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François Hollande : l’alternance sera "sociétale" ou ne sera pas
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Alibi

François Hollande : l’alternance sera "sociétale" ou ne sera pas

S'il était élu président de la République, François Hollande a promis de mettre en place de nombreuses réformes sociétales. Mariage homosexuel, droit de vote des étrangers aux élections locales, homoparentalité, le candidat socialiste risque bien de créer un big-bang social sans précédent.

Bertrand Janicaud

Bertrand Janicaud

"Bertrand Janicaud" est chef d'entreprise.

Il écrit sous pseudonyme.

 

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Les accents crypto-marxistes du discours du Bourget ne doivent tromper personne. Le projet d’alternance porté par François Hollande et le parti socialiste ne se fera pas contre « l’empire de la finance », mais prendra la forme de réformes sociétales (mariage gay, homoparentalité, droit de vote des étrangers,…), qui doivent maquiller la (trop ?) grande proximité du candidat socialiste avec la politique économique et sociale de Nicolas Sarkozy et de la droite.

Réformes sociétales : pis-aller traditionnel des débuts de mandats

François Hollande ne serait pas le premier président de la République à attaquer son mandat par des réformes sociétales symboliques. Avant lui, Valéry Giscard d’Estaing s’était attelé dès 1974 à abaisser l’âge de la majorité (avec le succès électoral que l’on connaît), avant de légaliser l’avortement la même année.

Le double septennat de François Mitterrand restera marqué par l’abolition de la peine de mort et les deux mandats de Jacques Chirac par la fin du service militaire obligatoire. Les deux derniers prédécesseurs de Nicolas Sarkozy auront ensuite gouverné respectivement 14 et 12 ans, laissant derrière eux des bilans faméliques.

Quel intérêt ont les présidents fraichement élus à se ruer sur le « sociétal » comme la vache va au taureau ? Ces réformes ont de quoi séduire. Elles s’inscrivent à merveille dans le « story-telling » médiatique d’un début de mandat (« un ciel nouveau, une terre nouvelle ») et incarnent symboliquement une rupture avec le régime précédent que l’exercice du pouvoir ne pourra qu’éroder.

Symboliques, marquantes et facilement « vendables », elles ont surtout pour insigne avantage de ne rien coûter aux contribuables… qualité rare en période de vache maigre budgétaire que de pouvoir s’offrir une rasade de changement à coût zéro !

François Hollande, le PS et l’alibi progressiste du « sociétal »

En proposant d’autoriser le vote des étrangers lors des élections locales, de légaliser les mariages homosexuels et l’homoparentalité, François Hollande va néanmoins beaucoup plus loin que les réformes cosmétiques consenties par la droite et la gauche avant lui. C’est aux équilibristes que jouent les socialistes en chamboulant (en toute connaissance de cause) deux piliers fondamentaux de la société (la citoyenneté et la famille).

Pourquoi prendre le risque d’un big-bang sociétal ? C’est qu’en réalité la gauche n’a pas vraiment le choix. Ces mesures doivent permettre à François Hollande de résoudre une équation devenue intenable au fil des ans pour le PS : comment incarner le progressisme (si cher à la mythologie de gauche) quand on a semé le prolétariat en route depuis belle lurette, et que le projet social-démocrate que l’on porte n’est finalement pas très éloigné de celui des « méchants réactionnaires » de droite ?

Or, comme François Hollande est un européiste et un « colberto-capitaliste » tout aussi acharné que Nicolas Sarkozy ; comme il répugne (malgré ses récentes envolées lyriques) à se plier aux fantasmes de l’extrême-gauche ; et comme enfin les caisses de l’Etat sont vides et incapables de s’offrir le luxe de financer de grands projets sociaux de gauche (retraite à 60 ans, 35 heures),… Les alternatives ne sont pas légion.

Les réformes sociétales qui marqueraient les premiers pas d’un quinquennat Hollande seraient donc politiquement indispensables… ne serait-ce que pour justifier les tombereaux de renoncement auxquels ses électeurs devront ensuite faire face. Avec en prime le luxe de s’offrir quelques jolies lignes à l’heure de tirer les bilans d’un quinquennat qui s’annonce compliqué.

Coup politique et coût pour la société ?

Joli coup politique ? Certes, même si engoncée dans ses certitudes progressistes la gauche ne perçoit peut-être pas totalement l’attachement viscéral des Français non-politisés aux valeurs structurantes que sont la famille et la citoyenneté. Quoi qu’il en soit, un bon coup politique ne fait pas une bonne politique.

On aurait tort de sous-estimer l’impact que ces deux réformes auraient sur notre société. Qu’on le veuille ou non, le vote des étrangers va faire évoluer notre démocratie vers un autre système… où le destin (y compris local) de la France ne sera plus de la responsabilité exclusive de ses ressortissants.

Si la mesure a tout pour plaire aux sectateurs du multiculturalisme, de l’abolition des frontières (peut-être une idée programmatique pour 2017 ?) et de la dissolution des identités passées au broyeur de l’idéologie du métissage, elle pose les bases d’une autre France et d’une nouvelle conception de la citoyenneté.

Le mariage homosexuel, et son pendant logique que constitue l’homoparentalité, n’est pas une mesure anecdotique non plus. Loin s’en faut. Il ne s’agit ni plus ni moins que de redéfinir la famille et son rôle dans la société. En faisant du mariage un droit individuel (dont les homosexuels ne sauraient être privés sans discrimination), on relègue la famille dans la sphère privée (deux personnes qui choisissent librement d’unir leurs vies).

Cette conception individualiste du mariage et de la famille est idéologique et réductrice. Non, la fondation d’une famille n’est pas qu’un choix entre deux individus : c’est avant tout un instrument de reproduction et de transmission trans-générationnel. Si l’adoption homosexuelle est une option ouverte, la nature a malgré toutes ses raisons… que la raison du progressisme socialiste ignore de toute évidence.

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