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Euro 2012 : Allemagne/Pays-Bas, 
quand un choc historique 
accouche d'une souris
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Rivalité séculaire

Euro 2012 : Allemagne/Pays-Bas, quand un choc historique accouche d'une souris

Mercredi soir, l'Allemagne est assez facilement venue à bout de son "ennemi héréditaire", les Pays-Bas, battus 2 buts à 1 à l'issue d'un match en demie-teinte. Retour sur l'histoire des confrontations entre les deux nations.

Philippe David

Philippe David

Philippe David est cadre dirigeant, travaillant à l'international.

Il a écrit trois livres politiques : "Il va falloir tout reconstruire", ouvrage qui expliquait le pourquoi du 21 avril,  "Journal intime d'une année de rupture", sorti en 2009 aux éditions de l'Ixcéa, qui retrace les deux premières années de présidence Sarkozy et  "De la rupture aux impostures", Editions du Banc d'Arguin (9 avril 2012). 

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Les Allemagne Pays-Bas ne sont jamais des matches comme les autres. Les contentieux entre les deux équipes sont tels (contentieux footballistiques auxquels viennent se mêler les contentieux historiques) qu’il se passe toujours quelque chose dans ces duels. 

Ce fût le cas en 1974 lorsque la RFA de Beckenbauer brisa les rêves des "Oranges mécaniques" au terme d’une finale où les Bataves avaient ouvert le score sans que les Allemands aient touché le ballon, suite à une percée sublime de Cruyff qui, fauché dans la surface par Vogts, causa un penalty transformé en force par l’autre Johan de l’équipe : Neeskens. Les Allemands égalisèrent suite à un penalty injustifié (Hölzenbein reconnaissant des années après que, voyant Janssen tacler et partant du principe que l’arbitre avait déjà sifflé un penalty pour les Hollandais, il avait délibérément plongé) avant que l’estocade finale fût donnée quelques minutes avant la mi-temps par "der Bomber", Gerd Müller. Ce penalty de la 25ème minute n’a toujours pas été digéré du côté du port d’Amsterdam…

L’Euro 88, organisé par la RFA, offrit aux Hollandais l’opportunité de venger la défaite de 1974. La demi-finale entre les deux équipes fût une nouvelle fois une affaire de penalties, l’arbitre du match en sifflant deux aussi inexistants l’un que l’autre, pour l’Allemagne d’abord, pour les Pays-Bas ensuite, avant que Marco Van Basten crucifie les espoirs de victoire à domicile des Allemands à la dernière minute.

Le 8ème de finale lors du "Mondiale" italien deux ans plus tard restera lui aussi dans les mémoires, les deux équipes finissant à 10 contre 10 suite aux expulsions de Rijkaard et Völler, le premier ayant craché sur le second. La douleur fût d’autant plus grande pour les Hollandais que, Champions d’Europe en titre avec une équipe magnifique (à laquelle appartenaient entre autres Gullit, Van Basten et Koeman), ils faisaient partie des grands favoris de la compétition. Une fois de plus les Hollandais étaient favoris et c’est l’ennemi juré allemand qui a gagné le trophée…

On comprend mieux pourquoi le match de mercredi soir opposant la "Mannschaft" aux "Oranje" promettait beaucoup. Malheureusement, la montagne a accouché d’une souris, les affaires courantes ayant été réglées en première mi-temps par le duo Bastian Schweinsteiger-Mario Gomez. En effet, le premier réalisa deux passes décisives converties en but par le second, suite à une roulette sublime pour le premier but et d’une frappe superbe dans le petit filet pour le second.

Les Hollandais pouvaient d’ailleurs s’estimer heureux de rentrer au vestiaire avec seulement deux buts de retard, Stekelenburg ayant miraculeusement repoussé une tête de Badstuber et ayant dévié en corner un coup-franc très vicieux de Schweinsteiger juste avant la mi-temps.

Après le repos, les Allemands ratèrent plusieurs occasions de tuer le match avant que les Hollandais se montrent dangereux pour la première fois autour de l’heure de jeu. Le but superbe de Van Persie à 20 minutes de la fin ne changera rien, les Allemands gérant la partie relativement tranquillement. La différence majeure entre les deux formations est que l’Allemagne est une équipe tandis que les Pays-Bas sont un groupe de stars aux egos surdimensionnés qui jouent avant tout pour se mettre en valeur, alors que, le football étant un sport collectif, le but est de mettre l’équipe en valeur. Hormis cela,  on ne peut de toute façon pas espérer gêner l’Allemagne en ne jouant que 30 minutes sur 90…

Encore une fois, la déception est au rendez-vous pour les finalistes de la dernière Coupe du monde, qui ne peuvent espérer qu’un miracle pour passer le premier tour d’une compétition dans laquelle ils faisaient partie des grands favoris. Mais le propre des grandes équipes n’est il pas de réaliser des miracles ?

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