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Un combat douteux

En marche vers le T(out) S(auf) M(arine) L(e) P(en)...

C'est la stratégie adoptée par LREM pour les municipales. Un remake du Front Républicain. De tristes mémoires.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Stanislas Guérini, le patron du mouvement macroniste, a fixé, en des termes très précis, le plan de bataille de son parti pour les prochaines municipales.  Pour les macronistes, l'enjeu est de taille car sur plus de 500 000 élus municipaux, LREM n'en a que 5000, des ralliés.  En effet, lors des dernières élections de ce type, le parti du Président de la République n'existait pas encore.  

L'écrasante majorité des élus municipaux est ou de droite ou de gauche.  La gauche et la droite sont en lambeaux.  Mais leur implantation locale reste majoritairement écrasante.  C'est donc de ce côté-là que les macronistes vont se tourner pour grappiller quelques places.  On tentera d'en débaucher certains et on accordera l'investiture LREM à d'autres...

Tout cela aux conditions fixées par Macron et les siens.  La première ne mange pas de pain comme on dit: "Adhérer au socle des valeurs républicaines".  La deuxième est plus explicite et plus contraignante: "S'engager à faire barrage au Rassemblement National".

Ainsi, ressuscite-t-on le Front Républicain qui se résumait à TSMLP (Tout Sauf Marine Le Pen).  En dépit de ses belles apparences, il n'a servi à rien.  Face à cette sainte alliance, le parti lepéniste n'a cessé depuis des dizaines d'années de progresser. Incités à voter contre lui, de nombreux Français lui ont apporté leurs suffrages.  Plus par esprit de contradiction que par adhésion.

On peut souhaiter -c'est le cas des macronistes et de leurs futurs et éventuels partenaires- que le parti de Marine Le Pen ait le moins d'élus possible.  Mais la meilleure et la plus démocratique méthode pour y parvenir serait de tout faire pour que le Rassemblement National ait le moins d'électeurs possible.  Et ça, c'est un peu plus compliqué.

Des millions et des millions de Français ne seront pas - ou seront mal- représentés en raison de la stratégie LREM.  De quoi alimenter leur ressentiment, leur frustration et leur colère.  Et on sait où mène la colère.

En 1986, François Mitterrand avait réinstallé la proportionnelle dont la IVe République était si friande.  Résultat: il y eut 35 députés lepénistes à l'Assemblée Nationale.  Bien sûr Mitterrand avait fait ça pour affaiblir la droite.  

Les députés FN siégeaient, le plus souvent bruyamment, au Parlement. Ils s'agitèrent beaucoup.  Ils crièrent encore plus.  Pour autant, la IVe République ne s'effondra pas et la France continua à trotter sur son petit bonhomme de chemin.  Et c'est Jacques Chirac, dont François Mitterrand espérait la défaite, qui devint Premier ministre.  Macron, lui, a préféré construire une ligne Maginot pour contenir les envahisseurs.  Et devinez à quoi a servi la ligne Maginot en 1940?  

 

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