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La France pourrait devenir le Luna Park du monde...
La France pourrait devenir le Luna Park du monde...
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EDITORIAL

Sans la France, le monde s’emmerderait

Et si la France n’était pas en panne de moteur économique, mais se trompait tout simplement de pédale ?

Rendons à César ce qui est à César. La fête de la Musique ? Invention française copiée partout dans le monde. Les journées du Patrimoine ? Invention française, devenue européenne. La meilleure cuisine au monde ? Française, c’est l’UNESCO qui le dit. Ajoutez à cela le mètre étalon (vive la Révolution, modèle de tous les peuples en mal de liberté), l’aviation (les frères Wright sont des usurpateurs, Clément Ader avait décollé bien avant eux), le cinéma (Apollo XIII n’est qu’un remake du « voyage dans la Lune » de Méliès) et franchement, il ne fait aucun doute que sans la France, le monde s’emmerderait.

De quoi rêvent les Américains toute leur vie ? D’une longue virée à Paris,  mythe idéalisé aussi bien par Gene Kelly que Woody Allen. Les Allemands ? Leben wie Gott in Frankreich, de vivre comme Dieu en France. Les Anglais, qui ont cessé de nous envahir et même rentrent au pays sous la contrainte d’une livre faiblarde face à l’euro ?  D’un cottage en Normandie ou mieux,  d’un mas dans le Lubéron, histoire de noyer dans la masse des coups de soleil leurs tâches de rousseurs.

Pour la huitième année consécutive, la balance commerciale française affiche un déficit, qui vole de record en record. Plus de 60 milliards sur les douze derniers mois, en année glissante. Et rien ne semble laisser espérer une amélioration de la situation dans les mois et années à venir.

Au Bourget, bien sûr, les constructeurs français vont annoncer des tas de contrats dont on sait qu’ils étaient pour certains bouclés depuis des mois (et comptabilisés comme tels), mais gardés sous le coude pour renforcer les effets d’annonce. Cela améliorera peut-être les statistiques pour 2011, bien que l’année ait fort mal démarré, battant record sur record. Mais l’aéronautique, en fait, c’est beaucoup de bruit pour pas grand chose. 34,65 milliards d’euros de CA (en 2007), 125 000 emplois, contre 140 milliards pour le secteur agroalimentaire, et 400 000 emplois !

Mais ce n’est pas notre agriculture qui nous sauvera : bien que principale contributrice à nos exportations en volume et en valeur, elle tire la langue, et pas seulement à cause de la sécheresse cette année. Secteur en crise, secteur subventionné, secteur sinistré, mais secteur que nous serons bien content d’avoir un tant soit peu préservé malgré tout, en cas de lendemains qui déchantent. 

L’automobile ? Oui on achète encore des voitures françaises en Europe et dans le monde (plus de 5 millions), mais le pari du tout électrique pris par Renault se fait à quitte ou double.

Alors ne boudons pas notre plaisir. Ce que j’ai lu sous la plume de certains économistes ou éditorialistes sous la forme d’une boutade, ou encore d’une menace, à savoir que la France pourrait devenir le Luna Park du monde, est un pari raisonnable pour l’avenir. Le tourisme pèse pour près de 7 % de notre PIB et plus de 100 milliards d’euros. C’est, de toutes les activités, la seule par essence qui ne soit pas délocalisable. C’est aussi sans doute la seule qui permette aujourd’hui de démarrer petit, seul, sans capital ou presque : Vendeur de churros (spécialité… espagnole) sur la plage, deviendra patron de grande paillotte les pieds dans l’eau dans cinq ans en se débrouillant bien. Les métiers de paresseux ne sont pas des métiers de paresseux.

Bien sûr, persiste le problème du transport. Quand je dis autour de moi à mes amis de profiter des billets d’avion qui permettent de faire quelques milliers de kilomètres, pour quelques dizaines, ou quelques centaines d’euros, tant que c’est encore possible, ils me regardent de travers. Ils s’en souviendront quand Paris / New York ne sera plus proposé à 300 euros, mais à 3000, ou à 30 000 ! 

Mais ce point haut, que nous verrons quasiment à coup (et à coût) sur, n’est peut-être que pour dans dix ans, voire, dans vingt ans. Et entre temps, il faut bien vivre, et pour cela changer de modèle. Des millions de Chinois de la classe moyenne rêvent du grand voyage en Europe, et en particulier, en France, comme les Japonais avant eux. Tous les Américains n’ont pas encore franchi l’Atlantique. Les Allemands ne jurent toujours que par la douceur de vivre française, et partagent encore pour quelques temps, chance, la même monnaie.

La France a donc tout intérêt à mettre le cap sur le tourisme avec un grand T, les voiles gonflées par les remous provoqués par les révolutions arabes et l’instabilité politique africaine, entre autre.

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