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Le président d'honneur du Front national fait une nouvelle fois polémique.
Le président d'honneur du Front national fait une nouvelle fois polémique.
©Reuters

Sauvons nos vestiges !

Et moi, je l'aimais bien Jean-Marie Le Pen…

Il a le charme des vieilles défroques démodées et la saveur ancienne du temps qui passe. Le Président d'honneur du Front National (pour combien de tempes encore ?) a son utilité.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Je lis dans Atlantico, sous la plume de Guylain Chevrier et de Vincent Tournier, que Jean-Marie Le Pen a fait son temps. Qu'il est " obsolète". Qu'il caresse de "vieilles lunes". En un mot qu'il doit dégager pour s'installer dans une maison de retraite. Là il pourra sans gêner personne écouter "Maréchal nous voilà" ou "Ich hatte einen kameraden". 

C'est sans soute ce qu'il va se passer. En tout cas sa fille s'y emploie. Je vais être un des rares à le regretter. Plus de " Durafour crématoire", plus de "point de détail"…  Je ne suis pas catholique mais j'aimais la messe en latin. Et c'est en latin que Jean-Marie Le Pen dit sa messe. Chez lui pas de masque. Pas d' "antisionisme" si en vogue à gauche et à l'extrême gauche. Pas de circonvolutions alambiquées sur Gaza où les victimes devenues bourreaux perpétuent, comme chacun sait, des horreurs qui font des Israéliens les SS du Proche-Orient.

Jean-Marie Le Pen, lui, est franc du collier. Un juif est un juif. Et donc détestable en tant que tel. Qu'il soit banquier comme Rothschild ou académicien comme Finkielkraut. Ca au moins c'est clair. Rien à voir avec la haine incandescente "antisioniste" dont le feu couve dans nos banlieues. Haine accompagnée, expliquée, justifiée, par tous ceux qui à gauche se prosternent devant la figure souffrante de l'Arabe. 

Avec Jean-Marie Le Pen aucun risque de dérapage dans ce sens. Certes il déteste les Juifs mais il n'aime pas non plus les Arabes. Une fois que cet homme aura tiré sa révérence il va laisser orphelin tous les médias. Combien de Unes sur Jean-Marie Le Pen ? On ne le compte plus. Combien de Unes sur la haine antisémite qui produit des Merah, des Nemmouche, des Coulibaly ? Aucune ! 

Il nous rappelait que la France fut antisémite sans complexe. Aujourd'hui elle est, en partie, "antisioniste" avec quelques complexes. Bons Juifs méchants sionistes… Vous savez cette France qui aimait les Juifs en tenues rayées de déportés et les hais quand ils ont l'uniforme de Tsahal. 

Un homme nous quitte et tout sera dépeuplé. Jean-Marie Le Pen devrait être classé au patrimoine national. Avec un monument célébrant les faits et gestes d'un antisémite affiché et sûr de lui-même. Au lieu de quoi, son verbe étant passé de mode, nous allons rester avec des dizaines de milliers d'antisémites inconnus. Eux sont dangereux. Pas Jean-Marie Le Pen.

 

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