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Eureka : la science a travaillé pour vous et voilà à quoi doit ressembler votre profil pour être efficace sur les sites de rencontre
©Reuters

Drague 2.0

Eureka : la science a travaillé pour vous et voilà à quoi doit ressembler votre profil pour être efficace sur les sites de rencontre

Des chercheurs américains et britanniques ont trouvé la recette miracle pour optimiser un profil sur un site de rencontre en ligne. Du choix de la photo à l'originalité de la présentation et de la discussion, leurs observations feront de n'importe quel utilisateur un Don Juan 2.0.

Catherine Lejealle

Catherine Lejealle

Catherine Lejealle est docteur en sociologie et ingénieur télécom (ENST Bretagne). Elle est professeur à l'ISC Paris et co-fondatrice de la Chaire Digital BusinessSes domaines de recherche couvrent les usages des TIC (téléphone portable, Internet, médias sociaux…)

Elle a publié La télévision mobile personnelle : usages, contenus et nomadisme,  Les usages du jeu sur le téléphone portable : une mobilisation dynamique des formes de sociabilité  aux Editions L'Harmattan et J'arrête d'être hyperconnecté ! : 21 jours pour réussir sa détox digitale chez Eyrolles.

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Atlantico : Récemment, une équipe de chercheurs a souhaité trouver les déterminants communs aux profils de sites de rencontre efficaces. A quoi une présentation doit-elle répondre pour optimiser ses chances de succès ?

Catherine Lejealle : L’étude conduite par des chercheurs de la Barts London School of Medicine et de l’Université du Texas Nord montre en effet des différences entre les façons dont les hommes et les femmes décoderaient les profils sur les sites de dating. Ils en déduisent que les hommes attachent davantage d’importance aux caractéristiques physiques et notamment à tout ce qui induit que la candidate à la rencontre est jolie. Inversement, les femmes chercheraient plutôt des indices indiquant que l’homme est intelligent. 

L’offre de sites de rencontres et de dating étant à la fois très importante et très segmentée, il importe de savoir sur quel site vous vous connectez pour généraliser ces conseils. En effet, avec quelques 1420 sites en France, l’offre va des sites de rencontres aux sites de dating, selon une segmentation précise : par appartenance communautaire ou religieuse, par affinités politiques, par centres d’intérêts (les animaux, la pratique d’un sport…), par goûts musicaux, par métiers, par CSP (les élites, les étudiants, etc.), par style de vie (les clubbers, les gothiques, les punks, tatoués, geeks, fumeurs de cannabis, etc.), par compatibilité astrale, par tranches d’âge, selon le statut matrimonial ou encore le type de sexualité.   

Leur étude ne le précise pas mais il semble que ce soit plutôt des sites de dating hétérosexuels mainstream. Dans ce cas, ces chercheurs indiquent qu’on augmenterait ses chances en donnant un indice relatif au physique pour les femmes et à l’intelligence pour les hommes. Sexy versus smart ?

Concernant le texte de l’annonce, ils calculent un ratio de 70/30 entre la part d’informations que l’on donne de soi et la part concernant ce qu’on cherche. Cela correspond aussi à ce que j’observe ; comme pour une lettre de motivation professionnelle, il faut laisser de la place à l’autre et à ce que la relation commune pourrait être. 

Et concernant les photos ? Quels sont les critères qui maximisent le profil ?

Leur étude conduit à conseiller de mettre plusieurs photos : plutôt en penchant légèrement la tête pour les femmes, ce qui correspond effectivement en communication à une attitude plutôt de séduction et non de fermeture, donc une invitation à engager la conversation. Ils pointent également qu’il faut construire un portrait complet de soi, se mettre en scène comme une personne sociable entourée d’amis donc fournir des indices sur sa vie sociale et sa sociabilité. C’est également ce que j’observe. C’est pertinent parce que les informations sur l’entourage donnent aussi des indications sur le style de vie, les centres d’intérêt.

Qu'est-ce que cela peut en dire des normes de séduction ?

Ce qui est intéressant dans leur étude, c’est qu’ils pointent que les sites sont des espaces extrêmement codifiés qui répondent à des normes d’usages tacites, c’est-à-dire non écrites et jamais fournies au candidat à la rencontre mais que celui-ci se doit de décrypter et de suivre. C’est une véritable difficulté pour les débutants. La solution pour eux consiste à lire les profils d’autres candidats et à les imiter. La masse de contacts ne permet pas d’être original dans sa description car pour trier les candidats, chacun doit utiliser les critères opérationnels. Ce n’est que dans les échanges par tchat ou autre qu’on peut alors dans un second temps se montrer plus original

Leur étude montre en effet que HOT4U matchera avec BURN4U. A cet effet, j’ai observé certains échecs de pseudo dont les choix pouvaient être très efficaces si l’autre distant percevait l’allusion mais très risqués dans le cas (le plus général) où l’indice était compris de travers. C’est le cas "d’octopus", un pseudo efficace si l’univers de la plongée et des détendeurs vous parle mais qui évoque les poulpes tentaculaires et repoussants dans le cas contraire. 

En quoi ces résultats diffèrent-ils finalement de ce que nous savions instinctivement ?

On oublie souvent que dans la mise en relation en ligne on ne dispose au départ que des informations du profil, c’est-à-dire uniquement des 30% de la communication qui sont verbales. En rencontre IRL (In Real, en réel), on a aussi 70% de non verbal qui donnent énormément d’informations de contexte et permettent d’interpréter et de comprendre ce qui est dit verbalement. Ainsi sans autres éléments permettant de justifier un pseudo ambigu, certains pseudos ont été modérés et refusés car jugés à caractères trop sexuel, notamment… le département Rhône-Alpes n’étant pas naturellement associé à un profil ! Le conseil est de faire simple, clair et plutôt passe partout en se disant que les échanges personnalisés permettront de faire plus original.

Pour autant, est-ce que ces critères prennent pied dans la réalité ? Un profil séduisant signifie-t-il que le ou la potentiel(le) candidat(e) convienne en vrai ?

L’évolution des usages des sites de rencontres et encore plus de dating montre que la phase digitale (en ligne ou via mobile) est très courte et que la découverte se fait loin du clavier autour d’un verre ou d’un repas. Les sites servent de mise en relation sur des critères simples : je suis disponible à la rencontre, je me trouve à tel endroit et suis dans telle tranche d’âge. La géolocalisation est un facteur important car clivant : les lieux que l’on fréquente fournissent énormément d’indices sur qui nous sommes et ce que nous aimons faire ou fréquenter. Dans cette mesure, on peut observer que la mise en relation via le digital ressemble de plus en plus à ce qu’elle est loin du clavier : une amorce, un début de conversation… sachant que même en couple "installé" chaque jour est à inventer et à construire ensemble en découvrant de nouvelles facettes de l’autre ! N’est-ce pas aussi cela qui est passionnant ?

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