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Des émeutes ont eu lieu à Sarcelles dimanche
Des émeutes ont eu lieu à Sarcelles dimanche
©Reuters

Que fait la police ?

Eric Ciotti : "La préfecture de police de Paris a un vrai problème d'estimation des moyens nécessaires au maintien de l'ordre"

Malgré l'interdiction de manifester samedi à Barbès, les débordements n'ont pas été évités et se sont même propagés le lendemain à Sarcelles. Selon Eric Ciotti, secrétaire national de l'UMP sur les questions de sécurité, les autorités publiques doivent réagir afin que les principes fondamentaux de la République soient respectés.

Eric Ciotti

Eric Ciotti

Eric Ciotti est député Les Républicains. Il a été président du conseil départemental des Alpes-Maritimes de 2008 à 2017. Il est également questeur de l'Assemblée nationale.

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Atlantico : Après les émeutes qui ont eu lieu en marge des manifestations à Barbès samedi et à Sarcelles dimanche, plusieurs personnalités ont ciblé le préfet sur les réseaux sociaux estimant qu'il n'aurait pas dû interdire ces rassemblements. Selon vous, fallait-il interdire ces manifestations ?

Eric Ciotti : Oui, j'approuve tout à fait cette interdiction, je l'avais moi-même réclamée relativement aux manifestations organisées à Nice. J'entends les débats qu'il y a entre l'arbitrage qui peut s'opérer entre respect des libertés publiques et interdiction de manifester. Mais pour moi, proférer des slogans antisémites et avoir recours à la violence ne relève pas de la liberté d'expression. Ces attitudes n'ont pas leur place sur le territoire de la République. J'approuve la décision du gouvernement d'interdire ces manifestations et j'espère que cette position va perdurer.

Selon des informations du quotidien le Monde, une manifestation pro-gaza pourrait être autorisée ce mercredi ?

Je pense que ce serait une grave erreur. S'il y a des débordements, et il y en aura, s'il y a des slogans antisémites, et il y en aura, cela voudrait dire que la république reconnait que l'on porte atteinte sur son territoire à ses principes fondamentaux et à ses valeurs les plus essentielles.

Cette interdiction n'a pas empêché les gens de se rassembler et n'a pas non plus empêché les débordements. Peut-on considérer que la préfecture a failli à anticiper les événements ?

C'est une question qui se pose légitimement mais je ne veux pas entrer dans une polémique. Je crois que contre le visage de la barbarie, il faut proposer une position qui unirait tous les républicains.

Pour autant, cela fait plusieurs fois que la préfecture de police de Paris évalue assez mal les moyens nécessaires à un maintien de l'ordre efficace. On avait vu en 2013, les débordements après un match du Paris-Saint-Germain au Trocadéro. Je pose ces questions et je les ai posées au Ministre de l'Intérieur. Il est légitime aujourd'hui lorsque l'on voit les images terribles de Sarcelles et de Barbès, de s'interroger sur la pertinence du dispositif de maintien de l'ordre mis en place. La préfecture de police est responsable du maintien de l'ordre et après c'est au ministre de bien coordonner les moyens. Et je conviens que c'est une tâche difficile.

Je suis également étonné par le peu d'interpellations qui ont eu lieu au vu des faits. Il s'agissait peut-être d'un parti pris pour ne pas augmenter les violences. Je pense que ce qui sera le plus dissuasif, ce sont des sanctions judicaires fermes. Mais pour cela, il faut des interpellations et pas seulement un dispositif passif pour protéger les lieux publics et le mobilier urbain.

Quelles conclusions faut-il tirer de ces défaillances ?

Ce n'est pas à moi de réclamer la tête de telle ou telle personne, mais c'est au ministre de l'intérieur d'en tirer les conclusions. Simplement, quand M. Gaudin était préfet de police, jamais de tels débordements n'ont eu lieu.

Aujourd'hui il faut qu'une information judiciaire soit ouverte que les auteurs de ces faits soient punis, tout comme ceux qui ont appelé à manifester.

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