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Depuis un an, les plans sociaux ne cessent de pleuvoir sur notre pays
Depuis un an, les plans sociaux ne cessent de pleuvoir sur notre pays
©REUTERS/Chris Wattie

1001 plans sociaux

Faillites en cascade : croissance fantôme, pesanteurs administratives et/ou erreurs de gestion… radiographie de ce qui tue vraiment les entreprises françaises

Depuis un an, les plans sociaux ne cessent de pleuvoir sur notre pays, et celui annoncé ce vendredi de l'entreprise de messagerie Mory Ducros apparait comme celui de trop. Si le contexte juridique et fiscal de notre pays est loin d'aider les patrons français, sont également en cause une vision colbertiste de l'économie et des problèmes de gestion interne.

Atlantico : La Redoute, Fagor Brandt et Mory Ducros, en un an, la France a connu plus de 1000 plans sociaux. Quelle conclusion peut-on en tirer quant à la situation économique globale du pays ?

Jean-Yves Archer : Depuis plusieurs mois, la France subit une vague de plans sociaux qui tourne à la déferlante tant les volumes d'emplois détruits sont importants. Les entreprises sont usées par cette crise qui ne semble pas devoir finir et qui lamine leurs marges (taux de marge de 28% contre 45% en Allemagne ). Dès lors, elles ont recours à un outil technique qui est le plan de sauvegarde de l'emploi ou à un outil juridique radical : la déclaration de cessation des paiements comme dans le cas du transporteur Mory Ducros, dernière mauvaise nouvelle en date.

Les plans sociaux sont-ils une fatalité ? Certains le pensent et soulignent le mauvais climat des affaires que les atermoiements du gouvernement viennent renforcer (suite d'annonces contradictoires). Une chose est acquise : bien peu des solutions réalistes du rapport Gallois émis il y a exactement un an ont été traduites en actes ce qui rend d'autant plus friable notre tissu productif, particulièrement dans l'industrie. (Fagor Brandt, Bosch à Vénissieux, etc.). Des emblèmes sont touchés telle que La Redoute ou Air France avec ses plans de départ volontaire à répétition dignes de ceux de la Société Générale.

Dès lors, il est légitime d'essayer d'identifier – posément – ce qui provoque l'apparition d'un plan social qui est un mécanisme que les lois ont rendu d'un maniement délicat et assez complexe.

Ce qui génère un plan social est rarement univoque : en fait, cette contraction hélas souvent importante d'effectifs vient de plusieurs facteurs.

Alain Fabre : Le pays n’est pas en période de crise, il est en situation d’effondrement de son économie. D’un autre côté, il y a des entreprises françaises qui réussissent merveilleusement bien puisque la France a 23 "grands groupes" contre 18 en Allemagne. Lorsque des PME parviennent à se sortir des lourdeurs françaises, elles parviennent à faire de très belles choses. Toutefois, comme site de production, la France est en train de littéralement s’effondrer, tant et si bien qu’il n’est plus possible d’appuyer une réussite économique sur une production dans notre pays. Lorsque l’on voit tous ces plans sociaux, c’est bien par ce prisme là qu’il faut analyser la situation.

Le rôle joué par le dialogue social dans cette situation 

Alain Fabre : Effectivement la classe politique et les organisations syndicales considèrent l’entreprise comme le lieu de la lutte des classes. La comparaison avec l’Allemagne est navrante puisque là-bas l’entreprise y est au contraire perçue comme un lieu de cohésion sociale où toutes les classes se côtoient. Elle est gouvernée par un principe de responsabilité des uns envers les autres. Cela permet aux syndicats d’accepter les sacrifices dans les périodes difficiles et les dirigeants de récompenser les employés dans les périodes de santé économique. Notre perception française de l’entreprise comme d’un affrontement a donc naturellement des conséquences désastreuses sur les performances économiques.

Les clients sont-ils toujours au rendez-vous ?

Jean-Yves Archer : En premier lieu, il faut citer le cas des clients en prenant bien soin de répartir cette cause selon trois origines qui répondent à trois questions distinctes : a ) Comment va notre carnet de commandes ? b ) Comment tenons-nous face à la concurrence ? c ) Comptablement, comment évolue le poste clients ?

En période de crise d'activité (voir le niveau actuel de la croissance aux environs de + 0,1%), le carnet de commandes est nécessairement atteint de plein fouet. Dans le cas de Peugeot, la rareté des clients (faibles achats de biens durables en temps de crise) a gonflé le volume de stock de produits finis et engendré un effet de ciseaux très périlleux : moindres recettes et parallèlement moindre absorption des charges fixes. De là provient un assèchement progressif de la trésorerie du fait du "cash-burning rate".

A côté de cette question du carnet de commandes issu de la conjoncture médiocre, l'aspect client vient bien évidemment de la capacité de l'entreprise à faire face à une détérioration de sa position concurrentielle. Dans le cas du volailler Doux et d'autres acteurs de la filière avicole bretonne, il est confirmé que des marchés du Moyen-Orient ont été perdus car les produits d'entrée de gamme ont été concurrencés par leurs homologues brésiliens ou autres. A partir de là, on peut dérouler un tapis d'explications (main d'œuvre trop chère en Europe, parité de la monnaie Euro, faiblesse des marges sur des produits de base, etc.), il n'en demeure pas moins que le facteur résultant est la chute du carnet de commandes et la perte du client. Or, tous les commerciaux (de Toshiba, de Nestlé ou de Siemens) vous confirmeront qu'un client perdu est difficile et coûteux à reprendre : programmes dits de "win-back".

Au plan de la réflexion, les Professeurs de Harvard, Messieurs Norton et Kaplan, ont montré que la "balance scorecard" (voir "Le tableau de bord prospectif, Editions d'Organisation") est un outil permettant de suivre la manière dont les clients perçoivent l'entreprise. Autrement dit, ces auteurs ont montré à quel point il est crucial d'effectuer un suivi tangible de la satisfaction client : compétitivité, qualité des produits, délais de livraison, etc. Sur ce point, nous savons que nombre d'entreprises ont des efforts à faire. Il s'agit d'être "market-driven" et non pas de vouloir imposer ses vues aux clients. Du temps de feu Steve Jobs, Apple a su précéder les besoins des utilisateurs de smartphones et autres tablettes. Autrement dit, le marché tirait l'activité de l'entreprise qui – quant à elle – tirait en retour ses profits de ses ventes. A l'inverse, lorsque Renault saborde une jolie marque comme Alpine, tente d'imposer l'étrange coupé nommé Avantime, on perçoit le décrochage entre la firme et le terrain. De surcroît, l'expérience se répète : alors que 72% des automobilistes envisagent d'acheter, quand ils le pourront, un véhicule hybride, la firme au losange a misé l'essentiel de sa stratégie sur le 100% électrique. D'un côté Toyota, Lexus et ses succès en hybride, de l'autre le démarrage poussif et préoccupant de Zoé.

Ne pas se tenir debout face à la concurrence, c'est rentrer dans une impasse stratégique qui oblige à des plans de réductions des coûts : à devenir un Jivaro sur listing là où il fallait être vigilant au regard des attentes de son client comme savent le faire des firmes à succès comme Plastic Omnium (prix BFM TV), Faiveley industries, SEB ou encore Schneider Electric.

Troisième aspect de la dimension client : comment évolue, en comptabilité, le poste clients ? C'est un point crucial pour plusieurs raisons. D'abord l'argent qui est "dehors" fait que c'est l'entreprise fournisseur qui devient le banquier de son client ! Or en France, ce que l'on nomme le crédit inter-entreprises représente plus de 500 milliards d'euros. En temps de crise, c'est considérable et explique l'effet-domino des dépôts de bilan. Dans le cas – lourd, très lourd – du transporteur Mory Ducros, une éventuelle liquidation entraînerait la destruction juridique directe de plus de 5.200 emplois mais aussi par ricochets sur les sous-traitants la disparition économique de près de 2.000 emplois. Ainsi, un poste client mal tenu ou incontrôlable, c'est la certitude " de se faire planter un drapeau dans le dos " tout en perdant de l'activité. Il y a donc double impact négatif.

Les études de la COFACE ont montré les risques qu'encourt notre tissu productif avec cette anomalie française liée à l'ampleur des en-cours clients. Des mesures existent comme l'affacturage mais, à ce jour, les coûts délégués de recouvrement couvrent parfois le niveau de la marge demie-nette ce qui revient à travailler pour la gloire et non le profit. Parallèlement, la mesure de type Dailly a elle aussi été dévoyée. Initialement, l'entreprise cède sa créance de 100 à sa banque qui l'a recouvrera à échéance auprès du fournisseur et met, dans l'instant, une somme de 90 à disposition de son client. Hélas la crise aidant et les risques d'impayés allant en s'aggravant, les banques demandent un taux de couverture plus large. Si vous cédez 100 en Dailly, on ne vous crédite que de 60 à 70 et on vous verse un solde ultérieur amoindri par une marge (coefficient de risque) requise par l'établissement bancaire.

Le poste clients est de l'argent congelé ou de l'argent évaporé en cas de sinistre chez votre client : cette réalité justifie souvent des restructurations – et donc des plans sociaux – chez les fournisseurs comme l'ont montré les émouvantes larmes de cet éleveur qui livrait chez Doux sans avoir été payé depuis des semaines et allait devoir " virer une partie de son équipe ".

 

Le rôle du contexte juridique et fiscal

Alain Fabre : Le système français est tout d’abord devenu très couteux tant le niveau de prélèvement sur l’entreprise est élevé - environ 18% du PIB, la moyenne européenne se situant en 12 et 13%. C’est quasiment une prédation. Cela explique des taux de marges très faibles en France… Les entreprises se retrouvent donc handicapées, incapables d’innover, d’exporter etc.

Sur l’aspect réglementaire, les investisseurs internationaux sont victimes d’une sorte de scepticisme quant au système français tant il est devenu illisible et incompréhensible, surtout vu de l’extérieur.

La capacité à la modernisation

Alain Fabre : La modernisation est un concept assez équivoque puisque même les élites colbertistes françaises sont acquises à la modernisation. Sauf qu’elles la considèrent comme devant descendre d’elles jusqu’aux entreprises, comme liée au monopole du savoir et du pouvoir : c’est l’Etat stratège. Régulièrement, tous les chantres de la modernité industrielle expliquent que ce serait tellement mieux si l’Etat décidait de la politique industrielle de la France. Le Général de Gaulle disait même :  "Les Français ne doivent pas fabriquer des porte-clefs". Cela conduit à une forme de mépris des PME qui ne sont plus alors considérées que comme des sous-traitants… Il existe ce que l’on appelle le "chainon manquant français", c’est-à-dire l’absence de grosses PME françaises - 5000 contre 10000 en Allemagne dont on estime le manque à gagner à trois millions d’emploi. Ce qui n’est pas négligeable, vous en conviendrez.

Le progrès technique

Jean-Yves Archer : Déjà en 1995, Marc Blondel – l'ancien leader de Force Ouvrière – avait alerté les Pouvoirs publics sur les nouvelles règles de la technologie que l'on peut résumer ainsi : il faut de moins en moins de travailleurs pour produire toujours davantage. Lors de son passage à l'émission "L'heure de vérité" le 13 juin 1993 (il y a un peu plus de vingt ans), Claude Bébéar avait indiqué "que l'Etat écoutait trop de macroéconomistes et pas assez de microéconomistes". Effectivement, nombre d'études oublient d'aller voir sur site les conséquences de l'innovation qui est souvent destructrice d'emplois. Ce thème est établi depuis Schumpeter ou plus près de nous par Raymond Aron (18 leçons sur le société industrielle, 1962) ou par Bertrand Collomb, fondateur du Centre de Recherches en Gestion de l'Ecole Polytechnique.

Concrètement, l'automobile, le matériel ferroviaire et même l'aéronautique ( imminence de l'annonce d'une réduction de 20% des effectifs d'EADS Défense selon plusieurs agences allemandes dont DPA, soit plus de 6.000 emplois ) sont soumis à cette formidable accélération de la puissance de création de l'humanité qui se fait, hélas, au détriment des opérateurs et des travailleurs. D'ici à 10 ans, si un niveau acceptable de croissance revient, ce poste de technologies qui supprime tant et tant de postes de travail restera une cause essentielle des plans sociaux. L'exemple de l'univers des pneumatiques l'a brutalement démontré : Continental dans l'Oise, Goodyear dans la Somme et Michelin à une moindre échelle en Indre et Loire.

En résumé, la modification de la combinaison des facteurs de production avec une intensité de plus en plus forte en capital a un effet récessif sur le facteur travail.

La mondialisation et les délocalisations

Jean-Yves Archer : D'autant que le facteur travail est désormais, pour certains managers, une variable hors-sol : autrement dit délocalisable. Le cas du textile est impressionnant. Ayant quitté les sites de production en Europe (Nord de la France du début des années 1980), l'industrie s'est implantée au Maghreb et surtout en Tunisie pour un avantage comparatif lié aux moindres salaires. Puis ce fût la Chine. Et désormais, du fait de la hausse (relative) des salaires en Chine, des géants comme H&M vont s'installer en Ethiopie ou d'autres au Vietnam. La révolution physique des transports, la maîtrise de la logistique, la recherche d'un certain low-cost, la quête de marge du fait des faibles coûts de revient des pays émergents, sont autant d'éléments qui font que l'ouverture des frontières a été d'autant plus durablement mal ressentie par les travailleurs d'Europe qui ont vu s'évanouir des pans entiers d'activité. S'il existe des contre-exemples de relocalisations industrielles, nous savons qu'ils sont rares et que les créations d'emplois de ce type sont encore inférieures aux destructions par plans sociaux.

Alain Fabre : Ce que l’on appelle mondialisation est en fait un monde caractérisé par, contrairement à ce que l’on entend, l’hyper-industrialisation dans lequel les éléments les plus porteurs sont l’innovation et l’entrepreneuriat. Nous sommes donc bien loin du modèle colbertiste et keynésien de la France pour entrer dans un système plutôt basé sur les avantages comparatifs et la logique schumpétérienne qui donne la part belle à l’innovation et à l’initiative. Cela explique pourquoi nous en sortons handicapés et les Allemands avantagés.

Dans un contexte d’ouverture internationale comme celui-ci, la mondialisation est donc une extension des potentiels de développement économique. Les entreprises italiennes y parviennent parfaitement. La mondialisation ne se traduit donc normalement pas par une baisse des salaires mais par une amélioration des niveaux de vie. L’économie mondiale sur le moyen terme est un espace d’opportunités économiques à condition de savoir si on est capable de s’en servir. L’Allemagne montre que cela peut tout à fait servir à financer un Etat social basé sur un modèle économique compétitif.

Une logique à court terme

Jean-Yves Archer : Nombre de grands chefs d'entreprises comme Messieurs Mestrallet (Suez), de Margerie (Total) ou Serge Papin (System U) ou Georges Plassat (Carrefour) ont souvent dénoncé, chacun dans leurs styles, la pression de nature trimestrielle sur les résultats et exposé que ceci nuisait, in fine, à la pérennité de la firme qui doit parfois avoir du temps pour réaliser – et rentabiliser – un investissement. Dès lors, certains managers plus pressés – ou cupides selon leur propre intéressement – ont tendance à "tirer sur l'herbe pour qu'elle pousse plus vite" quitte à réaliser une omelette et à élaborer des plans sociaux par-delà leurs résultats bénéficiaires. A titre d'exemple, de récentes décisions de Sanofi ne manquent pas de poser question d'autant que le dialogue social a été mis laborieusement à l'ordre du jour de cette belle affaire multinationale.

Alain Fabre : Cela concerne essentiellement les grands groupes mais il est clair qu’il n’est pas pertinent d’avoir les yeux rivés sur le résultat trimestriel. C’est d’ailleurs là l’une des grandes forces des PME que de ne pas être soumise à cette pression quelque peu déraisonnable. Les entreprises ne peuvent réussir à satisfaire en même temps la performance économique et la performance sociale qu’à la condition de pouvoir se projeter dans le long terme et cela passe notamment par le fait d’avoir la main sur leurs gains de productivité.

Il faut rétablir en France une société de confiance plutôt qu’une "société de défiance", comme l’a écrit Pierre Cahuc sans quoi nous ne pourrons retrouver une situation économique viable.

 

L'ingérence de l'Etat

Jean-Yves Archer : Sur le présent site, nous avions travaillé sur la question de l'avenir de PSA suite à la célèbre phrase de Monsieur Montebourg disant que "Peugeot devait à la Nation". En reprenant, fidèlement notre texte datant du 15 juillet 2012, nous avions écrit :

"Dans le milieu des années 1970, les dirigeants de Citroën avaient envisagé une grande alliance avec Fiat. L'Etat s'y opposa et se tourna vers Peugeot qui n'était donc pas demandeur. Chacun sait, dans l'automobile, que cette fusion (1975) a été très difficile (bureaux d'études, intégration industrielle) et n'a probablement pas rapporté grand-chose à l'acquéreur. Autrement dit, la volonté de la Nation n'a pas été conforme aux intérêts de la firme au lion. Mais, il y a plus compliqué et beaucoup plus coûteux, l'Etat a imposé à Peugeot la reprise en 1979 de Chrysler-Europe : ex-Talbot et ex-Simca. Cette firme connaissait une panoplie de difficultés (financières, gamme, qualité, pyramide des âges des personnels, etc…). Et si la Nation n'avait pas trop chargé la barque du constructeur de Sochaux ?

Ainsi, nous sommes dans un pays où l'Etat a des dizaines de moyens de pression sur les firmes privées et on ne peut donc pas écarter que des décisions stratégiques d'un jour ne préfigurent des plans sociaux dans la décennie qui suit. Dans le cas d'Heuliez, était-il pertinent de laisser Renault rapatrier toute son activité bus et cars pour faire un joint-venture avec Iveco qui est – il faut le noter – seul et positivement à la barre de cette activité depuis le printemps 2013. D'aucuns auront déplumé Heuliez pour faire le nid d'un concurrent transalpin. L'Etat, à l'époque de cette décision de 1998, détenait plus de 15% du capital. Comprenne qui peut. Ce qui est certain, ce qu'enlever plus de 30% de son chiffre d'affaires à une ETI ( entreprise de taille intermédiaire ) centenaire n'a pas été une décision marquée du sceau du succès pour la collectivité que l'Etat a pour mission d'incarner et de défendre."

Les fusions-acquisitions

Jean-Yves Archer : La crise modifie presque mensuellement la valeur des entreprises et crée ainsi des opportunités de rachat ou d'OPA en cas de structures cotées. D'autre part la mondialisation donne pleine actualité à la célèbre phrase de l'emblématique ancien patron de General Electric : "Le marché est plus grand que vos rêves" (Jack Welch).

Les sorties de crises sont historiquement marquées par une relance du mouvement de concentration. En France, où le tertiaire n'est pas totalement productif au regard de certains de nos concurrents, il ne serait donc pas étonnant de voir se réaliser des fusions dans l'assurance, la banque et autres secteurs. Songeons à la superbe opération récente de Publicis avec Omnicom et songeons à ce que Vinci prépare suite à l'annonce de sa cession de sa filiale parkings.

Or, l'expérience montre que les fusions sont génératrices de création de valeur dans des proportions parfois moindres qu'anticipées d'où la tentation de compléter les opérations post-fusions par des plans sociaux. Le champion – si l'on peut utiliser ce triste terme ici – étant hélas le groupe Alcatel depuis sa fusion avec Lucent. C'est au nom de tels abus que notre législation est désormais fort complexe (probablement trop) et d'application étirée dans le temps ce qui ne contribue pas à aider à la solution de difficultés d'origine sincère.

Le manque de trésorerie

Alain Fabre : La trésorerie est pour les petites entreprises un levier fondamental. Or, les banquiers, tout en disant le contraire, mettent une véritable pression sur les petites entreprises. Nombreuses sont celles qui se voient limiter voire réduire leurs capacités d'emprunt ou leurs autorisations de découverts, etc. Cela peut apparaitre comme de petites choses mais accumulées, elles ont une influence considérable sur les entreprises et les plombent là où elles devraient être aidées… Je crois que monsieur Montebourg et son collègue du Budget devraient imposer que les entreprises soient régler très rapidement plutôt que de les laisser pleurer pour obtenir le paiement de leurs factures. Cela aurait par ailleurs, une influence positive sur la disposition des banquiers à leur prêter et donc à terme ferait un bien considérable à l’économie française.

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