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Emmanuel Macron au Maroc pour recoller les morceaux du quinquennat Hollande
©AFP

Rif

Emmanuel Macron au Maroc pour recoller les morceaux du quinquennat Hollande

Après s'être rendu en Turnisie et en Algérie, Emmanuel Macron est arrivé au Maroc pour rencontrer Mohamed VI. Une visite de courtoisie pour faire connaissance où l'on imagine mal le nouveau président critiquer la répression en cours dans le pays.

Pierre Vermeren

Pierre Vermeren

Pierre Vermeren est professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris 1. Normalien, il est spécialiste des sociétés maghrébines et  est membre du Laboratoire CEMAF (Centre d'études des mondes africains). Il a également vécu en Égypte et en Tunisie. Il a publié Le Maroc en 2010.

 

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Atlantico : Ces 14 et 15 juin, Emmanuel Macron rend visite à Mohammed VI, après s'être rendu en Tunisie et en Algérie durant sa campagne électorale. Après les difficiles relations entre la Présidence Hollande et le Royaume, quels sont les véritables enjeux de cette rencontre ? Dans quelle mesure la rivalité entre le Maroc et l'Algérie prend elle forme au travers de cette visite ?

Pierre Vermeren : Je pense que pour l'instant, il n'est question de rivalité. Emmanuel Macron, comme Nicolas Sarkozy il y a 10 ans, ne connait pas très bien le Maghreb. le Roi et le président de la République ne se connaissent pas. L'enjeu numéro un est donc de simplement faire connaissance. C'est une visite personnelle. Il y a énormément de sujets sur la table. Mais je pense que le Roi veut présenter le Maroc, et rassurer le président sur la situation marocaine et ce qu'il se passe dans le Rif marocain. Mais l'objectif principal est simplement de faire connaissance. Après,  évidemment l'Algérie n'est jamais très loin. Comme le président s'est rendu, pendant la campagne, en Algérie, cette fois-ci, il se rend au Maroc. Le ministre des Affaires Etrangères a visité Alger en début de semaine. On voit donc que cette rivalité est gérée par l'Elysée en parallèle à cette visite.  

Une contestation sociale a pris forme depuis plusieurs mois dans la région du rif marocain. Quels sont les enjeux du pouvoir en place vis à vis de ces manifestations ? Comment la visite d'Emmanuel Macron s'inscrit-elle dans cette problématique ?

Je crois que la visite est indépendante de ce qu'il se passe dans le Rif. C'est une situation marocaine. Le roi aura à cœur d'expliquer ce qu'il se passe au Rif et dans le reste du pays. Evidemment, la visite du président Français peut être interprétée comme un soutien au régime vis-à-vis de certains opposants marocain. Pour l'instant, on est dans une situation de contestation sociale, culturelle et économique. Il y a bien sûr des revendications politiques depuis qu'il y a des personnes qui ont été arrêté et des prisonniers qui ont été fait. Il y a clairement une actualité très forte tout autour du Rif. Mais il faut dissocier la visite qui, même sans incident, sans manifestation ou évènements dans le Rif, serait tout de même intervenue. Il y a beaucoup d'autres dossiers sur la table aussi.

Alors que la situation au Moyen Orient est particulièrement difficile, avec la suppression des relations diplomatiques entre l'Arabie Saoudite, et ses partenaires, avec le Qatar, les pays du Maghreb ont semblé être en retrait sur ces événements. Quels sont les enjeux sur cette question, et comment comprendre cette "discrétion" ?

Les pays qui sont le plus concerné au Maghreb sont la Tunisie et le Maroc, car ils sont des récipients de l'aide en provenance du Moyen-Orient, notamment du Qatar d'une part, et de l'Arabie Saoudite de l'autre. Le Maroc, en tant que monarchie sunnite, est  évidemment très solidaire des monarchies du Golfe, et elles-mêmes sont solidaires car elles sont des donateurs importants au Maroc. Ce dernier ne veut pas se brouiller ni avec l'un, ni avec l'autre. Pour l'instant, le Qatar semble mis sur la touche. Le Maroc, solidaire avec l'Arabie Saoudite, veut montrer qu'il est néanmoins fidèle au Qatar dont il a également besoin.


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