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Exposition Thomas Houseago, Almost Human : un artiste torturé, bourré de talent, qui travaille avec ses tripes
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Exposition Thomas Houseago, Almost Human : un artiste torturé, bourré de talent, qui travaille avec ses tripes

Tristan Vyskoc

Tristan Vyskoc

Tristan Vyskoc est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.). 

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EXPOSITION

THOMAS HOUSEAGO : Almost Human

INFORMATIONS

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris        
12 – 14 avenue de New York   
75016 Paris      
01 53 67 40 00 

Jusqu’au 14 juillet 

ouvert du mardi au dimanche de 10h et 18h            
Nocturnes : jeudi jusqu’à 22h   

RECOMMANDATION

          EXCELLENT        


THEME

Première rétrospective du peintre et sculpteur Thomas Houseago en France, l’exposition retrace le parcours créatif de l’artiste des années 1990 jusqu’à aujourd’hui. Prolifique, son travail est tourné vers la figure humaine et le titre de l’exposition, « Almost Human », est tiré de la chanson Suzanne de Leonard Cohen.

Présentées chronologiquement dans les quatre salles qui sont sur les quais (pendant la durée des travaux du musée d’Art moderne) et au milieu du bassin extérieur, les œuvres entrent en résonnance avec les bas-reliefs de Janniot et l’architecture du bâtiment et de la Tour Eiffel.

POINTS FORTS

Dès l’entrée, dans la première salle de l’exposition, nous sommes saisis par l’univers de l’artiste. Houseago maîtrise les codes mais s’est approprié son art. Ses sculptures anthropomorphes et la photo de son atelier en arrière-plan nous replongent dans celui de Brancusi, tel qu’on peut le voir reproduit au Centre Pompidou.

Le titre « Almost Human » nous oriente ; nous sommes entre la figure humaine et autre chose. « Presque » n’est peut-être pas le mot qui convient le mieux. L’humain est là mais profondément torturé, presque déshumanisé. Une sensation parfois de « déjà vu », entre Picasso, Basquiat, Baselitz…mais comme tout artiste, il succède à des géants et crée son propre univers. Parfois sombre ou joyeux, lors de performances dans son atelier de Los Angeles, il oscille entre figuratif et abstraction, entre sculpture et peinture.

Plus qu’une exposition, nous sommes dans son atelier, dans sa sphère créatrice, dans sa tête. On ressent son engagement pour créer une œuvre qui le dépasse, la force vitale qui habite ces corps, la mise à nue de ses tripes.

L’Homme pressé paraît encore plus impressionnant que sur le Grand Canal devant le Palazzo Grassi. Nous le regardons comme un petit enfant face à ses démons du passé, à la fois énigmatique, violent et fragile. La série de peintures à l’huile, charbon et craie, qui l’entoure, sont les reflets de l’âme de l’artiste.


POINTS FAIBLES

Un regret…dans la salle présentant deux grands mood board, nous aurions aimé voir des dessins de l’artiste qui sont dans le sas d’entrée de son atelier à Los Angeles, The Owl Studios.


EN DEUX MOTS

Une plongée dans l’univers d’un des sculpteurs les plus talentueux actuellement.

Pour aller plus loin: Pour ceux qui auront la chance d’aller à Venise pour découvrir la 58e Biennale, ne pas manquer l’exposition à l’Accademia de Baselitz dont les passerelles avec le travail d’Houseago sont prégnantes.

L’ARTISTE

Thomas Houseago est né à Leeds, au Royaume-Uni, en 1972. Après des études au Jacob Kramer College de Leeds, il obtient son Bachelor au Central Saint Martins College à Londres, qui pour lui a été « un miracle ayant changé sa vie ». De 1994 à 1996, il vit à Amsterdam et termine ses études à De Ateliers. Sa famille attache une grande importance à l’art (la musique, l’architecture, les arts plastiques).       

Profondément marqué dans sa jeunesse par l’exposition Late Picasso à la Tate Gallery et la performance de Joseph Beuys, Comment expliquer les tableaux à un lièvre mort, son travail s’attache à représenter la présence humaine.

Sa première exposition personnelle a lieu en 2002 à la galerie Xavier Hufkens. Installé depuis 2003 à Los Angeles, il est représenté par le galeriste américain David Kordansky en 2005. La présentation de L’Homme pressé devant le Palazzo Grassi à Venise pendant la Biennale en 2011 lui assure une notoriété internationale. Les galeries Michael Werner et Gagosian le représentent aujourd’hui.

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