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Et c'est qui qui a dit "kwassa-kwassa"? C'est Macron qui sait tout !
©MICHEL EULER / POOL / AFP

Blagounette

Et c'est qui qui a dit "kwassa-kwassa"? C'est Macron qui sait tout !

Les connaissances du président de la République dépassent celles du commun des mortels. Et il s'en sert : plutôt maladroitement.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Emmanuel Macron visitait l'autre jour un centre de sauvetage en mer. Et quand on est au bord de la mer de quoi parle-t-on ? De coquillages? Quand même pas car Emmanuel Macron a grandit depuis qu'il est à l'Elysée.

On a donc parlé bateaux. Et plus précisément bateaux de pêche. Et ça, Macron il connaît. Ainsi il a évoqué les "fatouilles". "Ca c'est pour pêcher les crevettes" a dit Macron. Bonne pioche ! Puis il a parlé des "kwassa-kwassa". "Ca c'est pas pour la pêche mais pour les Comoriens" a dit, en se marrant, Macron.  Mauvaise pioche !

 Et même très mauvaise pioche ! C'est en effet à bord des "kwassa-kwassa" que des milliers de Comoriens essayent de gagner Mayotte, le 101e département français (si, si!). Ils sont des centaines à périr en mer. Car les "kwassa-kwassa" sont des cercueils flottants. Rire dans un cimetière, fusse-t-il marin ça ne se fait pas…

La blagounette (il a appris ça chez Hollande?) de Macron est mal, très mal passée. Elle a déclenché une tempête : pas dans un verre d'eau mais dans l'Océan Indien où se trouvent les Comores. Et de là bas est parti un tsunami dont les vagues énormes ont déferlé sur la métropole.

Tous, presque tous sans exception, ont donné de la voix pour crier leur indignation. Les socialistes (enfin ce qu'il en reste), Baroin, Nadine Morano, Florian Philippot. L'union nationale enfin réalisée… Beaucoup, beaucoup de bruit. Nous on raffole pas de Macron. Mais on ne va quand même pas se joindre à toute sorte de Baroin et de Philippot.

La seule remarque qui nous paraît justifiée c'est que Macron passe son temps à faire les yeux doux aux migrants. Angela Merkel en a accueilli près d'un million : il aime. Des milliers d'entre eux meurent noyés au large de la Sicile : il pleure. Mais quand il s'agit de Comoriens désireux de venir chez nous au péril de leur vie –oui Mayotte c'est bien chez nous- ça le met plutôt de bonne humeur.

Reconnaissons un mérite au président de la République. Avec sa petite phrase il a attiré l'attention sur un coin de l'Océan Indien scandaleusement délaissé par les médias. Mayotte compte un peu plus de 200 000 habitants. Une terre de misère. Le chômage y est effroyable. La violence y est monstrueuse. Plus de la moitié des moins de 25 ans est illettrée. Et en dehors des bâtiments officiels les seuls édifices qui se tiennent à peu près debout sont les mosquées.

Mais il y a encore plus misérable que Mayotte : la République comorienne. Là bas pas de RSA, de Sécu, d'allocs… Alors on embarque sur des "kwassa-kwassa" pour gagner le paradis mahorais. Les habitants de Mayotte n'aiment pas les immigrés clandestins. Ils manifestent contre eux. Avec violence souvent. Ils les accusent de tous les maux, ils leurs attribuent crimes et délits, l'insécurité qui règne sur leur île. Ils sont bizarre ces Mahorais non ? 

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