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François Hollande, le candidat qui ne voulait pas froisser les "cocons", ces "corporatistes conservateurs"
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Président du consensus

François Hollande, le candidat qui ne voulait pas froisser les "cocons", ces "corporatistes conservateurs"

Le point de vue de Charles Beigbeder, candidat à la députation du 12ème arrondissement de Paris pour l'UMP.

Charles Beigbeder

Charles Beigbeder

Président de sa holding industrielle et financière, Gravitation SAS, Charles Beigbeder est engagé dans plusieurs mouvements liés à l'entreprise et à la vie de la cité.

Il est conseiller municipal du 8ème arrondissement de Paris.
 

 

 

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Une élection présidentielle correspond à un double exercice de choix pour les Français : ils doivent non seulement dire lequel, parmi les programmes proposés, correspond à leurs attentes, mais aussi désigner une personnalité qui présente les qualités nécessaires pour l’appliquer. Face aux défis titanesques que notre pays doit affronter, jamais sans doute cette seconde dimension de l’élection n’a eu autant d’importance, jamais la capacité à faire preuve de détermination, de décision et de compréhension fine de la complexité n’a été si nécessaire à un président.

Pourtant, marqué par des luttes intestines qui ont conduit à sa défaite en 2007, le Parti socialiste a choisi de présenter un homme de consensus, sans expérience, soucieux de ne pas froisser ces « cocons » (corporatistes conservateurs), syndicats, fédérations, lobbies de tous horizons, qui œuvrent tous ensembles en France pour un immobilisme mortifère.

Enarque, François Hollande en a les qualités et les défauts, comme ses propositions dont il a le secret, réminiscences des plans en 2 parties, 2 sous-parties : oui la loi Hadopi est mauvaise pour les internautes, mais elle protège les industries numériques ; oui la sécurité sociale va faire faillite, mais il n’est pas possible de faire des économies… Des paroles démagogiques qui flattent mais qui, enfermées dans un principe de réalité inextricable, aboutissent à ne rien faire, continuer à s’endetter, repousser la date de l’équilibre budgétaire. D’ailleurs, pour désigner pareille situation, les Belges ont fini par inventer l’amusant qualificatif « chèvre-choutiste » où, à force de ménager l’un et l’autre, la chèvre meurt de vieillesse devant un chou.

Fonctionnaire, François Hollande en a les qualités et les défauts, il croit à la vertu de l’intérêt général. Hélas, il en méconnait la vraie nature, l’intérêt général n’est pas celui de ceux qui crient le plus fort, bloquent les aéroports ou les voies ferrées, incendient pour se faire entendre. L’intérêt général c’est l’intérêt des millions de Français qui travaillent ou veulent travailler, se loger, qui ont cotisé, ne comprennent pas qu’une poignée de syndiqués ait coulé Sea France ou le port de Marseille, et qui n’acceptaient plus d’éponger des régimes spéciaux de retraites en déficit perpétuel.

François Hollande est un homme malléable qui, face à la difficulté, est adepte de la table-ronde, du dialogue. Mais, dans son angoisse de s’aliéner une partie de l’électorat, il évite constamment la précision. Dans son livre, Changer de destin, la méthode est déclinée à l’envi. Sur la dette, la dépense publique, l’insécurité, la loi Hadopi, l’euthanasie, le scénario est simple, François Hollande envisage les différentes solutions, bien qu’elles soient totalement contradictoires, pèse le pour et le contre, sans trancher, puis conclut par une pirouette en rappelant que ce qui importe c’est le dialogue.

La France n’a pas besoin d’un arbitre mais d’un capitaine. Oui, notre capitaine a crié, juré même, mais il a toujours tenu la barre, évitant les récifs pendant la tempête. Evidemment dans une telle tempête, le navire France a connu son lot d’avaries, évidemment, nous aurions pu encore avancer plus vite. Mais il faut garder le cap, comprenons bien que l’accalmie sur les marchés financiers n’est que temporaire. L’ignorer pour couper les moteurs et retomber dans l’immobilisme serait une immense erreur.

Le futur Président devra poursuivre énergiquement la diminution des dépenses publiques pour réduire nos déficits, autour de deux grands axes : d’une part la mise en ordre des collectivités territoriales qui s’endettent et lèvent toujours plus d’impôts locaux, d’autre part, la refondation de notre Sécurité Sociale pour la préserver. Le système de retraites, rééquilibré par la réforme de 2010, devra être optimisé en 2013 avec la fusion des régimes subsistants dans un régime universel, le même pour tous, avec une retraite à points ; l’assurance maladie, dont le déficit atteint 19 milliards d’euros par an, devra être financée pour durer ; l’assurance chômage devra être réorientée, à la manière de ce qui se fait au Danemark ou en Suède, vers la formation et la reprise d’emploi.

Ces défis, seul un homme d’expérience, imprégné de la pratique intensive des institutions de la République et des sommets internationaux, pourra les relever. L’homme providentiel, tout comme le dirigeant parfait, n’existe pas. Mais gouverner la France nécessite des compétences, des qualités que l’expérience peut donner. Napoléon ne disait-il pas « La vraie sagesse des nations est l'expérience » ? Il est temps que les Français s’en souviennent pour éviter de précipiter le pays dans les eaux tièdes du consensus.

Charles Beigbeder est l'un des actionnaires d'Atlantico.

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