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M. Cambadélis et M. Zemmour.
M. Cambadélis et M. Zemmour.
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Débat cornélien

Et vous, vous préférez quoi : la “zemmourisation” de la France ou la “cambadélisation” de la pensée ?

L’heure est grave. Il faut choisir. Et pour savoir qui va gagner, il faut lire l’article jusqu’au bout.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Le premier secrétaire du Parti socialiste a fait une déclaration historique qui nous interpelle tous et qui sème le trouble dans nos âmes et nos consciences. Il faut combattre, a-t-il dit, la "zemmourisation du débat français". Un combat qui, si on le comprend bien, sera sans pitié et laissera obligatoirement un mort sur le pavé. Qui sera ce mort ? On peut s’interroger sur l’efficacité idéologique d’une formule, "la zemmourisation", censée remplacer la "lepénisation des esprits" contre laquelle la gauche se bat depuis trente ans. Si l’on en juge par les résultats électoraux du FN (24, 25, 26% des voix…), pas sûr que cette dénonciation incantatoire ait servi à grand-chose. On peut dès lors supposer que la lutte contre la "zemmourisation" accouchera du même bébé : quelques dizaines de milliers d’exemplaires de son dernier livre vendus en plus…

Jean-Christophe Cambadélis sait pertinemment que tout combat est idéologique. Donc, pour terrasser le monstre zemmourien, il appelle la gauche à définir "un nouveau progressisme". C’est intéressant. Mais là où y a problème, c’est dans la définition du "progressisme". Qui dira, de façon infaillible, ce qu’est ou ce que n’est pas le "progressisme" ? Personnellement, je me considère comme progressiste car je préfère l’énergie nucléaire à la lampe à huile, les avions aux diligences et les femmes aux hommes ("la femme est l’avenir de l’homme", chantait Aragon).

Mais est-ce que mon progressisme trouvera grâce aux yeux de M. Cambadélis ? Serais-je décoré de l’Ordre des Chevaliers du Progrès par les hautes instances du PS ? Etreint par un doute affreux, je n’ose répondre. C’est pourquoi je juge indispensable que soit clairement codifié le mot "progressisme" afin qu’il puisse bénéficier de l’étiquette AOC.

Donc il convient, pendant que l’affaire est chaude, de créer un ministère de l’Identité de Gauche qui aura pour mission de former et de subventionner les combattants anti-zemmouriens. Il faut également que voie le jour un CFCP (Conseil Français du Culte Progressiste) qui veillera à la stricte observance des règles du "progressisme". Sa composition doit être équilibrée et vierge de tout soupçon d’esprit partisan.

Ce Conseil devra compter un nombre significatif de "jeunes", les plus jeunes des jeunes, car les jeunes, c’est le progrès ! Il comprendra aussi des représentants des forces vives de la nation : le MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes), SOS Racisme, le MRAP, Oumma.com, l’UNEF, etc… Le CFCP aura pour tâche de fonder des milices chargées de faire respecter le "progressisme".

Tout comportement non conforme (genre se promener avec le drapeau tricolore) sera puni d’une amende (quand même pas de coups de fouets comme à Téhéran). Et c’est ainsi que sera gagnée la guerre contre la "zemmourisation". Un combat difficile qui nécessitera du sang et des larmes. Car pour le moment, les bookmakers de Londres donnent Zemmour à dix contre un.

Et n'oubliez pas : le A-book de Benoît Rayski, Le gauchisme, cette maladie sénile du communisme, est toujours disponible à la vente sur Atlantico éditions : 

Le gauchisme, cette maladie sénile du communisme

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