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Hollande à l'Élysée : l'effet placebo
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Zone franche

Hollande à l'Élysée : l'effet placebo

L’élection de François Hollande, si elle devait ne pas faire de bien, ne devrait pas faire de mal non plus. Aux Français de se taper le vrai boulot.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Nicolas Sarkozy, pour clivant et brouillon qu’il ait été, ne mérite probablement pas l’indignité qui lui est faite. François Hollande, pour transcendé qu’il paraisse depuis hier soir, n’est sans doute pas réellement porteur de tous les espoirs qu’il suscite. Mais cette France dépressive avait besoin d’un coup de fouet et elle vient peut-être de l’obtenir avec cet échange standard.

L’état de grâce, ce n’est pas juste un moment hors du temps pour le nouvel occupant de l’Élysée, une période pendant laquelle il peut tenter plus ou moins n’importe quoi sous le regard indulgent d’une presse en pâmoison. L’état de grâce, c’est aussi la période que s’accorde un pays pour se remettre à espérer que l’avenir n’est pas si noir – et même carrément rose en l’occurrence.

Imaginer que c’est en recrutant quelques dizaines de milliers de profs et en taxant un peu plus les millionnaires que l’on relancera la machine est certainement montrer un sacré faible pour la méthode Coué. Mais une France qui se complait dans ses malheurs quand un coup d’œil chez les voisins – en Italie, en Espagne ou en Grande-Bretagne – lui prouverait qu’elle pleure souvent la bouche pleine, a besoin de bonnes nouvelles. En voici une de taille.

On sait grâce aux coupes du monde de foot que tout ce qui passe pour une grande victoire collective, même sans impact concret sur quoi que ce soit au-delà du compte en banque d’une poignée d’idoles en short, ajoute quelques points au PIB (en 98, la croissance française avait bondi de 5,8% dans le trimestre suivant la victoire). Le PS, qui contrôle l’ensemble des structures de décisions locales ou nationales, a sans doute plus de capacité à stimuler l’économie qu’un Zidane ou un Deschamps, mais pas beaucoup plus compte tenu des contraintes qui pèsent sur lui..

Aux Français de faire le vrai boulot. En tout cas ils viennent de s'injecter un fameux placebo.

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PS : Zone franche s’arrête. Son auteur vogue vers de nouvelles aventures après avoir partagé celle du lancement d’Atlantico, auquel il souhaite, évidemment, bon « vent nouveau ». Réussite d’audience, mais aussi réussite éditoriale, le site a trouvé sa place et la confortera certainement davantage si le Sarko-bashing cède la place à un Hollando-praising tout aussi moutonnier...

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