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Gauche, qu'as-tu fait du peuple ?
Gauche, qu'as-tu fait du peuple ?
©Reuters

Bureau des objets perdus…

Gauche, qu'as-tu fait du peuple ? Gauche, qu'as-tu fait de la France ?

Attention, Jean-Claude Michéa et Jacques Julliard entrent en terrain miné dans leur dernier livre, "La gauche et le peuple". Qui dit peuple dit populisme… Et qui dit populisme dit Marine Le Pen… Et qui dit France…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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C'est un de ces débats au charme désuet et un peu suranné qu'affectionne depuis toujours la gauche. Qu'est-ce que la gauche? Qu'est-ce que ça veut dire être de gauche? Des générations d'intellectuels, de journalistes, d'experts, d'hommes politiques, ont, avec un appétit sans cesse renouvelé, bataillé sur ces thèmes.

Cette fois-ci, le débat oppose (le mot est un peu trop fort s'agissant d'un dialogue) Jean-Claude Michéa à Bruno Julliard, qui signent l'ouvrage "La gauche et le peuple" (Flammarion). Deux esprits talentueux et éclairés. Le premier dans le genre iconoclaste, contempteur de la gauche boboïsée, européanisée, mondialisée, qui a, selon lui, coupé le cordon ombilical qui la reliait au peuple. Le second dans le rôle de gardien sourcilleux et exigeant du temple social démocrate, où, selon lui, tout n'est pas à jeter.

Au centre de leur dispute théologique: le peuple que la gauche aurait oublié, négligé et abandonné. Le sujet est d'importance. La gauche, en effet (et elle en a fait son catéchisme), prétend gouverner pour le bien du peuple. C'est son devoir. Sa vocation. La droite, elle, ne s'embarrasse pas de telles considérations. Elle gouverne simplement le moins mal qu'elle peut. Sans états d'âmes. Et comme elle est très pragmatique il lui arrive dans cet exercice de réussir souvent mieux que la gauche.

Bien sûr que la gauche a un problème avec le peuple. Mais avec quel peuple? Dans de nombreuses langues, et en particulier dans les langues slaves, il y a deux mots différents pour dire peuple. Selon qu'il s'agit du peuple au sens national, originel: qui appartient à la même nation, à la même ethnie…. Ou du peuple au sens sociologique du mot populaire, les pauvres contre les riches, les paysans contre les aristocrates, les ouvriers contre les capitalistes etc.

En français donc c'est le même mot. Pour les deux. Et la gauche a du mal avec ca. Elle a depuis longtemps abandonné le peuple pour devenir une machine à produire des fonctionnaires qui furent pendant longtemps son principal socle électoral. Et, là le crime est encore plus grand, elle s'est, alchimiste d'abstractions désincarnées, fondamentalement éloignée de l'autre peuple, le peuple de France. Ce tournant s'est opéré dans les années 80 sous Mitterrand. C'était le temps de United Colors of Benetton, de Black is Beautiful, du métissage érigé en religion.  Une idéologie propre à faire frissonner la clientèle des bars du Marais.

Ainsi insulté, nié dans son existence, moqué, le peuple de France est, pour une grande partie, allé voir ailleurs, là où on ne lui crachait pas à la gueule. Le peuple, les petites gens, les gens de peu se sont détournés de la gauche qui se goinfrait de caviar au lieu de mordre goulûment dans un morceau de saucisson.

Esseulée et désemparée la gauche a, dans un effort pathétique de se donner bonne conscience, baptisé "populaires" des quartiers qui n'ont pas grand-chose à voir avec le peuple français ou le peuple de France, dans les deux sens de ce terme. C'est de cela qu'elle meurt. Et c'est pourquoi la très intéressante dispute entre Michéa et Julliard ressemble beaucoup à une querelle entre médecins légistes chargés d'établir la cause d'un décès. Pauvre, pauvre gauche! Elle a laissé choir le drapeau tricolore… Elle n'ose plus brandir le drapeau rouge… Il lui reste le drapeau blanc…

Et n'oubliez pas : le A-book de Benoît Rayski, Le gauchisme, cette maladie sénile du communisme, est toujours disponible à la vente sur Atlantico éditions : 

Le gauchisme, cette maladie sénile du communisme

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