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DSK : les féministes vont finir par lui dire merci
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DSK : les féministes vont finir par lui dire merci

L’affaire DSK, c’est l’électrochoc dont les beaufs de la politique avaient besoin pour se mettre au diapason de la société française.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Maintenant que les DSKistes les plus énamourés sont redescendus sur terre et admettent que « troussage de domestique » et harcèlement sexuel (même sans « mort d’homme »), ça ne se fait définitivement pas, on peut presque commencer à se réjouir.

Eh oui, c’est le fameux « mal pour un bien », le « deuxième effet kiss cool » ‒ même si le « kiss », pour le coup, est peut-être un peu malvenu…

Un type pour lequel on avait le plus grand respect est accusé d’un viol, les langues se délient et l’on découvre avec stupéfaction que, dans les milieux politiques, se montrer « trop pressant » avec les femmes n’est toujours pas considéré comme un « vrai » problème. On découvre qu’au final, les « élites » sont à la remorque d'une société qu'elles sont pourtant censées précéder.

Car qu’on n’en doute pas : rares sont les environnements professionnels où les mains aux fesses et autres coinçages dans l'ascenseur ne sont pas vus, au très grand minimum, comme une terrible faute de goût. Ces comportements n’ont évidemment pas été éradiqués, loin s’en faut, mais l’on aura du mal à dénicher le DRH s'amusant publiquement des attouchements dont serait victime une salariée de son entreprise...

Le « Français moyen » plus éclairé que le « politique moyen » ?

Et que l’on n’aille pas s’indigner de ce qu’un nouveau pan du caractère français soit fichu en l’air par la pudibonderie anglo-saxonne. Les mains aux fesses et les coinçages d’ascenseurs, ce n’est pas le caractère français ! C’est tout au plus le caractère de certains Français postulant que leurs pratiques sont la norme, mais qu'une évidente endogamie culturelle empêche d'ouvrir les yeux.

De fait, le « Français moyen » du point de vue du « politique moyen » n’est pas un individu très sympathique. C’est essentiellement, et même lorsqu'il vote très à gauche, un conservateur bon teint qui n’aime pas beaucoup les étrangers, pas beaucoup les pédés, pas beaucoup l’Europe, pas beaucoup les fumeurs de joints, pas beaucoup les limitations de vitesse sur l’autoroute et, last but not least, pas beaucoup les femmes qui s’assument dans leur vie professionnelle ou personnelle.

C’est bien simple : le Français moyen pour le politique moyen, c’est un beauf auquel il convient de ressembler. Le hic, c’est que le beauf en question est une construction aussi artificielle que « la ménagère de moins de cinquante ans » des publicitaires ― d'ailleurs récemment remplacée par une « digital mum » moins archaïque.

Le choc des Français devant l’affaire DSK, ce n’est donc pas tant l'enfermement dans une prison de série télé d’un homme qu’ils imaginaient en président, mais la réalisation d'un immense fossé de valeurs. Et archétype pour archétype, le Français moyen se sent clairement plus proche d'une « domestique troussée » par un puissant que d'un amateur de mains aux fesses.

Si c'est la leçon qu'en tirent les politiques, qui sait si les féministes ne finiront par le remercier, l'homme du Sofitel...

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