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Emmanuel Macron s'exprime alors qu'il participe à une conférence de presse avec Ursula von der Leyen après une rencontre à l'Elysée sur l'Europe, le 7 janvier 2022.
Emmanuel Macron s'exprime alors qu'il participe à une conférence de presse avec Ursula von der Leyen après une rencontre à l'Elysée sur l'Europe, le 7 janvier 2022.
©Michel Euler / POOL / AFP

Présidence française de l'Union européenne

Europe : quel bilan pour Emmanuel Macron ?

Le président de la République doit prononcer ce mercredi un discours devant le Parlement européen à Strasbourg dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne.

Guillaume Klossa

Guillaume Klossa

Penseur et acteur du projet européen, dirigeant et essayiste, Guillaume Klossa a fondé le think tank européen EuropaNova, le programme des « European Young Leaders » et dirigé l’Union européenne de Radiotélévision / eurovision. Proche du président Juncker, il a été conseiller spécial chargé de l’intelligence artificielle du vice-président Commission européenne Andrus Ansip après avoir été conseiller de Jean-Pierre Jouyet durant la dernière présidence française de l’Union européenne et sherpa du groupe de réflexion sur l’avenir de l’Europe (Conseil européen) pendant la dernière grande crise économique et financière. Il est coprésident du mouvement civique transnational Civico Europa à l’origine de l’appel du 9 mai 2016 pour une Renaissance européenne et de la consultation WeEuropeans (38 millions de citoyens touchés dans 27 pays et en 25 langues). Il enseigne ou a enseigné à Sciences-Po Paris, au Collège d’Europe, à HEC et à l’ENA.

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Rodrigo Ballester

Rodrigo Ballester

Rodrigo Ballester dirige le Centre d’Etudes Européennes du Mathias Corvinus Collegium (MCC) à Budapest. Ancien fonctionnaire européen issu du Collège d’Europe, il a notamment été membre de cabinet du Commissaire à l’Éducation et à la Culture de 2014 à 2019. Il enseigne à Sciences-Po Paris (Campus de Dijon) depuis 2008. Twitter : @rodballester 



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Atlantico : Après cinq ans, Emmanuel Macron a-t-il un bilan Européen ?

Rodrigo Ballester : Une chose est certaine, Macron a réussi à insuffler à l’UE un élan considérable qui part d’un engagement sincère par rapport à l’intégration européenne, surtout telle qu’elle est comprise à Bruxelles. Son discours de la Sorbonne de 2017 a fait date. Il fallait un certain courage pour mettre l’Europe au centre de sa campagne alors qu’elle était décriée et avait mauvaise presse et il en a fait un cheval de bataille. Peu après, il a dépoussiéré l’agenda européen avec des idées neuves, parfois brillantes, parfois un beaucoup moins, mais en tout cas qui sortaient des sentiers battus d’une pensée européenne au point mort. Il a par exemple remis au goût du jour la notion de souveraineté européenne (pas nationale !) et a parlé sans complexes d’Europe puissance, d’une Europe qui protège et qui a ses propres frontières. Des sujets qu’une UE en mode pilote automatique, dépassée par les crises à répétition et en mode « bisounours » ne songeait même pas à mettre sur la table. Alors, au-delà de son bilan inventaire sujet par sujet, dossier par dossier, il faut lui reconnaître cet élan, cet air frais et le courage de parier sur un projet qui paraissait bien mal en point. Qui plus est, avec un certain réalisme, ce qui n’est pas rien dans les cercles européens.

Après, Macron est bien meilleur dans la formulation d’idée, dans la vision, que dans la mise en œuvre. Il est meilleur architecte que maçon, compositeur que chef d’orchestre et voilà son vrai point faible. En outre, son bilan européen a été sérieusement plombé par ses problèmes domestiques, surtout au niveau des réformes que Bruxelles attendait avec enthousiasme et qui n’ont pas abouties. Parler d’Europe, c’est une chose, la concrétiser, une autre bien différente.

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Guillaume Klossa : Emmanuel Macron a fait de l’Europe un des marqueurs de sa politique. Ayant été élu grâce au rassemblement des pro-européens de tous les partis, il a tenté durant son mandat de garder cet avantage, notamment avec une stratégie de polarisation mise à l’oeuvre lors de la campagne des élections européennes visant à opposer les progressistes qui seraient pro-européens et les populistes qui seraient anti-européens. D’un côté, il a vraiment su fédérer les pro-européens mais de l’autre la société française n’a jamais été aussi polarisée sur les questions européennes. L’attachement à l’Europe a décliné sous son mandat alors que dans tous les autres pays européens, elle avait eu tendance à s'accroître de manière très significative. En essayant d’exercer un monopole sur le sujet européen, cela a contribué à polariser de manière excessive la société française sur le sujet. 

En termes d’objectifs qu’il s’était fixé, ses promesses européennes se sont-elles transformées en actes ? 

Guillaume Klossa : Tous les chefs d’État français ont promis la refondation de l’Europe. Cette promesse n’a pas été tenue tout simplement car elle ne le peut pas. On ne peut pas refonder l’Europe depuis la France. De plus, les institutions du traité de Lisbonne s’avèrent assez souples et efficaces, elles n’ont pas besoin de refondation. Le problème du discours de la refondation est que cela crée une déception. Cela donne l’impression que la France n’est pas capable d’avoir un impact sur l’Europe. 

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Le reste a été très largement réglé par les événements puisque la crise sanitaire a créé une dynamique de transformation de l’Europe sans précédent au sein de laquelle la France ou l’Allemagne ont joué un rôle prépondérant. L’Union européenne a prouvé qu’elle pouvait être flexible et qu’elle pouvait tirer un enseignement des crises antérieures. Dans ce cadre, Emmanuel Macron a joué un rôle positif. 

Bon sur les grandes idées, a-t-il su faire progresser la France et l’Europe sur les enjeux du quotidien ?

Rodrigo Ballester : Beaucoup moins, disons que c’est un bilan en demi-teinte. A son actif : des avancées concrètes sur l’Europe de la Défense (notamment la mise en œuvre d’un Fonds Européen de Défense), un sujet sur lequel la plupart des pays sont prêts à ouvrir la discussion et à avancer (y compris le groupe de Visegrad). En matière d’Education et de Culture, deux sujets mineurs à Bruxelles mais qui parlent beaucoup aux citoyens à travers le programme Erasmus. Sans Macron, je doute que ce programme ait doublé sa dotation financière. Il a également défendu les intérêts français (et de la plupart des pays d’Europe occidentale) dans le dossier du détachement des travailleurs, au grand dam des pays d’Europe centrale et orientale, il a radicalement changé la politique européenne d’élargissement (en la bloquant tout d’abord et en y ajoutant des conditions draconiennes). Il a poussé le dossier de la taxation des géants du net, même si nous n’y sommes pas encore. Par ailleurs, il a globalement soutenu les initiatives de la Commission sur le climat et a été l’un des acteurs clés du revirement de bord de Merkel qui a abouti à la création du Fonds de Relance européen. Enfin, un aspect qui passe souvent inaperçu mais qui est important : Emmanuel Macron a eu beaucoup de flair en nommant Thierry Breton Commissaire européen après l’éviction de Sylvie Goulard. C’est un très bon casting, il surclasse ses collègues et il a apporté une réelle valeur ajoutée à une Commission ultra bureaucratisée.

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Par contre, son bilan est bien moins reluisant au niveau de la réforme de la zone euro, qui reste un vœu pieu surtout par un manque criant de réalisme face à ses partenaires. Autre échec duquel on parle peu, le séparatisme islamiste. Un sujet essentiellement national mais qui concerne d’autres Etats membres et sur lequel Macron n’a pas été du tout suivi en Europe. Son discours des Mureaux a été reçu avec un silence aussi courtois qu’indifférent et les polémiques à répétition sur l’entrisme islamiste à Bruxelles montrent bien à quel point il est seul et isolé sur ce sujet.

Est-ce que la couple franco-allemand a connu des changements majeurs dans leur relation sous la Présidence d’Emmanuel Macron ? 

Guillaume Klossa : Les débuts de couple ont été difficiles parce qu'Angela Merkel a ressenti une certaine agression lorsque Emmanuel Macron a fait son discours de la Sorbonne avant qu’il y ait un nouveau gouvernement allemand, alors que la chancelière avait demandé que ce discours soit retardé. Il faut cependant reconnaître que dans l’adversité, ce couple franco-allemand, au plus fort de la crise sanitaire, a bien fonctionné. 

Peut-on voir des différences majeures ou des points communs dans la stratégie d’Emmanuel Macron par rapport à ses prédécesseurs ? 

Rodrigo Ballester : Par rapport à ses prédécesseurs à l’Elysée, il y a un vrai changement de mentalité en ce sens qu’il est un « vrai européen » et qu’il dissimule à peine son tropisme fédéraliste. Comparons : Chirac n’allait à Bruxelles qu’en traînant des pieds, sans vraiment la comprendre et avec l’appel de Cochin dans sa besace. Sarkozy a joué le jeu européen et a notamment débloqué l’écueil du référendum de 2005, mais il se méfiait de la machine bruxelloise et pensait l’Europe sous un prisme national plus qu’européen. Hollande est passé totalement inaperçu. Alors oui, Macron est de loin le président le plus européen et, n’ayons pas peur des mots, fédéraliste, et il a joué la carte de l’Europe, avec sincérité et loyauté. Malgré son bilan mitigé, Macron reste la coqueluche de Bruxelles et son profil en fait un candidat tout désigné pour une future présidence de la Commission européenne après la fin de sa carrière en France.

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Guillaume Klossa : La France est perçue de manière assez récurrente comme un pays qui veut imposer sa volonté et son projet à l’Europe, or ce n’est pas de la sorte que l’on construit un projet collectif. Il faut être plus à l’écoute de manière à associer les institutions et les États membres, ce que les Français ont souvent du mal à faire.

Plus récemment, l’Allemagne plaidait pour un retour de la rigueur budgétaire alors que la France était sur une ligne plus souple. Peut-on y voir un potentiel futur sujet d’affrontement ? 

Guillaume Klossa : Ce n’est pas un problème qu’il y ait des points de vue divergents entre la France et l’Allemagne. Finalement, on arrive à avoir un compromis. D’autre part, il va falloir regarder en détail ce que l’Allemagne veut dire par rigueur budgétaire. Le programme de la coalition souhaite mener des investissements massifs, notamment pour la transition écologique. Ces investissements ne peuvent faire sens que s’ils sont relayés au niveau européen. Cela supposerait une suite du plan de relance. L’Allemagne a donc ses propres contradictions dans cette affaire. 

L’image de la France en Europe s’est-elle plutôt améliorée ou dégradée pendant la Présidence d’Emmanuel Macron ? 

Guillaume Klossa : Au début de la Présidence, il est certain, notamment lors du discours du Louvre, qu’Emmanuel Macron était attendu comme un messie. Il avait une image très positive. À l’épreuve de la réalité, l’influence de la France en Europe n’a pas forcément grandi, essentiellement pour une affaire de méthode. Emmanuel Macron est cependant apprécié par un certain nombre de chefs d’États et de gouvernements, et il est considéré comme un leader respecté et influent. Pourtant, la France n’a pas pris le leadership qui pouvait être attendu. Est-ce que le départ d’Angela Merkel permettra d’ouvrir une telle possibilité ? Ce n’est pas certain, d’ailleurs ce n’est pas forcément souhaitable et de nombreux États souhaitent également avoir un rôle de premier plan. Selon moi, l’Europe a besoin d’être portée par l’ensemble de ses membres. 

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Emmanuel Macron a-t-il des alliés solides en Europe ? A-t-il su construire une coalition d'alliés ? La France a-t-elle gagné en influence ?

Rodrigo Ballester : Derrière la flamboyance des discours et des idées, one ne peut pas dire que la position de la France se soit nettement améliorée. Emmanuel Macron plait beaucoup à Bruxelles, certes, mais chaque pays est également jugé sur son bilan interne, notamment les réformes, et force est de constater que sur les sujets épineux des retraites ou de la dette publique, la France a fait du surplace et reste perçue comme irréformable. Son entente avec Merkel fut certes cordiale, mais superficielle et derrière cette union de façade, le couple Franco-Allemand, n’a pas vraiment agi en moteur de l’Europe, sauf (et c’est une exception de taille) pour la mise en œuvre du Plan de Relance. Sinon, les relations avec le groupe de Visegrad se sont nettement détérioriées et sur ce coup là, Macron, n’a absolument pas joué la carte du pragmatisme comme l’a fait Merkel. Avec le sud, les relations restent cordiales mais sans grandes nouveautés mis à part une relation renforcée avec l’Italie.

En outre, Macron aime jouer au « premier de la classe », à être le plus intelligent alors que le succès d’une initiative à Bruxelles dépend surtout du pragmatisme et de la flexibilité du pays qui la porte. En voulant aller systématiquement plus vite que la partition, il ne s’aliène certes personne, mais rien n’avance.

Guillaume Klossa : Au niveau du couple franco-allemand, il faut voir quelles seront les relations avec le nouveau chancelier. En revanche, les Allemands, très prudents, vont attendre le résultat des élections françaises avant de se prononcer. À partir du mois de mai, peut-être que de nouvelles relations vont ainsi se développer. Emmanuel Macron a également une relation très cordiale avec Mario Draghi, même si encore une fois, tout le monde attend le résultat des élections présidentielles, avec un souhait fort de voir des candidats acceptables, à savoir Emmanuel Macron et Valérie Pécresse.  

Au-delà des grands enjeux de refondation de l’Europe, peut-on voir des réalisations sur des dossiers qui auront une incidence concrète sur la vie des Français et des Européens ? 

Guillaume Klossa : Ce qui a été le plus important, ce sont des décisions collégiales qui font la plupart du temps l’unanimité. Seule une dynamique collective peut y arriver. Ce qui est certain, c’est que la France a joué un rôle clé sur le plan de relance européen. Celui-ci a évité une crise de même nature que celle que nous avons connu en 2008/2012 et qui aurait eu des conséquences négatives pour les citoyens, les entreprises et pour l’influence des États. Le plan de relance a donc créé les conditions de la confiance.

Enfin, sans l’Union Européenne et la bienveillance de l’Allemagne, les Français n’auraient pas obtenu de vaccins et la situation pandémique aurait été catastrophique dans l’Union Européenne. Sur ces deux points, Emmanuel Macron a eu une influence considérable. 

Le discours de la Sorbonne, fait en septembre 2017 et qui est un grand discours, reprend des propositions qui ont été faites par la Commission Européenne et par les rapporteurs du Parlement Européens au lendemain du référendum sur le Brexit. Nous sommes donc dans des proportions assez consensuelles. Emmanuel Macron met donc en exergue une dynamique qui lui est antérieure. En revanche, il a donné le sentiment de s’approprier une vision collective, ce qui est sans doute une erreur tactique puisque s’il avait fait ce travail de crédit, il aurait eu un support massif au sein du Parlement Européen et des États membres. Il a donc l’opportunité de réparer cet écart pendant la Présidence Française de l’Union Européenne.  

Sa position de champion européen, n’a-t-elle pas eu tendance à cliver ou renforcer les antagonismes que certains pouvaient avoir à l’égard de l’Union européenne, sur le plan national et européen ?

Rodrigo Ballester : C’est certain, son côté « plus européen que moi tu meurs » et « tout et tout de suite » peut en exaspérer plus d’un. Sa position flamboyante a sans doute pu plaire dans les cercles européens mais elle a crispé dans beaucoup de pays, à commencer par les pays dits « frugaux » comme le Danemark ou les Pays-Bas. Ces pays sont des « eurotièdes » voire des eurosceptiques qui masquent leurs réticences en faisant une surenchère sur les valeurs, le wokisme et le politiquement correct. Mais ne soyons pas dupes, ils n’ont que très peu d’appétit pour les velléités fédéralistes de Macron. Ils sont poliment mais fermement vent debout contre cet élan « crypto-fédéraliste ». Par ailleurs, les pays du groupe de Visegrad n’ont pas appréciés les sorties du président français, notamment contre le gouvernement polonais (il a déclaré que « les citoyens polonais méritaient mieux que leur gouvernement »), et son activisme sociétal, notamment à travers son « bras armé » au Parlement Européen (le groupe Renew, très virulent contre la Hongrie et la Pologne) et son Secrétaire d’Etat, Clément Beaune. Reste la question du nouveau gouvernement allemand, dont le programme de coalition postule un fédéralisme européen des plus naïfs et dogmatiques. Il est prématuré de se prononcer sur un possible « nouveau » couple franco-allemand. Tout dépendra de l’échéance présidentielle. 

Emmanuel Macron a-t-il face à lui des dirigeants avec qui il ne partage pas les mêmes convictions ? 

Guillaume Klossa : Il y a de la bienveillance et aussi le fait qu’on soit en campagne électorale électorale ne facilite pas les choses. Cela n’est pas propice à donner une dimension transpartisane à la Présence Française de l’Union Européenne. Évidemment, il y a une interaction avec la PFUE et la campagne présidentielle française, avec des nuisances de tous les côtés. Le contexte n’est pas le plus favorable pour mener une PFUE et plus de sérénité aurait sans doute été souhaitable. Pourtant, ce choix d’Emmanuel peut se comprendre au vu de la nature de son électorat. On peut souhaiter que les partis politiques et les candidats français portent mieux l’idée européenne. Il n’est pas normal qu'il y ait une telle polarisation sur l’Europe en France alors qu’elle n’existe pas dans les autres pays de l’Union. C’est une anomalie qui n’est pas souhaitable et il serait temps que la situation revienne à la normale, avec plusieurs candidats qui portent de manière claire une approche positive de l’Union Européenne. 

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