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Bachar el Assad.
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EDITORIAL

L'Occident patine en Libye, et laisse tuer en Syrie

Le nombre de morts qui augmente chaque jour souligne notre impuissance.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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La France commence à partir en vacances ce week-end, pendant que, non contentes de montrer leur impuissance à faire tomber le régime libyen, malgré des mois de "bombardements" dans une guerre qui s'enlise sans que leurs opinions ne s'émeuvent, les "grandes" puissances occidentales affichent une indifférence sereine face au régime syrien qui continue à tirer sur sa population, loin du regard des médias étrangers, interdits dans le pays.

La Syrie a raison : pas d'images spectaculaires, pas d'émotion médiatique, les spécialistes de l'indignation saluent le courage et la dignité de l'épouse de DSK, mais ne remplissent pas les colonnes de journaux avec leur indignation face au drame syrien, et l'opinion ne bouge pas.

Si l'offensive militaire occidentale contre Kadhafi se traîne sans résultats, la contestation de la population syrienne, elle, persiste et résiste à l'usure du temps et de la répression depuis près de quatre mois. On l'a vu vendredi dans la ville de Hama, à 200 km de Damas, où selon le président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme Rami Abdel-Rahmane, près de 500 000 personnes auraient manifesté hier vendredi.

L'Organisation nationale des droits de l'Homme estime à 28, le nombre de morts, tués par les forces de l'ordre dans plusieurs villes, hier. On aimerait connaître le nombre total de morts et de blessés depuis le début de la contestation en mars dernier.

Le site du ministère français des Affaires étrangères, mis à jour le 10 juin, explique "Il est conseillé de différer tous les projets de voyage vers la Syrie bien que les ressortissants étrangers ne soient pas jusqu’à présent directement menacés." et le Quai d'orsay avance un chiffre "des violences survenues ces dernières semaines dans le pays (notamment dans le Hauran et à Deraa, à Homs, Banias, Lattaquié, Hama, Jisr al-Choughour et dans certaines zones périphériques de Damas, régions et villes où il convient d’éviter de se rendre), où sont désormais à déplorer plus d’un millier de morts."

Mais le bilan humain semble acceptable pour les Occidentaux, qui se contentent de pieuses déclarations, comme la ministre des Affaires étrangères, Hillary Clinton, hier qui dénonce "l'incohérence" du pouvoir syrien.

Peur de déstabiliser la région, aux portes de la Turquie, ou réalisme lucide sur la faiblesse de nos moyens de pression diplomatiques et militaires (on n'arrive à rien en Libye, inutile d'essayer de faire peur à la Syrie, pas assez d'avions, pas assez de munitions, trop loin de nos bases) ? En tout cas le régime syrien peut continuer à massacrer en silence.

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