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France-Soir, c’est fini... 
Hein ? Quoi ? Encore ?
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Zone franche

France-Soir, c’est fini... Hein ? Quoi ? Encore ?

France-Soir version papier s’arrête mais poursuit son aventure sur le Web. Est-ce que ça peut marcher ? En principe non, mais c’est France-Soir après tout…

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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France-Soir a déjà eu tellement de vies qu’on a du mal à croire qu’il ait vraiment épuisé la dernière.

Donné pour mort tous les trois ans depuis un quart de siècle, le « grand quotidien de Pierre Lazareff » – comme on dit même lorsqu’on n’a pas la moindre idée de ce qu’a représenté ce cador dans le paysage français des médias – se débrouille généralement pour devenir la danseuse d’un nouvel investisseur, lequel finit un jour par jeter l’éponge écœuré.

Un peu comme Libé, quoi, mais sans le côté hype…

S’il s’arrête pour de bon, en tout cas, ça ne sera la preuve de rien : ni de l’inexorable marche en avant du Web, ni de la désaffection des lecteurs pour la presse populaire. Riche patron après riche patron, il ne s’est jamais vu offrir la chance de devenir un authentique tabloïd à l’allemande ou à l’anglaise, du genre de ceux qui vendent deux ou trois millions d’exemplaires par jour à coups de ragots, de filles dénudées et de commentaires de foot.

C’est que, même lorsque le fiston d’un oligarque russe aux poches en forme de corne d’abondance s’empare du trophée, le canard reste sur un quant-à-soi bien élevé :

« Faire comme Bild ? Faire comme The Sun ? Ça va pas la tête ? Pas de ça chez nous ! On fait peut-être de la presse de masse, mais pas au point de rouler dans le caniveau ».

Dommage. Non pas que les « pages 3 » du Sun soient indispensables à une offre de presse quotidienne exhaustive : on peut évidemment vivre sans, comme on peut vivre sans collection Harlequin, « Feux de l’amour » et Tiercé-Quarté-Quinté +. Le truc, c’est qu’on peut aussi vivre avec, que ça donne du plaisir à un tas de gens et des jobs à un tas d’autre.

D’un autre côté, on ne sait pas si le pari serait tenable. Un vrai tabloïd, ce n’est pas que du cul, du foot et de potins ; c’est aussi un prix de vente au ras-des-pâquerettes et des kiosques à tous les coins de rue comme à Londres ou à Berlin. En France, où les quotidiens coûtent un bras et sont introuvables, on part avec un sérieux handicap.

C’est même ce qui a fait reculer les Allemands d’Axel Springer lorsqu’ils ont envisagé de tenter le coup.

Mais France-Soir sans édition papier et sur le seul Web, est-ce que ça peut marcher ? Sans doute pas. Pour le moment encore, l’info sur Internet est le royaume du low cost et même une rédaction étique comme celle du minuscule quotidien est surdimensionnée par rapport à celle d’un Rue89 ou d’un Médiapart, pour ne rien dire d’un Atlantico – dernier-né de la série.

Selon toute probabilité, le titre végétera quelques mois sur la Toile puis coulera.

Ou peut-être pas, qui sait... C’est France-Soir, après tout.

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