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Le Radeau de la Méduse
©Reuters

Que d'eau ! Que d'eau !

Et le gouvernement Valls II c'est quoi ? C'est le Radeau de la Méduse ?

Le naufrage est collectif. Le Premier ministre se noie lui aussi.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Quand Manuel Valls fût choisi pour être le deuxième premier ministre de François Hollande, il faisait office de bouée de sauvetage pour un pouvoir dont la barque prenait l'eau.

Quant à lui, il pensait sincèrement, tant sa popularité était grande, tant il croyait à son volontarisme, qu'il sauverait ce qu'il restait de la gauche. En connaissance de quoi, espérait-il, que celle-ci, reconnaissante ferait de lui son champion pour 2017.

On peut monter dans une barque dont le capitaine est défaillant pour, à sa place, la mener à bon port. On peut même monter dans une chaloupe de sauvetage et, en ramant comme un malade, tenter de sauver ses occupants. Mais il est parfaitement inutile de s'embarquer à bord du Titanic où - le parallèle est plus juste - sur le Radeau de la Méduse.

Car c'est bien du Radeau de la Méduse qu'il s'agit. Il flotte au gré des vagues. Sans gouvernail. Et on ne voit pas ce qu'un Valls, ou un autre, aurait pu faire. Le capitaine en titre de cette embarcation a depuis longtemps renoncé à piloter quoique ce soit: il est à 17% de satisfaits dans les derniers sondages !

Sur le Radeau de la Méduse, même sans espoir, l'instinct de survie demeure. Et on a faim.

Donc les naufragés se mangent entre eux. Jean-Marc Ayrault a été prestement bouffé. Jérôme Cahuzac a disparu: il a eu de la chance, le scandale l'ayant sauvé du naufrage. Cécile Duflot a eu du nez: elle a quitté le radeau à temps. Mangés, Pierre Moscovici, Vincent Peillon...Et Arnaud Montebourg a fait tout ce qu'il a pu (avec succès) pour être éjecté du radeau afin de ne pas sombrer avec les autres. Mangés, toute sorte de ministres connus ou inconnus dont on va connaître la liste aujourd'hui.

François Hollande a tout fait pour qu'il en soit ainsi. Il est à l'agonie mais il ne veut pas mourir seul. Avec lui, c'est le PS et la gauche toute entière qui fait naufrage. Qui aurait envie de monter sur ce radeau ?

Des écologistes peut-être dont l'appétit pour un peu de pouvoir, même éphémère, dépasse celui des fauves les plus féroces. Ainsi le sénateur Placé, dont les convictions sont aussi droites que les mouvements erratiques du Radeau a laissé entendre qu'il était preneur. Lui on le comprend : quand on est rien, être quelque chose, même si ce n’est pas pour longtemps, c'est l'avenir.

Mais Valls, oui Valls qui est quand même fait d'une patte un peu plus noble, qu'allait-il faire dans cette galère ? On peut admettre qu'étant de gauche, il refusait l'offre de Sarkozy de faire de lui son ministre de l'Intérieur. Il eut été injurié et qualifié de traître comme Besson, Kouchner ou Fadela Amara. Mais ça valait peut-être mieux qu'un naufrage sans honneur.

Et n'oubliez pas : le A-book de Benoît Rayski, Le gauchisme, cette maladie sénile du communisme, est toujours disponible à la vente sur Atlantico éditions : 

Le gauchisme, cette maladie sénile du communisme

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