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Et au fait, en cas de Brexit, qui de Paris ou de Berlin récupérerait le poids politique abandonné par Londres ?
©Reuters

Vases communicants

Et au fait, en cas de Brexit, qui de Paris ou de Berlin récupérerait le poids politique abandonné par Londres ?

Alors que le Conseil européen s’est clôt sur un accord obtenu par David Cameron donnant un statut très particulier au Royaume-Uni, la question du "Brexit" n'en reste pas moins à l’ordre du jour. L'entrée en piste de Boris Johnson, le maire de Londres, du côté des pro-Brexit joue en défaveur du Premier ministre. Certains en Europe finissent par ne pas voir d'un mauvais oeil le départ d'une Grande-Bretagne parfois jugée nuisible au projet européen.

Alain Wallon

Alain Wallon

Alain Wallon a été chef d'unité à la DG Traduction de la Commission européenne, après avoir créé et dirigé le secteur des drogues synthétiques à l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, agence de l'UE sise à Lisbonne. C'est aussi un ancien journaliste, chef dans les années 1980 du desk Etranger du quotidien Libération. Alain Wallon est diplômé en anthropologie sociale de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, VIème section devenue ultérieurement l'Ehess.

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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Atlantico : Prenant le contre-pied de la plupart des acteurs et commentateurs de la vie politique européenne, certaines personnalités comme Michel Rocard vont jusqu’à se prononcer en faveur du Brexit, jugeant cet événement bénéfique pour l’Union européenne. Au delà des conséquences négatives, est-il possible d'imaginer des points positifs pour la France et l'Europe ? 

Alain Wallon : Il y a ces personnalités, mais aussi des Etats membres, comme la Belgique en particulier, qui estiment que le jeu permanent du Royaume-Uni vis-à-vis de l’Europe, lequel a toujours consisté à y souper à la carte, refusant le menu général, a atteint ses limites. Tout d’abord, on peut comprendre, voire partager cette exaspération, dans la mesure où c’est précisément au moment où l’UE a le plus besoin de resserrer ses rangs, de colmater les graves fissures révélées dans l’édifice par la dite crise des migrants, sans oublier celle de la dette et les fragilités de l’union économique et monétaire, que David Cameron a fait le coup de l’éléphant dans le magasin de porcelaine. Il a tablé très consciemment, d’ailleurs, en négociateur habile, sur les divisions et la cacophonie actuelles pour tenter d’avancer ses pions le plus loin possible, quitte à devoir ensuite revenir sur une ligne de fond moins extrême pour obtenir un consensus, ce qui s’est effectivement passé. Ensuite, il est indéniable que tout ne serait pas négatif pour l’UE en cas de départ des Britanniques. Cela permettrait de réaffirmer de façon plus forte l’objectif d’une intégration politique toujours plus approfondie, plutôt que de se faire mollement et sans le dire à l’idée d’une Europe figée dans son statu quo. En commençant par poursuivre la construction du marché intérieur, en l’adaptant aux formes dématérialisées de l’économie digitale, en agissant enfin pour réduire à la portion congrue le dumping fiscal et en avançant vers un socle social commun en Europe, au lieu d’évoluer à coups de déréglementation, vers le modèle, ingérable, de 28 renards libres dans un vaste poulailler libre.

De même, on peut imaginer que, sans la Grande-Bretagne, toujours disponible pour limiter le poids du duo franco-allemand, l’Allemagne n’aurait d’autre choix que de se rapprocher à nouveau et plus durablement de la France, et que les "petits" ou "nouveaux" pays (d’adhésion récente), aujourd’hui prompts à aller frapper à la porte de Londres quand ils veulent construire un rapport de forces ponctuel au Conseil, y regarderaient à deux fois avant de se passer d’une coopération avec les pays fondateurs.

Mais cela reste un scénario assez imaginaire. Le départ de la Grande-Bretagne créerait avant tout un grand vide dont la force d’attraction pourrait être, hélas, celle d’une sorte de "trou noir" plutôt que l’émergence d’une jolie galaxie pétante de dynamisme ! Les conséquences économiques (15% de la richesse en moins, près de 8% des échanges intérieurs, perte d’une contribution nette au budget européen, etc.), même si elles étaient compensées par une voilure adaptée, y compris en coûts, à une taille désormais réduite de l’ensemble européen, peuvent prendre une dimension politique aux effets difficiles à imaginer. Et ce, autant au plan macroéconomique, dans une période de grande nervosité des marchés, qu’au niveau des situations politiques dans les Etats membres : tentation d’imiter le scénario anglais, réflexes de repli frileux sur un pré carré national ou/et sur une Europe à minima dès lors soumise à des tensions porteuses de sérieux risques d’éclatement. Cela ne veut pas dire qu’un Brexit conduirait fatalement au scénario catastrophe, mais rien n’indique que les choses deviendraient d’un seul coup plus simples et faciles. Il faut aussi garder à l’esprit le fait que le processus de sortie de l’UE pourra prendre deux ans, voire beaucoup plus si un accord sur les conditions de cette sortie tarde à intervenir. Ce qui est tout à fait possible dans la mesure où les institutions européennes n’ont aucune expérience préalable en ce domaine – le départ des Britanniques seraient une "première" - et que ceux-ci, qui connaissent ces institutions de l’intérieur, auront plus d’un tour dans leur sac pour tenter d’arracher les meilleures conditions possibles. Mais, comme la législation européenne continuerait à s’appliquer au Royaume-Uni pendant ces discussions, il peut aussi être dans l’intérêt politique des partants de ne pas trop traîner, sachant de plus que, faute d’un accord unanime des 27 pour prolonger le délai de deux ans prévu aux Traités, ils seraient contraints de quitter l’Union sans accord de retrait …

En revanche, pour une UE obligée à se repenser sans l’Angleterre, il n’y aurait plus de prétexte pour éviter une remise à plat des traités et de "passer au marbre" le moteur européen pour en reconfigurer un certain nombre de dispositifs et d’instruments. Ce qui apparaît de plus en plus clairement comme une nouvelle ligne d’horizon, ainsi que l’a déclaré récemment Matteo Renzi, le Premier ministre italien. Là encore, seuls de forts leaderships et une véritable volonté politique pourront faire d’une telle perspective une réalité. Et pour le moment, une telle vision d’avenir n’est pas, ou trop peu partagée.

Eric Verhaeghe : Le départ de la Grande-Bretagne aura une conséquence évidente : le plus grand pays occidental eurosceptique sera "dehors" au lieu d'être "dedans". Le pouvoir politique le plus influent sera donc détenu par les pays les plus enclins à une intégration accrue au sein de l'Union. C'est le cas de la France et de l'Allemagne qui pousse, sans qu'on sache bien pourquoi, à un gouvernement économique commun sur le continent, et tout spécialement au sein de la zone euro. D'une certaine façon, le départ de la Grande-Bretagne va priver le groupe des Etats-membres hors zone euro de leur leader naturel. On peut même s'inquiéter du déséquilibre que cette innovation introduit, tant elle videra l'opposition au coupe franco-allemand de ses forces les plus vives. Pour la France, le ménage à trois au sein de l'Union entre la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, se transformera en duo d'amour. Reste à savoir si l'Allemagne continuera ou non à porter la culotte.

En quoi le centre de gravité politique de l’Union européenne pourrait être amené à évoluer ? Entre la France et l'Allemagne, à qui pourrait profiter une telle situation ?

Eric Verhaeghe : Jusqu'ici, la France pouvait jouer le rôle d'intercesseuse entre l'Allemagne et la Grande-Bretagne, que beaucoup de choses opposent. La Grande-Bretagne est le pays de l'hyper-finance et de l'hypo-industrie. L'Allemagne est son exact contraire. La France constitue en quelques sorte une formule intermédiaire entre les deux. D'une certaine façon, la France joue le rôle du funambule aujourd'hui, avec un balancier qui s'équilibre en penchant tantôt du côté de l'Allemagne, tantôt du côté de la Grande-Bretagne. Ce mouvement de balancier s'est un peu interrompu avec François Hollande qui n'a pas été très à l'aise avec ce jeu des puissances et a beaucoup collé à l'Allemagne. Mais, lors du sommet de cette semaine, il s'est employé à le faire jouer. La Grande-Bretagne partie, la France n'aura plus cet équilibre et se trouvera dans un huis clos mal embouché avec l'Allemagne. Hollande peine à taper du poing sur la table face à Merkel. L'exemple de la dernière réunion ministérielle sur l'agriculture l'a montré : la France rentre régulièrement bredouille de ces exercices où il s'agit d'affronter les positions germaniques. Sans la Grande-Bretagne pour contre-balancer cet effet, on pourra imaginer le pire. 

Alain Wallon : D’abord une petite parenthèse : le Royaume-Uni dehors, qu’adviendrait-il de la volonté, apparemment farouche, de l’Ecosse de rester dans l’UE et donc de tenter d’y adhérer, ce qui nécessiterait impérativement qu’elle devienne d’abord un Etat indépendant ? Cela pour dire en passant que le Brexit serait très vite un casse-tête politique pour David Cameron et ses successeurs. Le centre de gravité de l’Union, avec ou sans Ecosse, changerait très nettement en cas de départ des Britanniques. Ceux-ci ont pris en effet une place très importante dans les institutions européennes. Au sein, bien sûr, du Conseil européen, qui réunit les chefs d’Etat et de gouvernement, mais aussi à la Commission où les fonctionnaires du Royaume uni, généralement très compétents, ont su tisser un réseau étroit et des relais efficaces vers les administrations à Londres, Foreign Office en tête. Le Parlement européen, lui aussi, connaîtrait un grand changement d’équilibre des forces politiques avec le départ des Britanniques. La France bénéficierait, nettement plus que l’Allemagne, de cette nouvelle situation. D’abord, comme évoqué plus haut, par le retour à une situation de couple avec l’Allemagne, disons… plus "korrect" – c’est-à dire sans l’amant anglais dans le placard berlinois. Car il faut bien dire qu’Angela Merkel ne s’est pas privée de cette option triangulaire pour tenir la France à distance sur un certain nombre de dossiers.

De même, les pays, comme actuellement la Pologne de Kaczynski, qui ont joué avec plus ou moins de bonheur le rapprochement ponctuel ou plus régulier avec l’Angleterre, devront réviser leurs stratégies d’alliances tactiques dans les domaines où ils pouvaient compter sur Londres pour les appuyer. Rappelons aussi que le choix de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission européenne en 2004 fut  "inventé" et imposé par Tony Blair, qui voulait un allié, favorable comme lui à mener la guerre en Irak, et ce contre l’avis de Paris et Berlin qui s’étaient accordés sur le nom du Belge Guy Verhofstadt ; Blair voulait surtout une Commission moins encline à réguler comme à s’opposer à un mode de gouvernance à Bruxelles devenu in fine plus intergouvernemental que communautaire. Si la chancelière allemande a fait si ouvertement ces jours derniers l’éloge des propositions de Cameron, c’est pour beaucoup qu’elle redoute un Brexit qui la rendrait vite au tête-à-tête avec les Français. Pas tant, d’ailleurs, sur la question des réfugiés, malgré les divergences entre Paris et Berlin sur la ligne à "vendre" sur ce dossier brûlant à leurs partenaires européens, que sur l’orthodoxie défendue par l’Allemagne en matière économique et financière, l’idée brandie par François Hollande que le pacte de sécurité pouvait primer sur le pacte de stabilité ne passant décidemment pas et restant en travers de la gorge de Wolfgang Schäuble, le ministre fédéral des finances. Mais, au cas où ce tête-à-tête serait rétabli, il ne pourrait plus se faire dans les termes anciens de celui de Giscard-Schmidt ou Mitterrand-Kohl.

Le grand élargissement de 2004 et ceux qui ont suivi en 2007 et 2013, en intégrant 13 nouveaux Etats membres a complètement modifié le centre de gravité et les équilibres précédents. Les règles du vote à la majorité qualifiée au Conseil font que 16 pays sur 28, soit 55 % - ou assez de pays pour faire 55% de la population de l’UE - font une majorité en cas de vote sur proposition de la Commission ou du haut-représentant de l’Union pour les affaires étrangères et de sécurité… Et le pourcentage nécessaire est encore plus élevé si la proposition soumise au vote n’est soutenue par aucune de ces deux instances. Ainsi, même en cas de Brexit, la France n’échapperait pas à un patient travail de conviction débordant largement le duo Paris-Berlin.

Le Royaume-Uni reste très vigilant sur les questions de fiscalité, de régulation bancaire, les aides sociales, la PAC, etc. En quoi un Brexit pourrait changer la donne sur ces points ?

Alain Wallon : Sur tous ces dossiers, les choses seraient sérieusement modifiées. Un départ de l’UE ne laisserait plus aucun pouvoir au Royaume-Uni pour tenter d’influer de façon même indirecte, comme il le fait aujourd’hui par son droit de regard en tant que membre du Conseil européen, sur le fonctionnement et les règles spécifiques de la zone euro, ni celles qui concerneraient l’ensemble des 27 Etats membres. Il devrait passer par le lobbying et les relais de pays ou d’entreprises ou établissements financiers "amis", sans un poids politique comparable avec celui détenu par Londres aujourd’hui au sein même des institutions de Bruxelles et une présence de ses fonctionnaires et experts détachés au cœur de celles-ci. Idem pour la PAC ou toute autre politique commune de l’Union. La donne serait vraiment changée dans ces domaines.

En matière de commerce, la Grande-Bretagne bénéficierait sans doute de conditions encore très favorables dans le cadre d’accords de libre-échange avec l’UE, soit comme membre de l’AELE, l’Association européenne de libre-échange, soit au sein de l’Espace économique européen (EEE) aux côtés de la Norvège, de l’Islande et du Liechtenstein, soit dans le cadre plus global de l’OMC, ou éventuellement par le moyen d’un accord particulier et sur mesure avec l’Union européenne, laquelle ne voudra pas se priver d’un partenaire qu’elle a tout intérêt à conserver (le déficit commercial du Royaume-Uni avec l'UE se montait fin 2015 à 7,6 milliards de livres – 9,76 milliards d’euros). Seul le cadre des règles de l’OMC, de portée très limitée cependant pour tout ce qui concerne les services, permettrait à Londres d’échapper aux accords européens de libre circulation, et donc aux dispositions sociales qui s’y attachent.

Eric Verhaeghe : Il n'est pas impossible qu'absente des réunions communautaires, la Grande-Bretagne ne puisse plus bloquer des convergences politiques dangereuses pour elle. Le plus grand enjeu me semble celui de l'Union bancaire et du marché unique des capitaux, où la place de Londres s'expose à subir des mesures protectionnistes qui peuvent comporter de réels dommages pour sa prospérité. Aujourd'hui, les grandes banques européennes utilisent toutes Londres comme camp de base pour leurs opérations sur les marchés financiers. Si la circulation des capitaux entre Londres et le reste du continent se complique, il n'est pas sûr que cette fonction de la City demeure, en tout cas, pour les opérations internes à l'Union. Il en va de même des patent boxes, des véhicules de portage des royalties, où un durcissement fiscal risque de rapprocher Londres d'un paradis fiscal dont l'accès deviendra compliqué et cher pour les entreprises du continent. 

Le départ d’un grand pays anglophone de l’UE ne peut-il pas être l’occasion pour le français de retrouver sa stature de langue internationale ?

Alain Wallon : En théorie, peut-être, et cela semble séduisant. Il est vrai, en effet, que la forte présence linguistique anglaise est parvenue, surtout au cours des vingt dernières années, à imposer au sein des institutions européennes et au-delà une "lingua franca", laquelle, bien que de piètre qualité – le "globish", contraction de "global english" - et s’apparentant souvent à une novlangue bureaucratique, s’est imposée très largement. La question est plus complexe : la langue anglaise a surtout commencé à concurrencer puis remplacer le français à Bruxelles à partir du grand élargissement de 2013 et l’arrivée de pays où notre langue n’était pas enseignée en deuxième langue ou même pas du tout. Le russe, pour quelques pays, et plus souvent l’anglais, qui a pris un vif essor après la chute du mur et la fin de la domination soviétique en Europe centrale et orientale et dans les Etats baltes à fortes minorités russophones, n’ont pas laissé grand place au français. Un Brexit apporterait peut-être un peu d’oxygène linguistique aux locuteurs et amoureux des langues latines, mais il faudrait une politique linguistique très résolue et dotée de moyens assez costauds et pérennes pour faire évoluer la situation dans un sens plus multilingue – donc à l’avantage notamment du français, mais pas seulement – et tailler durablement quelques croupières à l’anglais, langue des affaires constamment appuyée sur le réseau mondial très actif et bien doté des centres du British Council. A côté, notre francophonie, qui a perdu beaucoup de plumes et d’allant, fait aujourd’hui bien pâle figure…

S’il a beaucoup perdu de son statut de langue diplomatique, le français garde tout de même son statut de langue de diffusion internationale, et ce bien au-delà des institutions européennes ou de celle des Nations-Unies où il reste une langue officielle ; le nombre de ses locuteurs continue de croître très fortement en Afrique, et surtout son rayonnement et son influence comme langue de culture ne se démentent pas, son prestige demeurant de ce fait très important un peu partout dans le monde, y compris en Chine où il est en forte progression… et pas seulement pour former les contremaîtres chinois appelés à travailler sur les chantiers d’Afrique de l’Ouest. En résumé, tout cela n’est pas gagné d’avance, loin de là…

Eric Verhaeghe : Faire croire que le français a perdu sa stature internationale du fait de la présence de la Grande-Bretagne dans l'Union est évidemment grotesque. La perte d'influence du français est d'abord due au mépris des fonctionnaires français pour l'administration communautaire. Alors que les gouvernements britanniques qui se sont succédé ont toujours eu l'intelligence d'y placer "leurs pions" aux postes-clés pour conserver la maîtrise des décisions communautaires, la haute fonction publique française a superbement sabordé sa propre planche. Demandez par exemple au secrétariat général des affaires européennes comment il cultive son vivier de fonctionnaires français mis à disposition de la Commission, et vous vous apercevrez que la perte d'influence du français est d'abord due à notre propre incurie. Un fonctionnaire français à Bruxelles est livré à lui-même. Il ne reçoit aucune demande de son pays d'origine, aucune instruction. Aucun ministère parisien ne lui demande jamais rien, même lorsque ce ministère le paie directement. Le retrait de la Grande-Bretagne n'apportera aucun changement à cette situation. 

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