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Qui, de Barcelone ou de Manchester, soulèvera la coupe ce samedi ?
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Sur la touche

Ligue des Champions : le foot français toujours sur le banc des remplaçants

Le FC Barcelone et Manchester United s’affrontent à Wembley pour la finale de la ligue des Champions. Toujours pas de clubs français à ce niveau... Normal : la Ligue 1 ne permet pas à Lyon ou à Marseille d'avoir les moyens de leurs ambitions.

 Ca réagit

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Ca réagit est un blogueur anonyme en sommeil (politique et foot).

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Figurez-vous que je n’ai pas connu Michel Platini joueur. Autant que je m’en souvienne, il a toujours arboré des formes pour le moins généreuses sous des costumes foncés, assez incompatibles avec le métier de footballeur. Il n’en demeure pas moins qu’un bon supporter de football ne renie pas l’Histoire. Je m’en remets donc à mes ainés et aux archives, pour avoir toutes les raisons de tenir l’homme en respect. Le destin est taquin avec Michel, figurez-vous que ce samedi 28 mai sera (à un jour près) la date anniversaire de l’adoption par l’UEFA du « fair-play financier », le projet phare du mandat de Michel Platini. Le « fair-play financier » vise à ralentir - autant que faire ce peu -  les dépenses des clubs de football européens et à faire le ménage dans les comptes. Samedi soir, entre le fromage et le dessert, j’espère que Michel Platini ne pensera pas trop à son « fair-play financier » au risque de compromettre la bonne digestion qui est normalement la sienne.

La finale des mauvais élèves

Oui car, disons-le, le FC Barcelone et Manchester United ne figurent pas - et de loin - parmi la liste des bons élèves européens. Le Barça et MU se collent, chacun, près de 500 millions d'euros de dette et avancent chaque années avec des budgets pharaoniques qui font cauchemarder Jean-Michel Aulas et ses amis présidents de clubs français. Ainsi lorsque le Barça s’éprend, l’an dernier, de passion pour le buteur espagnol David Villa, il aligne 40 millions d'euros pour s’attacher ses services sans trop de discussions. 40 millions d'euros, le budget annuel de l’AS Nancy Lorraine.

Dans ce débat là, le bon vieux marronnier revient à se demander qui des résultats ou de l’argent est le vrai déclencheur de l’autre ? Pour ce qui est de Barcelone et de Manchester, l’un comme l’autre ont su maximiser les différentes sources de revenus du football du XXIe siècle. Stade, droits merchandising, droits TV, revenus de transferts de joueurs, les deux géants sont des références au niveau européen dès lors que l’on parle sport business. Et s’il n’existe pas de lien mathématique entre les budgets et les résultats (regardez Chelsea cette saison…), force est de constater que les deux clubs régalent les foules dès qu’ils agitent la baballe.

Le foot français, nul en marketing

En France, comme chaque année à la même époque, on aimera à se demander, un poil masochistes, mais pourquoi sommes-nous, nous Français, aussi nuls ? Dans la valse des spécialistes autoproclamés, je tente ma chance. La première vraie raison est que la France n’est, objectivement, pas un pays de passionnés de football. Avec un taux de remplissage de ses stades de L1 de 69,5 % cette saison et une affluence moyenne de 19 821 spectateurs (LFP), la Ligue 1 fait moins recette que le club de Bolton, Stoke City ou Fulham scotchés dans la seconde partie du classement de première League anglaise. Ce relatif désamour des Français pour le ballon rond impacte directement la première source de financement des clubs français, les droits TV.

Le championnat français navigue actuellement sous un contrat qui le lie à Canal + jusqu’en 2012 sur une base de 668 millions d'euros par saison, montant qui ne comprend pas les éventuels droits de retransmission à l’étranger. Point différenciant majeur, les Français n’ont – jusqu’alors – pas travaillé l’image de marque des clubs hors de nos frontières là où les stars européennes ne cessent d’outrepasser leurs frontières pour viser les marchés européens et – désormais – émergents.

La Ligue 1, trop équitable

Autre différence majeure, le mode d’allocation des droits TV n’est pas la même partout en Europe. En France, animé par notre éternelle quête d’égalité parfaite, l’on préfère mutualiser la ressource entre tous les acteurs. Les gros clubs ne sont guère mieux considérés dans l’attribution de cette ressource financière. C’est ainsi que le championnat français possède l’écart type le plus resserré entre le club le mieux doté et le club le moins bien servi. Autrement dit, la Ligue profite de l’éventuelle réussite sportive de certains pour arroser le reste du football français. Ailleurs, les droits sont individualisés, les meilleurs dévorent la plus grosse part et laissent les miettes aux faire-valoir des divers championnats. Les championnats sont ainsi tirés par des quelques stars à défaut de conserver une meute égale… dans le niveau moyen comme chez nous.

A la vérité, le principal problème du football français est que justement il est… français. Il est parfaitement français dans sa quête d’égalité, il est français dans son incapacité chronique à s’exporter, il est français dans son rêve de terroir plus que d’international, il est français dans sa détestation des champions et dans son amour du perdant digne, il est français jusque dans sa méfiance à l’égard des pétrodollars Russes ou Orientaux.

Et, à la manière des questions économiques et sociales qui nous obsèdent, nous aimons à nous regarder et à nous questionner longuement, pourquoi sommes-nous aussi nuls ? Que faut-il faire ? Le seul moyen est d’aligner le monde sur notre système qui, c’est bien connu, est le meilleur au monde.

Alors Sarkozy inventa son G20 et Platini son « fair-play financier ».

En 2014/2015, le « fair-play financier » de Michel Platini entrera en action, l’occasion de faire le ménage dans « l’inflation des dépenses » des clubs. Mais nous n’en sommes pas là. Asseyez-vous, allumez la TV et profitez du spectacle.

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