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Fronde parlementaire : ces députés PS prêts à creuser le déficit budgétaire au nom du pouvoir d'achat
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Editorial

Fronde parlementaire : ces députés PS prêts à creuser le déficit budgétaire au nom du pouvoir d'achat

Le projet de loi de finances présenté mercredi en conseil des ministres mécontente jusque dans la majorité. Une cinquantaine de trublions parlementaires souhaitent empêcher l'explosion du nombre des contribuables.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Le projet de budget 2014 vient de franchir une première étape, celle de Bruxelles, qui a donné son feu vert, bien que pour la deuxième année consécutive, la loi de finances enregistre une dérive par rapport aux objectifs de réduction des déficits. L’affaire n’était pas gagnée d’avance. Ce budget sans âme, qui ne comporte pas de cap et ne trace pas de perspectives, parce qu’il est fait de bric et de broc, reflétant les tiraillements d’une majorité disparate, dont les aspirations clientélistes se sont traduites par des changements incessants dans l’élaboration des textes, n’avait rien pour séduire les responsables de la machine bruxelloise.

Mais l’emballage présentable de Bercy, dû à une longue expérience, a fourni l’habillage nécessaire pour faire croire à une réduction des dépenses, alors que la dérive naturelle de celles-ci, de l’ordre de 20 milliards d’euros par an, a été ramenée à 5 milliards. La dette continuera ainsi d’augmenter, mais à un rythme plus faible. Quant aux économies annoncées, elles sont en grande partie virtuelles pour le moment, d’autant qu’aucune des réformes de fond dont la nécessité est pourtant reconnue, n’a été amorcée, mais Bruxelles préfère pour le moment  fermer les yeux, en insistant sur le caractère "responsable" du projet français, basé sur des perspectives de croissance "crédibles", même si elles sont légèrement supérieures à celles des commissaires. Au surplus, la France fera l’objet d’une surveillance accrue, en raison des dérapages possibles si l’expansion ou les recettes connaissaient un coup de blues.

Malgré le nihil obstat de Bruxelles, la partie est loin d’être gagnée. Le gouvernement devra se montrer vigilant au moment où s’engage la discussion budgétaire, car il va faire face à une véritable fronde d’une partie de sa majorité qui lui reproche de cultiver l’austérité au détriment du pouvoir d’achat. Les parlementaires veulent empêcher l’explosion du nombre des contribuables en raison des nouvelles mesures annoncées dans un pays où seule une minorité était assujettie à l’impôt sur le revenu. L’approche des élections municipales les met dans un état d’agitation qui rend inefficaces les rappels à la discipline. Ils gardent en mémoire le souvenir de Lionel Jospin qui avait mordu la poussière au premier tour de l’élection présidentielle et n’ont nulle envie de revivre un tel fiasco au printemps. Ils n’ont que faire de la perspective à long terme du chef de l’Etat basée sur la durée du quinquennat, alors qu’ils voient arriver dans six mois une élection qui risque de coûter leur siège à de nombreux élus.

Le gouvernement a laissé entendre qu’il accepterait certains amendements, à condition de ne pas dépasser les limites fixées dans le projet de loi. Mais la digue risque de ne pas tenir. Et pour contrebalancer la fièvre redistributrice du Parlement, l’idée de nouveaux impôts resurgit malgré le ras-le-bol de la population. Déjà est apparue subrepticement une taxe sur l’excédent brut d’exploitation des entreprises qui va affecter l’investissement et annuler en pratique l’effet bénéfique du crédit d’impôt recherche. On évoque aussi un prélèvement supplémentaire sur l’assurance-vie au moment  où les Français commencent à s’en détourner en raison de la baisse des rendements. On n’ose imaginer le résultat des courses ! Ni comment on pourrait envisager l’année suivante une réduction du déficit, alors que celui-ci ne fait que croître malgré une trentaine de milliards d’impôts supplémentaires cette année tandis que François Hollande, seul en Europe, demeure imperméable à toute véritable réforme.

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