de 14 Milliards d'euros. Une exploitation pourrait diminuer ce chiffre de moitié, ce qui représente à peu près 10% de notre déficit commercial ;
  • la création de milliers d’emplois dans le cadre de la constitution d’une nouvelle filière industrielle.


Le gaz de schiste ne constitue pas la pierre philosophale : pour un certain nombre de raisons que la Boîte à idées a développées dans son rapport sur le sujet, son exploitation ne créera pas de centaines de milliers d’emplois comme aux Etats-Unis, et n’entrainera pas d’effondrement du prix de l’énergie dont pourrait profiter notre industrie (nos coûts d’exploitation seront plus élevés aboutissant à un coût de revient proche des cours actuels en Europe, et le prix de l’électricité, déjà faible grâce à notre parc électronucléaire n’est pas impacté par les prix du gaz en France).

Pour autant, si cette exploitation ne produira pas de miracle, l’état de notre économie est suffisamment grave pour ne rien laisser au hasard et pour ne rien écarter.

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